L’Encyclopédie/1re édition/SORBET

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SORBET, s. m. (Confit. & boisson des Turcs.) celui que les Turcs boivent ordinairement n’est qu’une infusion de raisins secs, dans laquelle ils jettent une poignée de neige : cette boisson ne vaut pas la tisane de l’hôtel-Dieu de Paris.

Tournefort raconte dans ses voyages, qu’étant dans l’île de Crete sur le mont Ida, il s’avisa de faire du sorbet pour rétablir ses forces épuisées des fatigues qu’il avoit essuyées en grimpant cette montagne. « Nous remplîmes, dit-il, nos tasses d’une belle neige crystallisée à gros grains, & la diposâmes par couche avec du sucre, sur lequel on versoit ensuite d’excellent vin, tout cela se fondoit promptement en secouant les tasses ». Ce sorbet est sans contredit meilleur que celui des turcs ordinaires ; car ceux qui sont riches & rafinés font leur sorbet avec du suc de limon & de citrons confis au sucre, qu’on délaie dans de l’eau glacée ; ainsi le sorbet des turcs riches est une composition seche faite de citron, de sucre, d’ambre, &c. Ils appellent aussi du même nom le breuvage que l’on fait de cette composition battue avec de l’eau ; mais les pauvres gens ne boivent guere de cette espece de sorbet. (D. J.)