L’Encyclopédie/1re édition/SPHÉNOIDE, os

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SPHÉNOIDE, os, (Anatomie.) os du crâne, autrement dit l’os basilaire ou cunéiforme ; il est situé au milieu de la base du crâne, & a une figure approchante de celle d’une chauve souris, dont les ailes sont étendues. On distingue à cet os un corps & deux branches communément appellées les apophyses plates du sphénoïde.

On y considere aussi deux faces, une externe, & l’autre interne. On remarque dans la face externe cinq apophyses, deux trous, deux sinus & six échancrures. Des apophyses il y en a deux que l’on nomme ptérygoïdes, à chacune desquelles on distingue deux ailes, une externe, & l’autre interne : dans la partie inférieure de l’aile interne se remarque un bec osseux, autour duquel passe le tendon d’un muscle. La troisieme & quatrieme apophyses sont dites épineuses, & la cinquieme, qui est placée entre les deux ptérygoïdes, est appellée la crête du sphénoïde ; les trous sont nommés ptérygoidiens. Les sinus appellés sphenoïdaux s’ouvrent dans le nez. Des échancrures, il y en a deux inférieures, deux postérieures, & deux antérieures ; celles-ci aident à former les fentes sphéno-maxillaires, & les trous nommés sphéno-palatins. Les inférieures se trouvent entre les ailes des apophyses ptérygoïdes, pour recevoir une portion des os du palais.

Cet os fait, outre cela, partie de huit fosses ; savoir, des deux nasales, des deux ptérygoïdiennes, des deux orbitaires, & des deux zygomatiques.

On considere dans la face interne du sphénoïde quatre apophyses nommées ctinoïdes, deux fentes appellées sphenoïdales ; huit trous, quatre de chaque côté ; savoir, l’optique, le maxillaire supérieur, le maxillaire inférieur, & le trou pour l’artere de la dure-mere ; une fosse nommée pituitaire ou selle à cheval, aux côtés de laquelle se trouvent deux échancrures. Cet os fait partie des deux fosses temporales.

L’os sphénoïde est joint avec tous les os du crâne, & outre cela avec ceux de la pommette, & les os maxillaires, ceux du palais, & le vomer.

Les jeux de la nature se rencontrent dans les sinus de cet os, comme dans d’autres os du crâne. D’abord quelquefois la lame osseuse qui partage ces sinus, ne se trouve pas directement au milieu, & par-là rend un des sinus plus grand que l’autre. Quelquefois encore il n’y a qu’un grand sinus au milieu de l’os, avec une seule ouverture.

Riolan assure qu’il a examiné un grand nombre de crânes, dans lesquels il n’a point trouvé de sinus sphénoïdaux, sur quoi il dit 1°. qu’on ne les trouve pas dans les enfans ; 2°. dans ceux qui ne croissent plus ; 3°. dans ceux qui ont le crâne fort épais ; 4°. enfin dans ceux chez qui les sinus sourciliers manquent ; mais les autres anatomistes ne conviennent point de la vérité générale de ces quatre observations, ou pour mieux dire, elles se sent trouvées le plus communément fausses. (D. J.)