L’Encyclopédie/1re édition/TABERNA

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TABERNA, (Géog. anc.) ce mot a été employé dans la géographie pour désigner certains lieux où les voyageurs s’arrêtoient, où il y avoit une hôtellerie, ou un cabaret ; & comme quelquefois il s’est formé des villes dans ces sortes d’endroits, elles en ont pris leur nom. Ainsi Tabernæ, aujourd’hui Rheinzabern ; un autre Tabernæ est Bergzabern, forteresse qui assuroit une des principales gorges de la montagne des Vosges ; c’est à celle-ci qu’Adrien de Valois rapporte le Tabernæ d’Ausone. Tres Tabernæ, Faverne à l’entrée des Vosges ; l’Italie & l’Epire avoient aussi des villes de ce même nom. Voyez Tres Tabernæ.

Enfin les Romains ont appellé ainsi quelques places frontieres, à cause des tavernes qui s’y établirent pour la commodité des troupes. (D. J.)

Taberna, Pila, (Littérat.) Horace entend par taberna non-seulement ce que nous appellons une taverne, mais toutes sortes de boutiques où les gens oisifs s’assembloient pour jaser, & pour apprendre des nouvelles. Les Grecs appellent ces boutiques λέσχας. Le même poëte désigna par pila, les boutiques des libraires, parce que ces boutiques étoient ordinairement autour des piliers des édifices publics, c’est pourquoi Catulle joint ensemble taberna & pila ;

Salax taberna, vosque contubernales
A pileatis nona fratribus pila.


« Infâme boutique, & vous qui l’habitez, & qui vous tenez au neuvieme pilier à compter depuis le temple des jumeaux si connus par le bonnet romain qu’ils portent sur la tête.... » (D. J.)

Taberna meritoria, (Antiq. rom.) l’hôtel de Mars ; c’étoit une espece d’hôtel des invalides à Rome, où l’on nourrissoit aux dépens de la république, les soldats qui avoient combattu vaillamment pour elle. (D. J.)