L’Encyclopédie/1re édition/TACAHAMACA

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
◄  TAC
TACATALPO  ►

TACAHAMACA, s. m. (Hist. des drog. Exot.) nommé par les Médecins tacamahaca, est une substance résineuse, seche, d’une odeur pénétrante, dont on connoît deux especes dans les boutiques de droguistes & d’apoticaires.

L’une qui est plus excellente, s’appelle communément tacahamaca sublimée ou en coque ; c’est une résine concrete, grasse cependant, & un peu molle, pâle, tantôt jaunâtre, tantôt verdâtre ; que l’on couvre de feuilles, d’une odeur aromatique ; pénétrante, suave, qui approche de celle de la lavande, & de l’ambre gris ; d’un goût résineux & aromatique ; mais elle est très-rare.

L’autre espece est la tacamahaca vulgaire, qui est en grains, ou en morceaux blanchâtres, jaunâtres, roussâtres, verdâtres, ou de différentes couleurs, à demi transparens, d’une odeur pénétrante, approchante de celle de la premiere espece, mais moins agréable. Les Espagnols l’ont apportée les premiers de la nouvelle Espagne en Europe, où auparavant elle étoit entierement inconnue. On en recueille aussi dans d’autres provinces de l’Amérique, & dans l’île de Madagascar.

L’arbre d’où découle cette résine, ou par elle-même, ou par incision que l’on fait à son écorce, s’appelle arbor populo similis, resinosa, altera, C. B. P. 430. Tecomahaca, dans Fernandès, 55. Tacamahaca foliis crenatis, lignum ad ephippia conficicienda aptum, dans Pluk. Phyt.

C’est un grand arbre qui ressemble un peu au peuplier, & qui a beaucoup d’odeur. Ses feuilles sont médiocres, arrondies, terminées en pointe & dentelées. Les auteurs que nous avons cités ne font aucune mention de ses fleurs. Ses fruits naissent à l’extrémité des mêmes branches, ils sont petits, arrondis, de couleur fauve, & renferment un noyau qui differe peu de celui de la pêche.

Il découle naturellement de cet arbre des larmes résineuses, pâles, qui par leur odeur, & la finesse de leurs parties, donnent la bonne tacahamaca ; mais le suc résineux qui découle des incisions de l’écorce, prend différentes couleurs, selon les différentes parties de l’écorce sur lesquelles il se répand ; étant épaissi par l’ardeur du soleil, il forme des morceaux de résine, tantôt jaune, tantôt roussâtre, & tantôt brune, & panachée de paillettes blanchâtres : on préfere avec raison la premiere tacahamaca ; on ne les emploie l’une ou l’autre qu’extérieurement, pour résoudre & faire mûrir les tumeurs, ou pour appaiser la passion hystérique, en en appliquant des emplâtres sur le nombril. (D. J.)