L’Encyclopédie/1re édition/TARQUINIENSES

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TARQUINIENSES, (Géog. anc.) peuples d’Italie dans la Toscane ; c’est ainsi que Pline, l. III. c. v. appelle les habitans de la ville, qui est nommée par Tite-Live, l. I. c. xxxiv. & xlvij. Tarquinii, & Tarquinia par Ptolomée, l. III. c. j. Justin, l. XX. c. j. dit qu’elle tiroit son origine des Grecs. Elle devint ensuite colonie romaine, & enfin un siege épiscopal. Le nom moderne de cette ville est la Tarquinia, & par corruption la Tarquina.

On a trouvé, selon Labat, voyage d’Italie, t. V. en travaillant dans les environs de Cornette, à micôte d’une colline, les anciennes sépultures de la ville Tarquinia. Ces sépultures ou ces grottes sont à mi-côte de la colline, sur laquelle étoit cette ville infortunée ruinée depuis tant de siecles, qu’on n’en avoit presque plus aucune mémoire. Ces grottes, qui ont servi de sépulchre aux héros de ce tems, sont creusées dans le tuf dont cette montagne est composée. Ce sont, pour la plûpart, des chambres de dix à douze piés en quarré, sur neuf à dix piés de hauteur. On voyoit dans quelques-unes des restes de peintures, c’est à-dire du rouge, du bleu, du noir, qui sembloient marquer des compartimens plutôt que des figures, car l’humidité a tout effacé. On y a trouvé des armes que la rouille avoit presque consommées, comme des épées & des lames de couteaux. Ce qu’on a rencontré de plus entier & en plus grande quantité, ce sont des vases de terre & des pots assez gros. A la vérité ces pieces & particulierement celles qui étoient vernissées étoient ollaires, d’une espece de talc blanchâtre, qui en couvroit toute la superficie sans endommager le vernis. La montagne Tarquinia est à présent un bois, où il n’est pas aisé de rien découvrir qui puisse faire connoître quelle étoit la grandeur de la ville. (D. J.)