L’Encyclopédie/1re édition/TURBINÉE coquille

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TURBINÉE coquille, (Conchyliol.) on appelle ainsi toute coquille dont la figure tourne au-moins une fois dans son étendue, & s’éleve en spirale.

Les turbinées ne sont point si pointues que les vis ; ils ont le corps gros, la bouche large, & souvent très-alongée. De plus les coquillages turbinées ont cela de particulier, que les parties basses de leurs coquilles prennent le contour de la tête, & qu’elles remuent leurs couvertures, en-dedans très-égales & très polies, en-dehors souvent très-raboteuses ; leur chair est moins attachée à la coquille que celle de tous les autres poissons ; elle n’y tient que par un point au sommet.

Les parties extérieures sont ordinairement composées d’une tête & de deux cornes qui se couchent & s’étendent seulement le long du museau. Ils portent par le même mouvement la nourriture en-dedans. Deux trompes semblables à celles des mouches leur tiennent lieu de langue ; ces trompes en ont la figure, & sont si fermes qu’elles percent de même que l’aiguillon des mouches, ce qu’il y a de plus dur. Leurs yeux sont de petits globes charnus placés à chaque côté de la tête ; mais qui n’ont pas plus d’effet que les yeux cachés de la taupe.

Il faut encore remarquer que les turbinées suivent assez le contour & les régularités de leurs couvertures ; leur corps devient raboteux, strié, cannelé sur l’extrémité du contour ; il n’atteint jamais le sommet intérieur de leur vis ; quand ils sont âgés, cette partie se remplit d’une maniere pierreuse, pareille à celle qui a formé la coquille ; leurs muscles leur tiennent lieu d’ossemens, & au-lieu de sang ils ont une humeur baveuse. (D. J.)