L’Encyclopédie/1re édition/VENTA

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VENTA, (Géog. anc.) ce mot, dans la Géographie, signifie une taverne ou une hôtellerie dans la campagne. Il y en a un bon nombre en Espagne, & sur-tout dans la Castille où elles sont situées sur les grands chemins, & généralement très-mauvaises. (D. J.)

Venta-Belgarum, (Géog. anc.) ville de la grande Bretagne. L’itinéraire d’Antonin la marque sur la route de Regnum à Londres, entre Clausentum & Calleva Atrebatum, à dix milles du premier de ces lieux, & à vingt-deux milles du second. Ptolomée, l. II. c. iij. qui a connu cette ville, la donne aussi aux Belges.

César, l.V. bel. gal. c. xij. nous apprend pourquoi on trouve des Belges, des Atrébates, &c. dans la grande Bretagne. La partie intérieure de la Bretagne, dit-il, est habitée par des peuples qui y étant passés du pays des Belges ou dans le dessein de butiner ou de faire la guerre, s’appellent presque tous des noms des cités où ils ont pris naissance ; & après avoir guerroyé dans le pays, ils y sont demeurés, & y ont commencé à cultiver les terres. Venta fut la capitale des Belges établis dans la grande Bretagne ; & c’est aujourd’hui la ville de Winchester.Son évêque se trouve appellé Wentanus, parce que la ville est nommée Wenta par Osberne, in vitâ S. Elphegi, c. ij. & par divers autres écrivains. (D. J.)

Venta-Icenorum, (Géogr. anc.) ville de la grande Bretagne. Il y a dans l’itinéraire d’Antonin une route qui conduit de Venta Icenorum à Londres, qui en étoit à cent trente-huit milles ; & on y compte trente-deux milles de Venta-Icenorum à Sitomagum. Ptolomée, l. II. c. iij. nomme cette ville Venta-Simenorum ; mais il faut sans doute lire Icenorum ; car il est constant que les Iceni ont été une nation puissante dans la grande Bretagne. En effet Tacite, ann. l. XII. c. xxxj. l’appelle Valida gens : de sorte qu’il ne seroit pas naturel que Ptolomée, qui donne jusqu’aux noms des bourgs de la grande Bretagne, eût passé sous silence celui d’un peuple considérable. Comme le manuscrit de Ptolomée de la bibliotheque palatine dit Ἰμένους au-lieu de Σιμένους, c’est une nouvelle raison qui autorise le changement de Σιμένους en Ἰχένους.

On voit aujourd’hui les ruines de cette ville dans Norfolckshire sur le bord de la riviere Wentfar, près d’un lieu nommé Caster. Ces ruines occupent trente acres d’étendue ; & l’on y a déterré quelques médailles. Un peu plus haut, il y a vers la source de la riviere un vieux retranchement quarré de vingt-quatre acres d’étendue, qu’on croit être les restes de quelques ouvrages des Romains. (D. J.)

Venta-Silurum, (Géog. anc.) ville de la grande Bretagne. Il en est fait mention dans l’itinéraire d’Antonin, qui la marque sur la route d’Isca à Calliva, entre Isca & Abone, à neuf milles du premier de ces lieux, & à pareille distance du second.

Quoique cette ville ait perdu toute sa splendeur puisqu’on n’en découvre que les ruines, elle ne laisse pas de conserver encore son ancien nom. On l’appelle Caer-Gwent, c’est-à-dire Urbs-Venta ; Caër & Cair, dans la langue bretonne, signifioit une ville ou un chateau.

On croit avec beaucoup de vraissemblance que Chepstow, dans le comté de Monmouths, s’est agrandi des ruines de la ville de Venta Silurum, qui étoit la capitale de la province, & qui lui donnoit même son nom ; car ce pays a été long-tems appellé Guent Wenstland.

Elle étoit située à quatre milles de Chepstow, en tirant vers le sud-ouest. On y voit encore les restes des murailles qui avoient environ mille pas de tour, & l’on y a déterré divers monumens d’antiquité, comme des pavés à la mosaïque & des médailles.

On trouve dans l’histoire qu’il y a eu dans cette ville une académie, où S. Tathay, breton, fut appellé pour enseigner. (D. J.)