100 percent.svg

L’Illusion/Devant la Melancholia d’Albert Durer

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche




DEVANT LA MELANCHOLIA

D'ALBERT DURER


 
La Melancholia médite solitaire,
Le visage en sa main, cependant que le soir,
Triste comme elle, étend son ombre sur la terre,
Et qu’au loin le soleil s’éteint dans un ciel noir.

Que bâtit-on près d’elle ? Est-ce un grand monastère
Pour une foi qui meurt, ou bien quelque manoir,
Dont les canons, un jour, feront de la poussière ?
Le ciel est morne et froid comme un cœur sans espoir.

La Melancholia, songeant à ce mystère
Qui fait que tout ici s’en retourne au néant,
Que rien ne peut durer de ce qu’on va créant,

Et que partout nos pieds foulent un cimetière,
Se dit : « Puisque ainsi tout se doit anéantir,
Que sert-il de fonder encore et de bâtir ? »