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L’Italie d’hier/Palais Pitti. — Pérugin

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Charpentier & Fasquelle (p. 129-130).

PALAIS PITTI

Pérugin. — Une Madeleine, au petit front bossué, aux sourcils ténus, plantés haut, — ce qui donne à l’œil de la sérénité, — à la prunelle d’un brun marron dans un blanc très pur, le regard sans l’estompe des cils, et un nez court allant s’amincissant au bout, et des narines étroites mais ouvertes et détachées, et une bouche, à l’avance mélancolique de la lèvre inférieure. Pérugin a là, un autre tableau, un « Ensevelissement du Christ », où une Vierge, au cou frêle et gracile, a la tête sur une épaule, pose qui fait la tête pensive.

Ce sont les mêmes traits, tout minces et tout fins, dans un ovale rond et plein, dont les contours à force d’être caressés, atténués, réduits par le pinceau, semblent prendre un raccourci enfantin ; et de ce même œil au blanc lumineux de la Madeleine, et qui n’a comme sourcils, pour ainsi dire, qu’une courbure arquée, et qui n’est pas voilé par l’ombre des cils, part un regard sans objet, perdu devant lui, planant sur des choses de la terre, mais ne s’y attachant pas, allant au delà : le regard du recueillement de la douleur, endormi tout ouvert.