L’Offrande (Sand)

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Calman Lévy (pp. 249--).


L’OFFRANDE[1]


À MESSIEURS LES MEMBRES


DE LA SOCIÉTÉ DES GENS DE LETTRES


Mes chers confrères,

Rien ne m’est plus pénible que ce que vous me commandez. En prenant la plume pour vous obéir, car certes vous avez le droit d’exiger qu’on fasse pour nos réfugiés tout ce qu’il est possible de faire, je ne sais pas encore si je parviendrai à vous dire quelque chose d’utile et de bon.

Il est des douleurs dont ne se relèvent pas aisément certaines natures, et je suis de celles qui ont besoin d’espérance. Devant un désastre Page:Sand - Dernieres pages.djvu/258 Page:Sand - Dernieres pages.djvu/259 Page:Sand - Dernieres pages.djvu/260 sans laquelle nous ne recouvrerons jamais la liberté nationale pour nos frères brisés et pour nous-mêmes !

Je ne veux pas parler de cela non plus, je ne le dois pas ; votre livre est un appel à tous les cœurs, et, dans tous les partis, il y en a un grand nombre qui sont brisés, et qui veulent s’unir à nous pour offrir l’hospitalité du dévouement aux victimes de l’invasion.


Avril 1873.



  1. Volume collectif publié par la Société des gens de lettres au profit de plusieurs Lorrains.