L’intendant Bigot/15

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George E. Desbarats, éditeur (p. 86-89).

CHAPITRE VIII.

enfin !


On conçoit aisément de quelle douleur fut saisi le général Lévis, en apprenant la reddition de Québec qu’il allait précisément secourir.

Mais le mal était sans remède, pour le moment du moins, et il fit aussitôt commencer un fort sur la droite de la rivière Jacques-Cartier, afin d’en défendre le passage à l’armée anglaise, si elle tentait de marcher sur Montréal.

La saison était cependant avancée, et l’hiver approchait rapidement, ce qui allait mettre fin à la campagne. Il fallait donc bientôt songer à faire rentrer les troupes dans leurs quartiers d’hiver. On permit aux Canadiens de regagner, à la fin d’octobre, leurs foyers dévastés ; quant aux troupes, elles se replièrent sur Trois-Rivières et Montréal, vers le milieu de novembre. M. Dumas, major-général des troupes de la marine, restait avec six cents hommes pour garder le fort de la rivière Jacques-Cartier.

M. de Lévis rejoignit alors le gouverneur Vaudreuil à Montréal, où le siège du gouvernement avait été transporté après les désastres du treize septembre.

Les Anglais ne désirant point pousser plus loin leurs succès cette année-là, et se tenant cois à Québec qu’ils s’occupèrent à fortifier durant la mauvaise saison, l’hiver s’écoula sans qu’aucun engagement sérieux prit place entre les deux partis. Il y eut bien, il est vrai, de ci et de là, quelques escarmouches que les généraux permirent à de petits détachements d’engager. Mais c’était plutôt pour tenir, des deux côtés, le soldat en haleine qu’en vue d’amener une action décisive.

Le général Lévis s’était hâté d’envoyer en France, après la chute de Québec, le commandant d’artillerie, M. Le Mercier, afin de demander des secours. Mais la France était trop éloignée pour entendre les cris de détresse de ses enfants, ou plutôt elle fermait les oreilles aux plaintes de leur agonie.

De sorte qu’au retour du printemps, nous nous trouvions encore dans une plus grande pénurie de troupes, d’approvisionnements et de munitions, que l’année précédente.

Il était, pour le moins, téméraire d’oser continuer la lutte. Pourtant M. de Lévis, aidé par la bravoure des troupes françaises et le sublime dévouement des Canadiens, qui ne se pouvaient décider à se séparer de cette cruelle mère-patrie qui tournait le dos à ses enfants, afin de ne les voir pas expirer pour elle, M. de Lévis voulut tenter un suprême effort pour reprendre Québec.

L’hiver était à peine fini, et le fleuve charriait encore d’épais glaçons, que, le 20 avril 1760, les glorieux restes de la milice et de l’armée s’ébranlaient de nouveau pour la victoire ou la mort.

C’est à peine si cette armée chevaleresque s’élevait à sept mille combattants, dont trois mille cinq cents hommes de troupes, trois mille miliciens et quelques centaines de Sauvages, qui ne furent d’aucune utilité lors de la seconde bataille d’Abraham.[1]

Chacun connaît les résultats, si glorieux pour nous, de la bataille de Sainte-Foye, livrée sous les murs de Québec par nos troupes, contre celles du général anglais Murray. Sur le champ même où le combat eut lieu, s’élève un monument d’airain, couronné d’une Bellone qui porte haut la tête et regarde fièrement au loin, vers Montréal, étendant au-dessus de la plaine la couronne de laurier destinée aux vainqueurs ; car elle sait que si les ombres des Montagnards écossais sortaient de terre pour jeter au vent les cris de triomphe de la première bataille d’Abraham, les ossements blanchis des soldats canadiens et français, qui dorment à ses pieds, secoueraient aussi leur poussière pour dire à leurs vieux ennemis comment les Grenadiers anglais de Murray s’enfuirent, le 28 avril 1760 devant les bataillons triomphants de Lévis.

Obligé de se renfermer dans la ville après sa défaite, Murray attendit patiemment les secours qu’on lui envoyait d’Angleterre ; M. de Lévis, qui attaquait la ville à son tour, étant tout à fait dépourvu d’un matériel de siége.

Depuis sa victoire, Lévis interrogeait l’horizon d’un œil anxieux, pour apercevoir une voile amie qui lui apportât l’espérance avec l’aide. S’il était secouru, les désastres de l’année précédente pouvaient se réparer en replantant la hampe du drapeau fleurdelisé sur le vieux roc de Québec.

Le 9 et le 15 de mai, trois frégates apparurent en vue du port. Du plus loin qu’on les entrevit, Anglais et Français sentirent battre leur cœur de crainte et d’espérance. Quand, enfin, les couleurs hissées au grand mât se purent distinguer, un long hourra d’enthousiasme s’éleva des remparts de la ville. Les trois frégates étaient anglaises.

Alors, Lévis, consterné, manquant de tout, Lévis, qui n’était pas mort parce que les balles anglaises en avaient eu peur ; Lévis, le brave mais clairvoyant général, sentit que tout était perdu.

Il se replia sur Montréal, en disséminant dans les campagnes ses troupes qu’il ne pouvait plus tenir réunies faute de vivres. C’étaient les derniers lambeaux de notre gloire que la fatalité dispersait.

Ensuite, nous ne marchâmes que de malheurs en désastres ; tant qu’enfin, le 8 septembre 1760, Montréal, défendu seulement par 3, 000 hommes et douze pièces de canons, et dépourvu de fortifications, se vit entouré par les trois corps d’armée des généraux Amherst et Murray, et du brigadier Haviland, qui disposaient de plus de 17, 000 hommes et d’une artillerie considérable.

Il ne nous restait plus de vivres que pour quinze jours et de poudre que pour un combat.

M. de Vaudreuil assembla le conseil de guerre, auquel Bigot soumit un projet de capitulation. La situation était si désespérée que les officiers furent de l’avis de l’intendant, dont les plans diaboliques réussissaient enfin ; à l’exception de M. de Lévis, qui voulait se retirer dans l’île Sainte-Hélène et s’y défendre jusqu’à la mort.

M. de Vaudreuil s’opposa à cette folie sublime, et l’on capitula

C’est ainsi que se termina cette lutte de cent cinquante ans pour la possession de la Nouvelle-France, qui tombait enfin sous la puissance de l’Angleterre par la capitulation du 8 Septembre 1760.

En inscrivant ce traité, là-haut, l’ange qui tient les registres de Dieu laissa tomber une larme sur une malheureuse colonie si croyante et si dévouée à la mère-patrie. Ce céleste pleur descendit sur le front de nos pères comme la rosée d’un nouveau baptême dont la vertu surnaturelle devait les aider, ainsi que leur postérité, à braver impunément les sentiments hostiles de races étrangères au milieu desquelles nous jetait, sans défense aucune, l’abandon de la France. Et voilà comment il se fait que nous marchons aujourd’hui la tête haute à côté des vainqueurs, qui n’ont pu réussir à arracher de notre diadème ces deux joyaux indispensables à la couronne d’un peuple, la langue et la religion de ses aïeux.


Par une fraîche et radieuse matinée du mois d’octobre 1760, un assez grand concours de commères et de flâneurs se portait à la petite église des Ursulines, qui était la seule, à Québec, où l’on pouvait faire l’office, les autres ayant été complètement ou en partie détruites par le bombardement.[2]

Tous les regards étaient tournés vers la grande porte, bien lente à s’ouvrir au gré des curieuses qui, le nez en l’air et le poing sur la hanche, n’en perdaient cependant pas un coup de langue.

— Est-elle belle, la chère demoiselle ! s’écriait l’une des vieilles femmes, dont l’aigre voix planait au-dessus du caquetage de ses voisines. Est-ce que vous l’avez vue quand elle est entrée dans l’église ?

— Et le marié, donc, disait une autre, a-t-il bonne mine un peu ? Ce beau regard qu’il nous a jeté. Et cette grande épée dorée qui lui bat sur une jambe faite comme au tour !

— Quel beau petit couple ! reprenait la première, en montant encore d’un demi-ton. Et dire qu’il y aura quarante ans à la Saint-Michel que mon pauvre défunt Thomas me menait aussi à l’autel ! Jésus-Seigneur, que le temps passe vite… et le bonheur aussi !

— Dites-donc, la mère, fit un boiteux qui aimait à rire, vous ne deviez pas être mal, il y a quarante ans ?

— Non, blanc-bec, je n’étais pas mal, en effet. Quand Julie Chevrette sortait endimanchée de la grand’messe, entre deux rangées d’amoureux, qui attendaient à la porte une chance de la reconduire, ce n’est pas sur toi, mal bâti, qu’elle aurait jeté les yeux !

Et la vieille se redressait comme si les rides semi-séculaires que le temps avait creusés dans sa figure n’avaient pas remplacé le velouté de ses joues roses de quinze ans.

Les voisines rirent aux éclats, et le boiteux confus allait s’éloigner clopin-clopant, lorsqu’un frémissement passa sur la foule avec ce murmure unanime :

— La voilà !

Les cous ridés s’allongèrent, et pour un moment les langues s’arrêtèrent dans les bouches entr’ouvertes, pour ne laisser rien perdre de la scène aux yeux qui se fixaient impatients sur l’entrée de la petite église.

M. le bedeau, avec sa longue robe noire, à parements et à retroussis de couleur écarlate et sa baguette d’ébène cerclée d’argent, venait d’ouvrir la grande porte pour laisser passer un cortège nuptial.

Radieux et donnant le bras à la mariée, Raoul de Beaulac marchait en tête. Les commères avaient raison. Il portait galamment son brillant costume d’officier, notre héros. Et plus d’une vieille qui sentait à sa vue renaître en elle l’ardeur de sa jeunesse, depuis maintes années envolée sur les ailes du temps, enviait le sort de la jeune femme qui, tendrement suspendue au bras de son nouvel époux, tenait baissées ses noires prunelles dont les longs cils bruns projetaient leur ombre sur ses joues colorées du plus vif incarnat.

Suivaient M. de la Roche-Beaucourt qui avait accompagné Raoul à l’autel, et Lavigueur dont les galons de sergent de cavalerie couraient sur un habit tout reluisant et constataient son nouveau grade. Dans sa gratitude envers le brave homme qui l’avait adoptée mourante, par une froide huit d’hiver, sur le seuil de l’intendance, Berthe avait voulu que Jean Lavigueur lui servit encore une fois de père, Raoul ne s’était certes pas refusé à cette délicate attention. Aussi, Lavigueur ne se sentait-il pas d’orgueil et de joie ; et sa femme, qui avait assisté à la cérémonie dans un coin de la chapelle, avait pleuré de bonheur, tout le temps qu’avait duré la messe nuptiale, en contemplant tour à tour la belle mariée, sa fille d’adoption, et Jean, son époux, si vaillant dans son bel uniforme et dans sa dignité.

Après avoir quitté Québec, l’automne précédent, Raoul avait suivi partout M. de Lévis, qui se l’était attaché comme aide-de-camp, tout en lui conférant le grade de capitaine, pour le récompenser de sa belle conduite à la première bataille d’Abraham. Beaulac s’était encore couvert de gloire à la bataille de Sainte-Foye, à laquelle il assista en sa qualité d’aide-de-camp ; car le corps de cavalerie commandé par M. de la Roche-Beaucourt ne prit aucune part à l’action. Enfin, après la capitulation de Montréal, rien ne le retenant plus sous les drapeaux, Beaulac s’était empressé de descendre à Québec pour y rejoindre sa fiancée, dont il n’avait pas eu de nouvelles depuis le mois de septembre de l’année précédente.

Forcées de sortir de Québec avec tous les citoyens que Murray avait expulsés de la ville avant la bataille de Sainte-Foye, Berthe et Mlle de Longpré s’étaient réfugiées à Charlesbourg chez la sœur de l’ancienne servante Marthe, où la jeune fille avait passé de si heureux jours lorsqu’elle était enfant.

Raoul l’y retrouva plus charmante et fidèle que jamais. Maintenant qu’il avait rempli son devoir envers la patrie, il ne restait plus à Beaulac qu’à faire le bonheur de la noble jeune femme qui voulait bien nouer son âme à la sienne.

Avant de la conduire à l’autel, il eut soin, toutefois, de se rendre en pèlerinage à Ste. Anne-du-Nord, qu’il avait invoquée dans cette nuit terrible qui l’avait vu tour à tour plongé au fond d’un abîme d’angoisse, et emporté, soudain, sur les cimes les plus hautes de la félicité humaine.

Comme la foule se fendait au devant des nouveaux époux, le roulement d’une voiture qui arrivait avec grand fracas de la rue Saint-Louis par la rue des Jardins, fit reculer les spectateurs qui se rangèrent pour n’être point broyés sous les roues du pompeux équipage.

À peine Berthe, maintenant Mme de Beaulac, eut-elle jeté un coup d’œil distrait dans la voiture qui ralentissait un peu sa course, que la jeune femme poussa un cri en se serrant contre Raoul.

— Mon Dieu ! encore cet homme ! dit-elle en pâlissant.

Beaulac aperçut aussitôt l’intendant Bigot et Mme Péan qui se prélassaient dans le carrosse armorié.

De son côté, l’intendant promenait sur la foule un regard arrogant et froid. Il blêmit soudain et ne put retenir un mouvement nerveux qui n’échappa point à Mme Péan.

— Tiens ! dit-elle, n’est-ce pas là cette charmante personne que j’ai par hasard, un jour, ou plutôt un soir, rencontrée à votre maison de Beaumanoir ? Mais on dirait qu’elle vient de se marier.

Et la cruelle lança une œillade moqueuse à l’intendant. Furieux, celui-ci fit fouetter ses chevaux, qui partirent au grand trot, quitte à écraser quelque manant.

Des cris d’indignation et des huées s’élevèrent de la foule. Car si Bigot avait autrefois été populaire, il était maintenant en grande défaveur auprès des Canadiens, auxquels ses malversations et ses opérations financières faisaient perdre, le fait était maintenant public, quarante-un millions de francs.[3]

— Ah ! le pendard ! criaient les uns en lui montrant le poing. Non content de nous voler, il nous écrase !

Et les autres :

— Voyez un peu cette catin qui se carre dans la soie dont nous payons les frais !

— C’est cela, bêlez, mes agneaux, murmura l’intendant, que ses chevaux entraînaient vers la basse-ville dans un tourbillon de poussière ; je pars escorté de vos malédictions, mais j’emporte votre argent pour m’en consoler !

Berthe tremblait encore et disait à son mari d’une voix émue :

— Plaise au ciel, Raoul, que ce ne soit pas derechef un mauvais présage qui traverse notre bonheur !

— Rassure-toi, mon ange ! répondit Beaulac en pressant sous le sien le bras de la jeune femme. Nous ne reverrons probablement jamais l’intendant. Ne sais-tu pas qu’il s’embarque ce matin sur le James pour la France ?[4] Ainsi, loin que ce soit un mauvais pronostic, j’estime, au contraire, que c’est un dernier nuage qui disparaît de notre ciel.

Les Anglais, qui avaient intérêt de se débarrasser des hommes les plus influents de la colonie conquise, s’étaient hâtés de renvoyer en France les principaux fonctionnaires du gouvernement canadien, ainsi que les troupes et les familles les plus nobles et les plus riches. Avec tous ceux-là s’étaient trouvés compris les escrocs et les folles galantes qui ont figuré dans ce livre et dont la vie désordonnée avait jeté, durant quelques années, le scandale par toute la colonie. Le dernier de cette bande de corbeaux maintenant repus, Bigot quittait enfin le sol sur lequel il ne voyait plus rien à piller, et s’envolait à son tour en jetant son sinistre croassement sur ce pays jonché de ruines, qu’il avait trouvé si florissant, lorsqu’il s’y était abattu tout affamé.

Le départ précipité de tous ces roués fut cause que le Canada conserva ses anciennes mœurs si pures qui font encore aujourd’hui l’honneur de notre population ; car le contact de cette corruption étrangère et partielle n’avait pas assez longtemps duré pour gagner la société canadienne, dont l’honnêteté a toujours été si proverbiale qu’on se refuse, maintenant encore, lorsqu’on feuillette les vieux mémoires, à croire aux roueries de l’intendant Bigot et de son fastueux entourage.

Raoul et Berthe restèrent au pays, où les retenaient d’ailleurs leurs intérêts et leurs souvenirs.

— Furent-ils heureux ?

Comme celle du dramaturge, la main de l’auteur se refuse de soulever la toile qu’il a prudemment laissé retomber sur les époux ; car derrière ce voile, il a pu entrevoir l’escorte de soucis et de souffrances bien souvent, qui se joignent au cortège des nouveaux mariés, et les tirent bientôt de leur extase d’un moment, pour les pousser dans l’âpre chemin de la vie réelle, où leurs pieds saignent avant longtemps, ainsi que les nôtres, en se heurtant contre les pierres de la route.


  1. « Les Sauvages, qui s’étaient presque tous tenus dans les bois en arrière, pendant le combat, se répandirent sur le champ de bataille, lorsque les Français se furent éloignés à la poursuite des fuyards ; ils assommèrent quantité de blessés anglais, dont l’on trouva ensuite les chevelure étendues sur les buissons voisins. Aussitôt que le général Lévis fût informé de ces massacres, il prit les mesures les plus rigoureuses pour les faire cesser. » M. Garneau.
  2. « L’église cathédrale a été entièrement consumée. Dans le Séminaire, il ne reste de logeable que la cuisine où se retire le curé avec son vicaire. L’église de la basse-ville est entièrement détruite ; celles des Récollets, des Jésuites et du Séminaire sont hors d’état de servir sans de très-grosses réparations. Il n y a que celle des Ursulines où l’on peut faire l’office avec quelque décence. » Lettre de Mgr de Pontbriand au ministre.
  3. « Il restait dû par l’État, aux Canadiens, 41 millions en ordonnances et 7 millions en lettres de change. La créance des Canadiens, immense pour le temps, fut presqu’entièrement perdue pour eux. Des marchands et des officiers anglais achetèrent à vil prix une partie de ces papiers et en revendirent une portion à des facteurs français sur la place de Londres, pour de l’argent comptant. »
  4. Le marquis de Vaudreuil, M. de Lévis et l’intendant laissèrent Québec le 18 octobre 1760 ; le gouverneur sur l’Aventure, M. de Lévis sur la Marie et Bigot sur le James. Les troupes avaient été embarquées sur plusieurs autres vaisseaux qui firent voile de Québec pour la France depuis le 3 octobre jusqu’au 28.

    Ceci est tiré de « l’état de l’embarquement des troupes à Québec, » que l’on peut voir dans les manuscrits de la Société Littéraire et Historique de Québec. Archives de Paris, 1760 à 1763.