La Chambre des Pairs et la Conversion

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La Chambre des Pairs et la Conversion
Revue des Deux Mondes, période initialetome 14 (p. 713-720).


CHAMBRE DES PAIRS




LA CONVERSION




Que les idées et les études politiques aient, depuis quelque temps, dérivé vers des directions nouvelles, et qu’elles aient abandonné les théories sans application immédiate, pour se préoccuper uniquement du présent et des intérêts matériels, c’est un fait qu’on peut louer ou blâmer, mais qu’on ne saurait éviter de reconnaître, car il nous domine. Ce fait peut et doit froisser les imaginations vives ; il peut servir de thème et de prétexte à un acte d’accusation, à une sortie oratoire contre le matérialisme social ; on peut même adresser de justes reproches à quelques-unes de ses exagérations ; mais enfin il existe, il est, et dès-lors il faut, dans la sphère politique, le traiter comme toutes les puissances, c’est-à-dire compter avec lui, tout en le pesant à sa valeur.

Il est remarquable que ce ne sont pas seulement les partis qui subissent en ce moment une transformation, mais que la société elle même change d’humeur et de disposition d’esprit. Non-seulement les passions semblent avoir désarmé et se taisent dans la crainte de ne plus trouver d’échos, mais les théories et les idées que l’opinion paraissait accueillir avec le plus de faveur, il y a quelques années, semblent s’éteindre dans l’isolement et l’indifférence : résultat inévitable des excès ; ils sèment le dégoût et la défiance ; les réformes nécessaires ne rencontrent jamais de plus grands obstacles que les extravagances des novateurs.

Veut-on un symptôme irrécusable de l’état de l’opinion ? Qu’on regarde l’abandon dans lequel est tombée la question si grave de la réforme parlementaire. Qui se met en avant pour elle ? Quel est l’homme politique un peu notable qui veuille compromettre en sa faveur, son talent et son nom ? Elle est devenue une sorte de lieu commun qu’on livre dans les journaux tant aux plumes novices qu’aux lecteurs peu difficiles. Et cependant cette question est grosse d’avenir ; elle aura son jour. Le pays qui a témoigné de sa ferme adhésion à la monarchie représentative voudra, plus tard, en perfectionner les ressorts organiques ; mais aujourd’hui il fait une halte dans la théorie, et il demande à ses institutions, telles qu’elles sont, tout ce qu’elles peuvent lui rendre de force et de bonheur. Il est des heures de repos pour les nations les plus actives, comme pour les hommes les plus ardens, et les orages ne sont pas le seul aspect de la nature et de la vie.

C’est au milieu de ces tendances si marquées à appliquer le gouvernement constitutionnel à l’amélioration du bien-être social, que la chambre des pairs doit ouvrir dans quelques jours sa discussion sur la conversion du cinq. Et le public semble plus préoccupé de l’attitude que prendra, dans cette circonstance, la partie du parlement qui siège au Luxembourg que de l’opération financière elle-même. Malgré la tourmente factice que plusieurs se sont évertués à soulever autour de cette question, on est fort calme, et quand il se passerait encore un an ou deux avant l’adoption du meilleur système pour effectuer la réduction du cinq, il n’y aurait dans le pays ni inquiétude, ni malaise.

La chambre des pairs va délibérer non-seulement dans la plénitude de son droit constitutionnel, mais dans toute sa liberté morale. L’opinion attend plutôt d’elle de nouvelles lumières sur la question, qu’elle ne lui dicte d’avance un avis et un vote. Ces circonstances ne sont pas défavorables à la pairie, qui saura sans doute en profiter avec une habile modération.

Il ne saurait échapper à l’observation des personnes qui étudient attentivement les oscillations de l’esprit public, que l’autorité politique de la chambre des pairs a survécu aux déclamations dont longtemps elle a été l’objet. On a cessé de lui reprocher son origine ; on ne lui fait plus un crime des élémens historiques qu’elle renferme dans son sein ; on ne la juge plus que sur ses discussions et ses actes. L’assemblée du Luxembourg a sa part dans cette disposition presque unanime à tourner le dos aux récriminations inutiles contre le passé pour vaquer aux affaires d u présent. Il y a aussi quelque chose de plus dans ce retour de justice à l’égard de la pairie. Le pays, dont les sympathies les plus vives s’adressent naturellement à la chambre démocratique, est instinctivement poussé à reconnaître de plus en plus l’autre chambre comme un fait nécessaire qu’il faut mettre hors de toute discussion. Voici pourquoi : Dans le système qui partage le pouvoir législatif entre deux chambres, la plus grande difficulté est dans la création de la seconde. La chambre démocratique est naturellement l’expression de la société dans ce qu’elle a de plus positif et de plus vivant ; pour la constituer, les élémens abondent, et on peut dire qu’elle s’enfante elle-même sans efforts, tant elle sort inévitablement des entrailles de la nation.

Mais à côté de celle-là, organiser une autre chambre qui la balance dans son jeu, sans la contredire dans ses principes, qui la modère, lui résiste même, non pas tant par des luttes ouvertes que par la différence et le contraste de ses allures, dont le contrepoids enfin n’amène pas de chocs funestes, mais une laborieuse et définitive harmonie, voilà un problème épineux que la théorie la plus savante est impuissante à résoudre d’un seul coup.

La chambre démocratique peut exercer une grande puissance sur le pays, même en devant son origine à une loi faite hier ; elle est la société même avec ses passions les plus sincères et ses exigences les plus pressées, elle suffit à l’œuvre du jour, de l’heure. Mais l’autre chambre ne saurait improviser sa force de coopération ou de résistance ; pour vivre, elle a besoin d’avoir été ; quelque passé lui est nécessaire, et pour assister au présent avec autorité, il faut qu’elle puisse montrer la série des transformations et des épreuves traversées.

Il n’est pas paradoxal de dire que le jour où la convention s’est dissoute elle-même, la pairie est née. Puisque, par la constitution de 1795, la société française abandonnait le système d’une seule chambre pour en vouloir deux, elle consentait à la puissance nécessaire de la seconde assemblée.

Directoire, empire, restauration, révolution de 1830, voilà les quatre phases par lesquelles a passé la seconde chambre ; ce passé fait sa force. Joignez à cela la volonté positive du pays, qui a voulu tout à la fois la maintenir et la marquer du sceau démocratique en lui ôtant l’hérédité. La loi de 1831 fut vraiment organique. Nous ne croyons rien exagérer en disant que par la suppression de l’hérédité, la démocratie a été satisfaite, la pairie consolidée, et la royauté profondément enracinée dans le sol.

La plus grande différence qui sépare la chambre des pairs de la chambre démocratique, c’est qu’elle a, pour ainsi dire, une personnalité permanente que des dissolutions périodiques ne viennent pas briser ; elle dure ; elle ne se transforme que d’une manière partielle ; la vie, avec ses saillies et ses ondulations, y est soumise à des conditions de lenteur et de prudence.

Mais cet état organique et constitutionnel doit être contrebalancé par le mouvement du talent et de l’intelligence. Pour pouvoir modérer ce qui serait trop rapide et conserver ce qui est toujours bon et toujours nécessaire, la chambre des pairs doit se donner à elle même une certaine animation libérale ; et il semble qu’elle l’entende ainsi, car depuis quelque temps on a pu remarquer dans son sein quelques efforts pour rassembler les élémens d’une opposition habile et vraiment parlementaire.

La chambre des pairs peut s’élever à une grande et noble situation, en prenant la force et l’habitude de dire la vérité à tout le monde, au gouvernement, aux partis, au pays. Puisque son principe a résisté au choc qui a renversé l’empire et la restauration, elle doit tourner cette insigne fortune au profit d’elle-même et de la France.

Aujourd’hui vient se présenter à son tribunal une grave question d’intérêt social, dans la discussion de laquelle elle a déjà joué un grand rôle. En 1824, elle n’a rejeté la proposition de substituer des rentes à 3 pour 100 à celles créées par l’état à 5, qu’après les débats les plus explicites et les plus lumineux. Elle semblait s’être proposé d’épuiser la matière, aussi bien que les efforts de M. de Villèle, qui avait à lutter, au Luxembourg, contre une formidable coalition de financiers et d’hommes politiques. Quatorze ans après, la même question lui est rapportée par un autre gouvernement ; une partie des passions libérales qui combattaient la conversion en 1824, l’adoptent et la soutiennent en 1838 : mais ses anciens adversaires n’ont pas changé.

La conjoncture est délicate et nouvelle ; mais la chambre des pairs saura bien y faire face. On ne saurait redouter de sa part ni légèreté ni colère. Si elle écarte la proposition de l’autre chambre, elle saura faire choix de raisons solides et politiques. Ainsi il n’y a point à craindre qu’elle rejette le principe même de la conversion. En 1824, sa commission fut unanime pour reconnaître que le droit de remboursement est imprescriptible, et qu’il appartient à la nation : seulement elle ne se décida qu’à la majorité sur l’utilité de la loi projetée. Aujourd’hui les discussions, tant des deux tribunes que de la presse, ont répandu l’évidence sur le droit légal et moral que peut exercer le gouvernement de libérer l’état du service de la rente 5 pour 100 par le remboursement ou la conversion en un autre titre. Si l’assemblée du Luxembourg conservait à cet égard le moindre doute, M. Humann pourrait lui répéter ce qu’il disait, en 1824, à la chambre des députés, que le droit politique et social ne permet pas d’attribuer à des particuliers le pouvoir de laisser l’état sous le poids d’un engagement sans terme.

Il n’y a donc pas lieu aujourd’hui à rester en échec devant la question de droit, ni à en faire un instrument de résistance, surtout à une époque où la légitimité de la puissance sociale, s’exerçant au profit de tous dans un intérêt général, commence à rallier tous les esprits et triomphe aisément des arguties d’un individualisme rétrograde. Mais quand la chambre des pairs aura admis le principe, ne rencontrera-t-elle pas les questions vraiment politiques de convenance, d’opportunité, des voies et moyens ?

Oui, l’intérêt individuel, quand il ne s’agit pas des droits sacrés de la liberté et de la vie, ne peut prévaloir contre l’intérêt social ; niais aussi il faut que ce dernier intérêt soit vraiment social, c’est-à-dire qu’il ne prenne pas parti pour quelques fractions de la société contre d’autres, mais qu’il soit compréhensif, universel, équitable. Or, de combien de faits et de circonstances la chambre des pairs n’a-t-elle pas à s’enquérir avant de prononcer sur la convenance et l’opportunité de la conversion !

Est-ce le moment où l’on se plaint avec raison de la fureur qui précipite toutes les impatiences et les convoitises dans des entreprises aventureuses, où le désir d’une rapide opulence imprime, pour ainsi dire, aux fortunes et aux patrimoines un mouvement révolutionnaire, est-ce ce moment qu’il faut choisir pour troubler les existences modestes, la médiocrité paisible qui se tient satisfaite et honorée d’elle-même ? Est-il moral, est-il social de les provoquer aussi à l’imprudence, au jeu, à l’agiotage ?

Ces inconvéniens sont réels ; auront-ils une compensation suffisante ? Nous ne connaissons rien de mieux fait pour mettre en garde contre la précipitation d’une conversion brusque et dure, que l’aveu loyal de M. Duchâtel, qui, de tous les effets attribués à la mesure, n’en reconnaît qu’un, une économie pour l’état de 12 millions ; c’est quelque chose, sans doute, mais ce n’est pas assez pour autoriser les impétueuses exigences des conversionnistes exaltés. Il n’y a pas un intérêt public assez considérable pour avoir hâte et plaisir à froisser tant d’intérêts particuliers. César disait que si l’on se déterminait une fois à violer le droit, ce devait être pour régner. La société peut faire de cette maxime une application légitime, en ne demandant aux droits individuels que des sacrifices vraiment féconds et nécessaires.

Mais pénétrons un peu au fond des choses. La société n’a-t-elle pas au contraire un immense intérêt à ce que la propriété mobilière acquière de jour en jour plus de stabilité et de confiance en elle même ? Et les rentes sur l’état sont une des principales formes de cette propriété mobilière, que les développemens de la civilisation associent progressivement à la puissance de la propriété foncière.

S’il y avait dans nos provinces, chez les propriétaires agricoles, une tendance instinctive à jalouser les produits et les résultats du travail industriel, qui, la plupart du temps, se convertissent en rentes sur l’état, il serait digne de la chambre des pairs de signaler gravement les périls de cette manière de penser et de sentir, qui est loin, au surplus, d’avoir la consistance d’une opinion réfléchie. Nous ne pouvons pas tous remuer et labourer la terre, et tout le travail des hommes n’est pas enfermé dans les sillons du sol. Il faut donc tenir aussi en grande estime les labeurs du commerçant, du manufacturier, de l’artiste, du savant, et ne pas se hâter d’en diminuer le prix, si péniblement amassé, par des réductions d’une justice équivoque.

La propriété foncière sera d’autant plus solide et respectée que la propriété mobilière gagnera plus de force et de sécurité. Ces deux puissances ne sont pas hostiles, mais solidaires. Pourrait-on imaginer quelque chose de plus anti-social qu’une conspiration du revenu de la terre contre les rentes sur l’état ?

Ce sera donc une œuvre politique que de rassurer les rentiers, de les convaincre que si le pouvoir législatif adopte un jour des combinaisons qui retranchent quelque chose à leur revenu, cette réduction doit affermir leur propriété, et non pas l’ébranler dans son avenir ; car il ne faut pas oublier que c’est la pensée secrète de quelques-uns, et l’effroi profond de beaucoup, de trouver dans un système de réductions périodiques une banqueroute fractionnée et progressive.

Toutefois on ne saurait méconnaître qu’on ne pourra long-temps éviter de toucher au 5 pour 100. La volonté du pays s’est trop manifestée à cet égard pour qu’on puisse l’éluder ou la heurter violemment ; et quand même cette volonté serait une fantaisie financière, comment se dissimuler que, sous un régime constitutionnel, les fantaisies générales deviennent des lois ?

D’ailleurs, ce désir des provinces est un symptôme de plus de la nécessité de tourner l’attention du législateur sur la propriété mobilière ; comme chaque jour voit augmenter son importance, on cherche à l’atteindre par de nouveaux impôts. La réduction qu’on veut faire subir aux rentes 5 pour 100 n’est au fond qu’un impôt déguisé, et qui semble d’autant plus onéreux qu’il est plus détourné et plus imprévu [1]. Mais le moment n’est pas loin peut-être où l’on se demandera s’il ne vaut pas mieux regarder le problème tout entier en face, et se mettre à étudier la propriété mobilière comme un fait nouveau et fondamental, pour lequel on ne saurait séparer les droits politiques des charges pécuniaires. Aujourd’hui le champ est beaucoup plus circonscrit. Il ne s’agit que du parti que prendra la chambre des pairs à l’égard de la proposition de la chambre des députés. On peut penser qu’elle ne rejettera pas le principe, et que si elle adoptait, en la modifiant, la proposition en elle-même, elle repousserait l’article 7, empiètement véritable sur la prérogative constitutionnelle du pouvoir exécutif ; enfin, que si elle écarte la proposition tout entière, elle se décidera surtout par la considération de l’inopportunité.

Ici l’initiative du gouvernement est nécessaire et doit être respectée. Veut-on que le président du conseil monte à la tribune pour discuter la faveur des circonstances et des conjonctures où nous pouvons nous trouver vis-à-vis de l’Europe, l’opportunité, en un mot ? Qui mieux que la chambre des pairs peut exposer au pays ces raisons politiques ? Elle aura cette noble attitude de ne rien repousser avec vivacité, de tout entendre, de tout peser, de donner de sa décision des motifs considérables et pertinens. Si elle estime que, dans la mesure proposée, quelques préjugés étroits et des espérances exagérées obscurcissent le vrai, elle donnera ses avis avec cette modération calme qu’inspirent toujours l’expérience et les lumières.

Au surplus, dans la pratique, la conversion n’aura pas tous les résultats qu’on en attend de part et d’autre. Elle n’amènera ni perturbation ni âge d’or. Il y a une pénétration réciproque de tous les intérêts qui saura bien empêcher une commotion profonde. L’importance de la conversion à nos yeux n’est pas dans la mesure même et dans ses effets immédiats, mais dans les dispositions sociales qu’elle indique.

Dans les deux ou trois premières années qui suivirent la révolution de 1830, on pouvait croire à l’imminence de la guerre. Plusieurs manières et plusieurs occasions de la faire se présentèrent : une guerre révolutionnaire, une guerre politique, étaient possibles. Mais les évènemens et les sociétés européennes ont pris un autre cours. Toute l’activité qui devait courir aux armes a reflué vers les travaux pacifiques, et non-seulement les peuples ne songent plus à la guerre, mais leur conduite témoigne qu’ils croient à la durée de la paix. Autrement se précipiteraient-ils ainsi dans les grandes entreprises de l’industrie ?

Quand M. de Villèle vint apporter aux chambres son projet de conversion du cinq, c’était après la campagne d’Espagne, dont l’heureux succès lui paraissait ouvrir à la restauration une longue période de calme et de travaux intérieurs. Nos provinces, en désirant aujourd’hui la même conversion, ne montrent-elles pas une confiance dans la paix plus grande encore que celle du gouvernement lui-même ? La sécurité du pays est imperturbable, et il pense que ses plus mauvais jours sont passés.

Aussi tout s’anime pour l’industrie : les tètes se montent, les capitaux et les capacités s’associent, les compagnies s’organisent, l’industrie des particuliers se lance dans la carrière avec une pétulante impétuosité, et semble rejeter tout conseil et tout frein. Ne nous en étonnons pas ; l’avènement d’une puissance nouvelle se signale presque toujours par des saillies exagérées ; elles passent, et la véritable force reste.

Dans la manutention de l’industrie, les compagnies et le gouvernement doivent fonctionner de concert : voilà la vérité politique ; et l’homme d’état qui préside le conseil l’a comprise depuis long-temps. Cependant aujourd’hui les compagnies semblent décliner l’appui du gouvernement : prenez patience, elles le rechercheront bientôt. Mais il faut quelque temps pour établir l’harmonie ; tout ce mouvement n’est que d’hier, et le premier développement d’un état nouveau n’est pas l’équilibre.

Si, à côté de l’action parallèle des compagnies et du gouvernement, vous mettez les rapports de la propriété foncière et de la propriété mobilière, vous embrasserez l’ensemble de la situation économique du pays. Ces rapports, qui sont le fondement de la vie sociale, préoccupaient déjà, dans le dernier siècle, Gournay et Turgot. Ils doivent aujourd’hui devenir l’étude approfondie des hommes politiques, qui, dans toutes les situations, travaillent au bien-être social.

Au reste, les temps n’ont jamais été meilleurs pour les travaux de l’industrie et de l’intelligence. La paix est profonde. La France a laissé tomber l’exaltation révolutionnaire, pour entrer avec franchise dans le développement constitutionnel. Malheur à qui ne comprendrait pas cette marche des choses ! Le premier soin du navigateur est de reconnaître quel vent souffle sur les eaux, et la société est une mer immense dont on ne saurait sans péril méconnaître les mouvemens.

  1. Ce point se trouve expliqué avec beaucoup de sagacité dans une brochure intitulée : La Conversion, c’est d’impôt.