La Chanson d’Ève/En robe de pâle clarté

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Société du Mercure de France (pp. 205-206).

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En robe de pâle clarté,
Douce comme la nuit d’été,
Soyeuse et blonde,
Des fleurs de l’autre monde
En sa chevelure d’or,
Celui qui est l’Ange en voyage
Descend l’escalier des nuages,
Et vient vers celle qui dort.

Messager à l’âme sereine,
Il approche lentement,
Comme une aube lointaine ;
Et regarde, en se haussant
Sur la pointe de ses pieds brillants,
Dans le profond sommeil où murmurent

Des songes encore,
Dans la clarté de la petite âme,
Qui brûle dans la nuit.

Il souffle la flamme, éteint le bruit,
Met le silence de sa bouche
Sur la bouche qui sourit,
Et pose, doucement, sur le cœur qui s’apaise
Sa main qui ne pèse
Pas plus qu’une fleur.