La Cithare (Gille)/Platée

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La Cithare, Texte établi par Georges Barral Voir et modifier les données sur WikidataLibrairie Fischbacher (Collection des poètes français de l’étranger) (p. 121).

PLATÉE


 
Le choc des chars se heurte au fracas des cuirasses.
Dans un tourbillon d’or, les boucliers d’airain
Éclatent ; les mourants encombrent le terrain.
Le sang fume. Au printemps, les moissons seront grasses.

Tout fuit : Hircarniens, Perses, Mèdes et Thraces.
Sous les coups, les chevaux cabrés brisent leur frein.
Et la grappe vivante, accrochée à leur crin,
Dans les rangs affolés laisse de rouges traces.

L’horizon s’ouvre ; au loin, le tumulte décroît.
Sanglant, l’Asopos luit dans son lit trop étroit,
Et Platée apparaît dans la clarté qui vibre.

Devant un peuple jeune un vieux monde est tombé.
Tous s’arrêtent surpris ; et, vers l’Attique libre,
Une immense clameur porte le nom d’Hébé.