La Cuisson du pain (Verhaeren)

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Pour les Amis du Poète (p. 5-6).




Cuisson du pain




Les servantes faisaient le pain pour les dimanches,
Avec le meilleur lait, avec le meilleur grain,
Le front courbé, le coude en pointe hors des manches,
La sueur les mouillant et coulant au pétrin.

Leurs mains, leurs doigts, leur corps entier fumaient de hâte
Leur gorge remuait dans les corsages pleins ;
Leurs deux poings monstrueux pataugeaient dans la pâte
Et la moulaient en ronds comme la chair des seins.


Dehors, les grands fournils chauffaient leurs braises rouges,
Et, deux par deux, du bout d’une planche, les gouges,
Dans le ventre des fours, engouffraient les pains mous.

Et les flammes, par les gueules s’ouvrant passage,
Comme une meute énorme et chaude de chiens roux,
Sautaient, en rugissant, leur mordre le visage.

(LES FLAMANDES).