La France juive/Notes rectificatives

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(vol 2p. i-iii).


NOTES RECTIFICATIVES


Il devait fatalement se glisser quelques inexactitudes dans un livre d’une aussi considérable étendue que la France juive. A parler net, je n’en éprouve qu’un remords assez léger et je me tords de rire dans mon lit en assistant à la vertueuse colère de gens qui ont entassé de véritables montagnes de calomnies contre nos prêtres, nos religieux et nos Sœurs de Charité et qui s’indignent que je me sois trompé sur quelques détails dans un ouvrage de 1200 pages.

Je dois cependant à la cause que je sers, je me dois à moi-même, de rétablir la vérité toutes les fois qu’il me sera démontré que j’ai accueilli une information inexacte. Ce travail d’impartiale revision, je l’entreprendrai pour une édition définitive de la France juive, mais il m’est impossible d’y songer à l’heure actuelle. Que ceux qui ont des réclamations légitimes à m’adresser, attendent donc avec patience jusque-là, et qu’ils se disent chrétiennement ou philosophiquement, s’ils le préfèrent : « Nous en avons fait bien d’autres ! »

Je tiens cependant à rectifier, dès à présent, dans ce nouveau tirage, quelques points qui m’ont été signalés.

M. Edmond Adam n’était pas juif. Je l’ai confondu avec un homonyme qui a été mêlé il y a quelques années aux affaires d’une société financière.

M. Valentin Simond, directeur du Radical, et M. Blüdhorn, gendre de M. le vicomte de Bresson, et actuellement secrétaire de la légion d’Autriche-Hongric à Copenhague, sont également étrangers à la religion de Moïse.

Je prie également M. Charles Laurent, dont j’ai pu apprécier la bravoure dans une rencontre loyale, de vouloir bien agréer mes regrets pour des vivacités de langage qui disparaîtront du livre à l’édition définitive et qu’excuse le ton général d’une époque où la persécution religieuse a divisé en deux camps des Français qui devraient s’aimer et se soutenir devant l’étranger. Que M. Charles Laurent rentre en lui-même, et il reconnaîtra que les catholiques seraient des lâches s’ils ne combattaient pas énergiquement pro aris et focis, pour leurs droits de chrétiens et de citoyens…


« Monsieur,

« Edmond Adam n’avait aucun titre à la place que vous lui faites prendre dans la France juive ; il est, comme moi, né d’ascendants catholiques. Sa fortune n’a jamais été énorme et elle ne s’est point alimentée de l’emprunt mexicain, puisque c’est à propos de cet emprunt qu’il a donné sa démission au Comptoir d’escompte.

« J’ai, monsieur, l’honneur de porter un nom intact.

« Juliette Adam. »


« À Monsieur Edouard Drumont.
« Paris, 22 avril 1886.
« Monsieur,

« Au bas de la page 375 du Ier volume de votre livre La France juive, vous publiez une note dans laquelle vous dites que mon gendre, M. Blühdorn, est juif.

« Vous avez été induit en erreur : mon gendre, M. Blühdorn, actuellement secrétaire de la Légation d’Autriche-Hongrie à Copenhague, appartient à la religion catholique.

« Je vous prie de vouloir bien rectifier cette inexactitude dans la prochaine édition de votre ouvrage.

« Recevez, Monsieur, l’assurance de ma parfaite considération.

« Vicomte de Bresson,
« Minisire plénipotentiaire. »



« À Monsieur Edouard Drumont.
« Paris, le 23 avril 1886.
« Monsieur,

« Je lis avec étonnement dans votre livre La France juive que vous me classez parmi les Juifs maîtres de la Presse.

« Comme je ne suis pas juif et que j’appartiens à une famille qui ne l’a jamais été, ce que je regrette, car je serais millionnaire, je vous prie de rectifier votre erreur dans les nouvelles éditions de votre livre.

« En attendant votre réponse, agréez. Monsieur, l’assurance de mes meilleurs sentiments.

« Valentin Simond. »