La Fumée (« Souvent nous fuyons »)

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La Fumée



Souvent nous fuyons en petit coupé,
Car chez moi toujours la sonnette grince.
Et les visiteurs qu’en vain l’on évince
Chassent le plaisir de mon canapé.

Couple par l’amour et l’hiver groupé,
Nous nous serrons bien, car la bise pince ;
Sur mon bras se cambre un corps souple et mince,
D’un châle à longs plis bien enveloppé.

Dans une voiture au pas et fermée,
Pour nous embrasser, il serait bourgeois
De baisser le store au milieu du Bois ;

J’allume un cigare, et ma bien-aimée
Un papelito roulé par ses doigts,
Et l’Amour, pour voile, a cette fumée.