La Gastronomie de Bechoux 1819/Avertissement sur la seconde édition

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La Gastronomie, Poëme
L. G. Michaud (p. v-vi).
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AVERTISSEMENT


SUR LA SECONDE EDITION.


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Il est bien difficile de ne pas faire de mécontens, quand on entreprend de donner à dîner au public. Quelques personnes ont trouvé mon repas trop long, et quelques autres l’ont trouvé trop court. J’ai songé seulement à contenter ces dernières, car les premières étant maîtresses de s’arrêter au premier service, et même de n’en pas tâter du tout, elles ne peuvent être incommodées que par leur faute. J’ai donc augmenté mon dîner de plusieurs plats nouveaux, que j’ai tâché d’accommoder de mon mieux. J’ai consulté les meilleurs cuisiniers, les artistes les plus distingues ; j’ai dîné chez Véry, chez Rose, chez les frères Provençaux et autres, avec des amateurs et des beaux esprits qui m’ont aide de leurs lumières, et avec qui je me suis enivré pour me perfectionner dans mon art. Du reste, j’ai lieu de me féliciter de ce qu’un assez grand nombre de personnes a bien voulu s’asseoir à ma table, et y prendre quelque plaisir. Je vois avec satisfaction que si on peut accuser la faiblesse de mon talent, on a du moins une très-grande estime pour la matière que j’ai traitée.

J’ai réuni à cet ouvrage plusieurs pièces fugitives, mais uniquement pour la satisfaction de mon libraire, qui ne trouvait pas mon poème assez gros, et qui prétend qu’un livre honnête doit peser au moins une demi-livre, sans peau ni carton. Je demande pardon au public d’avoir été oblige de céder à des raisons d’un aussi grand poids.