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La Horde bonapartiste

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G. Masquin et Cie (p. 193-196).

LA


HORDE


BONAPARTISTE


Usque ad quem finein se jactabit
insolentia tua ?
Cicéron




Après le deux décembre et la traîtrise immense
Dont le César bandit couronna sa démence,
Le croirez-vous, Français, on ose conspirer,

Pour jeter la patrie en proie au fils de l’homme

Monstre en crime, plus grand que les Césars de Rome !
Gouvernement des loups, on veut te restaurer !

Qui veut faire hériter l’avorton du vampire ?
Qui veut ressusciter cet exécrable empire,
Dont Sedan a rompu les membres disloqués ?

Ce sont des malfaiteurs, des repris de justice,
Qui veulent que leur nom encore retentisse,
Qui se refont brigands pour être remarqués !

Eh bien donc qu’il en soit ainsi ! honte, infamie
À ces machinateurs, dont la horde vomie
Par l’or de Chislehurst nous travaille sans frein :

Qui vers notre ruine effrontément nous pousse,
Que la France indignée et maudit et repousse,
Et contre qui je lutte avec mes Voix d’airain !

C’est en vain qu’en leur antre ils menacent ma tête,
Que leur tourbe me crie, en sa fureur : « Arrête :
« Sinon, barde imposteur, ton jour est arrivé ;

« Sinon tu peux, serpent, faire venir un prêtre,
« Notre bras devant Dieu te fera comparaître,
« Le mot est dit : sur toi le poignard est levé ! »

Moi, poëte soldat, je battrais en retraite,
Traître à la voix d’en haut dont je suis l’inteprète,
Je ne remplirais pas ma sainte mission !

Qui, moi, je sortirais de cette noble arène
Où ma foi de son feu m’illumine et m’entraîne ;
Je m’anéantirais dans ma désertion !

Devant ces égorgeurs de notre pauvre France,
Que Verhuel second plongea dans la souffrance,

Que j’aime d’un amour invincible et fervent,

Qui, moi, mon glaive en main, retourner en arrière !
Jamais ! dût leur poignard me frapper par derrière,
Car nul d’eux n’oserait me frapper par devant !

15 novembre 1815.
édouard d’anglemont