La Légende de Metz/Conclusion – Épilogue

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/Chapitre XIII La Légende de Metz



CONCLUSION – ÉPILOGUE[modifier]

J’ai cru de mon devoir d’honnête homme et de bon Français de mettre sous les yeux des lecteurs, qui m’ont fait l’honneur de me suivre jusqu’ici, les raisons qui ont motivé le procès du maréchal Bazaine — et de faire ressortir la procédure inouïe dont il a été victime.

J’ai considéré que ce procès pouvait, après nous avoir fait juger avec la plus mortifiante sévérité par l’étranger, entraîner pour notre armée les conséquences les plus funestes, en laissant subsister l’erreur fatale qu’elle a fait tout ce qu’elle aurait pu faire.

Il ne faudrait pas qu’on se figurât que, si le maréchal Bazaine n’avait pas été à Metz, si un autre eût été à sa place, nous eussions été vainqueurs. Ceux qui répandent sciemment ou qui laissent subsister une pareille erreur, trompent notre armée, en lui cachant ses défaillances et ses fautes ; ceux-là sont les véritables traîtres.

Certes, après les sacrifices que le pays a faits depuis dix-sept ans, l’armée française a une organisation et une force qu’elle n’a jamais eues ; elle comprend que plus les fautes ont été graves, plus elle a le devoir de les réparer. Elle a le sentiment de sa force qui lui donne une puissance morale sans laquelle il est impossible de vaincre.

Cette puissance a été de tout temps la vraie cause des victoires des armées françaises.

Si l’on veut être vainqueurs, il faut se garder de le méconnaître, il faut régénérer le moral des troupes avec autant de soin que l’on perfectionne leur armement.


J’ai dit, en mon âme et conscience, ce que je pensais être la vérité. Ce n’est que lorsqu’on connaît la maladie, qu’on peut appliquer le remède qui lui convient.