La Légende de Victor Hugo/Introduction

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Librairie G. Jacques & Cie (p. 15).




Introduction


Victor Hugo appartient désormais à l’impartialité de l’histoire.

Dès le coup d'État de 1852 la légende s’est emparée de Hugo. Durant l’Empire, dans l’intérêt de la propagande anti-bonapartiste et républicaine, on n’osait s’opposer à cette cristallisation de la fantaisie, en quête de demi-dieux : après le 16 mai[1], il n’y avait pas nécessité de troubler les dernières années d’un homme âgé, dont le rôle était fini. Mais aujourd’hui que le poète, célébré par la presse, reconnu et proclamé le « grand homme du siècle » dort au Panthéon, « la colossale tombe des génies », la critique reconquiert ses droits. Elle peut sans crainte de compromettre des intérêts politiques et de blesser inutilement un vieillard devenu inoffensif étudier la vie de cet homme, au nom retentissant. Elle a le devoir de dégager la vérité enfouie sous les mensonges et les exagérations.

Les hugolâtres se scandaliseront de ce qu’une critique impie, ose porter la main sur leur idole : mais qu’ils en prennent leur parti. – La critique historique ne cherche pas à plaire et ne craint pas de déplaire. Cette étude, écrite sur des notes recueillies en 1869, n’a pas la prétention d’épuiser le sujet, mais simplement de mettre en lumière le véritable caractère de Victor Hugo, si étrangement méconnu.

P. L.

Sainte Pélagie, 23 juin 1885.

Cette étude, écrite depuis des années, le lendemain de la mort de Victor Hugo, n’a rien perdu de son originalité, le côté de sa vie publique que j’envisage n’ayant jamais été ni étudié, ni critiqué.

P. L.

Paris, 30 mars 1891.

Notes :[modifier]

  1. le 16 mai 1877, le Président Mac Mahon (monarchiste) renvoie le gouvernement républicain et convoque de nouvelles élections. Les républicains seront confirmés (Note de Wikisource)




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