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La Madone (Gilkin)

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La NuitLibrairie Fischbacher (Collection des poètes français de l’étranger) (p. 72).
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LA MADONE



Au pré fleuri de scabieuses
Et de roses violacées
Mes tristes mains, mes mains blessées
Joignent leurs pâles chairs pieuses.

Mes sombres lèvres sérieuses
Chantent mes obscures pensées
Au ciel de flammes trépassées
Où passent des ailes soyeuses.

Je suis la Madone au cœur noir.
Mes ténébreuses meurtrissures
Filtrent le sang épais des mûres.

Et je traîne en l’effroi du soir,
Parmi les amers végétaux,
Les deuils verts de mes longs manteaux.