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La Maison de la Courtisane (recueil)/Canzonette

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CANZONETTE

Je n’ai point à profusion, de l’or que gardent les griffons ; aujourd’hui comme jadis, pauvre est le parc du berger. Des rubis, des perles, je n’en ai point pour parer ta gorge. Malgré tout, les jeunes filles de la campagne ont aimé le chant du berger.

Ainsi donc cueille un roseau, et commande-moi de te chanter, car je voudrais nourrir de mélodie tes oreilles, qui sont plus belles que la plus belle fleur de lis, plus douces et plus précieuses que le parfum de l’ambre gris.

Que crains-tu ? Le jeune Hyacinthe a péri ? Pan n’est plus ici, et il ne reviendra jamais, pas plus que le Faune cornu ne foulera les prés jaunis, pas plus qu’aucun Dieu ne se glissera furtivement à travers les oliviers.

Hylas est mort. Lui non plus ne devinera pas ces petites lèvres rouges, pareilles à des pétales de rose. Sur la haute colline ne jouent plus les Dryades d’ivoire. Argenté, silencieux, s’efface tristement le jour d’automne.