La Philosophie de Georges Courteline/XI

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XI


Conclusion.

Il y a des moments où, si je m’écoutais, je me promènerais par les rues avec un chapeau haut-de-forme à l’avant duquel serait fixé un écriteau portant en grandes capitales cet alexandrin bien scandé :

Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires.

Quelles histoires ? Toutes les histoires ! Les hommes, les femmes, les amis, la sagesse, les vertus, l’expérience, les juges, les prêtres, les médecins, le bien, le mal, le faux, le vrai, les choses dont on vous dit : « Faites-les », celles dont on vous dit : « Ne les faites pas », et cætera, et cætera. Je me retiens parce que j’ai gardé, je suis assez bête pour ça, le souci du qu’en-dira-t’on, la peur de me faire remarquer des gens que je ne connais pas. N’importe ! plus j’avance dans la vie, plus je ne crois qu’à ce que je ne comprends pas et plus me parvient le sens obscur du mot : Credo quia absurdum, qui, prêté à saint Augustin, n’est naturellement pas de lui.