La Philosophie de René Boylesve/Texte entier

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LA PHILOSOPHIE


DE RENÉ BOYLESVE

Portrait de René Boylesve, en col blanc et cravate, moustache et barbiche.

RENÉE DUNAN


La Philosophie
de René Boylesve


AVEC UN PORTRAIT DE RENÉ BOYLESVE


Le génie n’est probablement pas le résultat de la connaissance de la matière, mais de la connaissance de l’homme.

René BOYLESVE.

(Tu n’es plus rien.)



PARIS
LE DIVAN
37, Rue Bonaparte, 37

1933


Cet ouvrage a été tiré à 750 exemplaires

sur pur fil Lafuma numérotés de 1 à 750.


N° 80


I

CRITIQUE

Il est né de nos jours une nouvelle forme d’esprit scientifique, qui peut, assez légitimement, dédaigner le passé et le tenir pour le temps des « sciences » de caprice, de fantaisie et de sentiment. Au surplus, si on compare la chimie et l’astronomie modernes à l’alchimie et à l’astrologie anciennes, on doit reconnaître que le règne des instruments de supermesure, des «tests », de l’algèbre et du spectroscope nous confère en effet quelques avantages sur l’époque où Pline était un grand savant.

Le propre de notre désir, à cette heure, — « notre », c’est-à-dire du désir « savant », — c’est de chercher, sous les mots, et en dehors d’eux lorsque c’est possible, à saisir, à intégrer le réel dans sa fugace mobilité, tandis qu’il est en proie au temps et à l’espace. Que des problèmes nouveaux et surprenants soient ainsi posés, rien de plus naturel. Jadis on résolvait toutes les obscurités idéologiques avec des formules mystiques, qui, au vrai, ne pouvaient être le plus souvent que de très authentiques calembours. Nous avons passé ce stade ; et la théorie des quanta, le principe d’indétermination, comme les espaces à quatre dimensions et plus, échapperaient donc totalement à la compréhension ancienne. Ces données récentes réclament évidemment une entière revision des valeurs mentales, et forcent à utiliser, pour raisonner juste, de nouveaux critères. D’où, par un tel apport, d’importantes modifications apportées aux bases mêmes de l’intelligence.

Or, il est une « science » qui pourtant n’a point modifié ses vieilles pratiques : c’est la critique littéraire. Le livre ou l’article d’un critique « distingué » ressemblent toujours très exactement aujourd’hui à un livre ou un article de La Harpe ou du P. Bouhours. Je ne songe point du tout d’ailleurs à nier les vertus de ces personnages. Je sais de même que Képler, homme de génie certain, et sans lequel l’astronomie ne serait pas devenue ce qu’elle est, était pourtant un simple astrologue… Il faut craindre de mépriser. Mais remettre les hommes à leur place exacte, sans excès de dédain s’ils sont dépassés, sans abus d’admiration, même s’ils ont eu du génie, est toutefois le premier devoir de qui veut penser droit. La critique de La Harpe, avec, contre les « philosophes » responsables de la Révolution, des emportements exactement semblables à ceux de Paul Souday contre Romain Rolland mettant en doute les responsabilités allemandes touchant la dernière guerre, ou de Thérive attaquant Restif, pornographe, me prouve que rien dans ce domaine n’a changé. Mais fallait-il que cela changeât ? Sans nul doute. La morale, la psychologie et même l’art d’écrire ont subi depuis peu de profondes modifications parallèles aux changements de lignes scientifiques dans leurs méthodes et leurs thèses. Il n’y a plus de « rhétorique » enseignée ; et on a appris à se soucier un peu moins que jadis du « conformisme » des écrivains. Les buts et moyens littéraires se sont modifiés également du tout au tout, par l’élargissement des publics et d’autres contingences. Ce qu’on jugeait, en matière de pensée et de « réactivité » spirituelle, comme absolu il y a cent ans, s’est prouvé en sus tout faux. Il ne saurait donc s’agir d’apprécier une œuvre d’écrivain comme le firent nos aïeux.

Mais comment firent-ils ? En fonction des règles de principe, au surplus parfaitement arbitraires, régissant le genre d’abord. Ensuite, d’après des critères éthiques qui réclamaient, par exemple dans le roman, la punition des fautes et le bonheur terminal des gens de « bon esprit ». C’est ainsi que les Liaisons dangereuses, œuvre parfaitement immorale en soi, et d’un étonnant cynisme, volontiers « sadique », gardèrent l’estime des cuistres, parce que le crime y est châtié, tandis que le Sopha de Crébillon, ou ses Égarements du Cœur et de l’Esprit, authentiques chefs-d’œuvre, qui ne se soucièrent point toutefois de faire de belles fins, restèrent classés parmi les œuvres « infernales ». J’ose dire que de telles règles de jugement devraient avoir fait leur temps.

De même — et le fait mérite remarque — à toutes époques on estima un ouvrage selon le niveau des classes sociales dont il traitait. Émile Zola vécut dans la fortune sans doute, mais dans un discrédit certain, venu de ce qu’il attentait aux usages, en étudiant des « gens du vulgaire ».

On me dira que tout cela est bien fini. J’en demande pardon à mon contradicteur, mais cela dure. Tel volume, tenu pour livre trop galant, paraît aussitôt, de ce chef, sorti de la littérature. Et, sous un autre angle, le roman policier passe pour tout étranger aux belles-lettres. Comme si on ne pouvait pas faire du beau style, fouiller une psychologie avec profondeur, suivre les caprices et les soubresauts de la vie quotidienne, et centrer enfin une œuvre toute « classique », quoiqu’elle comportât quelques libertés, d’un égard amoureux, ou sous l’angle de la complication d’intrigues !…

Et que dirai-je encore des critiques qui jugent un livre en reprochant à l’auteur de n’avoir point fait ce que précisément le dit avait décidé de ne pas faire ? Un exemple est curieux : lisant Salammbô de Flaubert, Sainte-Beuve, avec une ardeur assez fâcheuse, attaque le roman — qui se passe il y a plus de deux mille ans — en lui reprochant ses audaces — pourtant infiniment moindres que l’auteur, féru de vérité, eût été fondé à en étaler — et de ne point avoir situé dans son volume un personnage pensant comme nous… Or, Flaubert tenait précisément à l’éviter ; et en littérature, comme devant un tribunal, on ne doit porter que les responsabilités librement assumées. Il est donc ridicule et, disons-le, absurde, d’inculper un écrivain ayant négligé ce que précisément il tenait pour négligeable.

On me répondra qu’il s’agit de savoir si cette négligence est justifiée. Je le nie. On doit juger exclusivement, dans les Lettres, en fonction des buts et moyens utilisés. Que la conception de principe soit discutable est un autre et nouveau problème. On peut demander de la science à l’auteur d’un roman scientifique ou historique, une connaissance approfondie de sa donnée à celui qui étudie un milieu social déterminé et peu connu, une pénétration délicate et complexe des réactions sexuelles et sentimentales ainsi que de leurs conflits à l’auteur d’un roman d’amour, tout cela sans préjudice d’un style, d’une langue, d’une appropriation rigoureuse de la forme au fond, et on doit exiger un certain quantum d’originalité dans l’expression des sensations et la formulation d’idées neuves, — vertus sans quoi il n’y a pas de talent authentique. Mais les exigences critiques ne sauraient aller plus loin. Or, les soucis, tenus par moi pour préférentiels, sont toujours dédaignés des juges littéraires. On ne trouverait pas en effet dix pour cent des œuvres admirées par le dernier critique notable de ce temps : Paul Souday, qui justifient par le talent, par l’activité spirituelle de leur créateur et par cet impondérable qui est la personnalité, les éloges qu’il en fit. À côté de cela, combien d’œuvres de valeur furent dédaignées par cet Aristarque ?

Enfin, le reproche de se tenir en dehors de voies et procédés que le critique tenait obstinément pour nécessaires, et ne l’étaient cependant que relativement à lui, apparaît toujours dans les attaques portées contre les livres que ce juge considérable n’aimait pas. Ce sont là, malgré l’admiration dont on les entoure, des méthodes périmées et barbares. La critique, à l’exemple des sciences exactes, ne devrait plus suivre des errements si primitifs, ni les passions personnelles de ceux qui l’exercent. Cela date. Une œuvre se doit donc apprécier en fonction du but proposé, de l’adéquation des moyens à ce but, et de l’apport individuel de celui qui la signa, dans les domaines si délicats de la forme, de l’intelligence, de la sensibilité, et de leurs modes d’expression. En sus, sitôt qu’un écrivain est mort, l’ensemble de ses écrits doit être pris comme représentant la traduction d’un état d’âme complet, d’une tendance volontaire, sous l’égard de la compréhension et de la mise en acte de concepts esthétiques et moraux. Il n’appartient aucunement, toutefois, au critique de donner une place plus ou moins haute à l’écrivain disparu. Nul ne sait ce que l’avenir décidera. Un régime politique, un ordre social, une situation économique déterminée joueront les rôles essentiels dans la popularisation ou l’oubli de telles et telles œuvres. Personne n’en peut préjuger. Le critique qui parle d’immortalité pour un de ses contemporains est, par suite, et tout modestement, un ignorant. Quant à la vertu éducatrice d’un ouvrage, elle est en dehors des appréciations critiques. Nul ne sait, dans le passé, si l’Astrée servit ou non la cause de la civilisation et de l’humanité. Il se pourrait qu’elle ait policé un monde assez brutal, il n’est pas du tout impossible qu’elle ait préparé, dans ses fureurs chastes et gracieuses, les délices érotiques qui apparaîtront sous la Régence. Qui en décidera ? L’action d’un écrit sur la psychologie des masses obéit à des règles spéciales et peu connues. Dans l’évolution des hommes, en groupes et individuellement, il arrive sans doute que ceux-ci prennent dans les livres des mobiles d’actions, il arrive encore que les auteurs traduisent, dans la lucidité d’un roman d’analyse, les mobiles obscurs, mais courants, dont ils sont tourmentés. Il peut advenir également que des écrits fomentent un enthousiasme plus ou moins superficiel ou profond, plus ou moins justifié, ou même certains découragements (Werther). Les tendances profondes d’une époque, éthiquement et esthétiquement, voire même dans le négoce et le détail de la vie, ne sont guère apparentes avant que cette époque soit disparue. Un romancier peut donc justement les saisir, les transcrire, et, de ce fait, hâter l’évolution qui prépare d’autres attitudes, sans être pour si peu compris. Son influence, au surplus, se limite là, et la définir constitue toute la besogne du critique devant une œuvre terminée. Saisir l’apport personnel de son auteur, son rôle social et idéologique, voire sa place exacte parmi les anticipateurs ou rétroacteurs, le poids et la « vection » de son labeur, le rôle qu’il peut jouer dans la lente transformation de la langue, des idées, des vocables, et par contre-coup, des concepts, voilà ce qu’il faut. Mais, c’est, ensemble, nécessaire et suffisant. Une pareille besogne, sans doute, est lourde. Cependant je ne vois pas pourquoi un juge littéraire aurait le privilège de se faire un nom et un renom en écrivant n’importe quoi sur n’importe qui, sans réflexion, sans calculs, sans méditations, sans lecture même (c’est un cas fréquent), et simplement parce que le public aime les méchancetés très affirmatives et les admirations déraisonnables, comme il admire les dentistes forains, les bluffeurs, les comiques de café-concert… Tout le monde peut et doit avoir un avis sur les livres lus. Ces avis sont fonction de la culture, de l’intelligence, de la liberté spirituelle, des préjugés plus ou moins raisonnés de ceux qui les formulent ; ils constituent le témoignage psychique des milieux. Mais il est inadmissible que le critique professionnel opine comme l’homme de la rue, sans plus d’efforts pour se libérer des œillères banales, avec la même passion étroite, et d’autant plus impérative, qui, voulant s’imposer, devient vaniteusement stupide aussitôt.

Si l’homme auquel je consacre ce travail fut de son vivant tenu pour un écrivain de seconde zone, une sorte de faiseur d’ouvrages sans couleur, mais édifiants, c’est précisément qu’on ne savait pas le lire et qu’on le jugeait « par principe ». Mais qui ? Les critiques. Je ne m’abuse pas sur l’influence des tenanciers de rez-de-chaussée littéraires d’où sortent des oracles hebdomadaires sur les chefs-d’œuvre du jour. Pourtant il faut reconnaître qu’ils ont une influence sur les éditeurs eux-mêmes, et, s’ils sont importants, sur les autres critiques désireux de suivre le courant… Parce que celui-ci n’aura pas cru devoir opiner touchant tel auteur, et semblera le tenir pour négligeable, l’éditeur, homme d’affaires et qui n’est pas tenu d’avoir d’autres qualités, ne fera pas, au bénéfice de cet auteur, les sacrifices de publicité indispensables. Ainsi l’homme de génie — c’est banal — pourrait végéter parce qu’on omettrait de le citer dans un journal. L’aventure ne serait ni neuve ni même rare. De très nobles écrivains, depuis dix ans, ont abandonné leur métier, parce qu’on refusait peut-être leurs manuscrits, parce que plutôt, et les deux choses sont loin de s’exclure, le succès ne leur venait pas. Succès pour une bonne part refusé par les « comptes rendus » et leur snobisme naïf, puis, de ce chef, par les négociants en imprimés, qui ne donnaient aucune importance à ce que méprisait la critique. Je pourrais citer des noms. Je ne veux désobliger personne et je m’en abstiens. Mais j’en ai une bonne demi-douzaine au bout de mon stylo.

Lorsque j’ai connu René Boylesve, il lui advint de me parler de son renom et de sa vente. Je reviendrai là-dessus. En tout cas, il pouvait rentrer dans la classe de ces auteurs qui, faute de savoir se montrer dangereux — car alors on vous respecte par crainte —, faute de savoir intriguer pour se faire rendre justice, et parce que les critiques notables les tiennent pour des artistes sans relief, restent dans l’ombre de leur vivant. Il est entendu au demeurant que l’ombre, en France, appartient de droit au talent. Victor Hugo eut un mal infini à percer, et l’Académie l’élut à sa cinquième candidature. Sans 1848 et l’exil de 1851, il fût resté méconnu. Zola resta dédaigné toute sa vie. Il se vendit, par chance, mais surtout parce qu’il faisait scandale. Le scandale est sans doute pour l’écrivain un moyen de réussite. Toutefois, René Boylesve n’aurait pour rien voulu trouver là le succès. Question de caractère. C’était un bourgeois paisible et amoureux de la mesure, qui redoutait beaucoup les tréteaux de la gloire. On conçoit, maintenant qu’il est mort, la raison qui me fait écrire à son propos. Il s’agit de lui rendre une justice équitable, sans intrigues ni faux poids. Il s’agit aussi de préciser en quoi cet homme fut toute sa vie incompris. On le jugeait sans le connaître, ce qui est courant, mais ce qui entretint chez lui une blessure douloureuse qui ne fut point sans collaborer à sa fin. Le plus pénible lui fut sans doute de se voir élire académicien sans être mieux pénétré, et pour des vertus qu’il n’avait pas, qu’il ne voulait pas avoir. Il réagit. Sa peine était grande de ne pas se faire comprendre. Il écrivit même un jour, afin de prouver qu’il n’était pas si « conservateur », le joli roman anarchiste qui se nomme Le Carrosse aux deux lézards verts, et, comme il passait pour fade ou sirupeux, il reprit, peu avant sa mort, le livre de sa jeunesse qui avait tant scandalisé certains et faillit l’empêcher d’entrer à l’Académie : La Leçon d’amour dans un parc.

Il écrivit ainsi une nouvelle Leçon d’amour, puis une autre. Ensuite, la mort vint.


II

RENÉ BOYLESVE
ET L’AUTEUR DE CETTE ÉTUDE


Lorsqu’on veut donner l’interprétation et le sens, tels du moins qu’on les conçoit, d’une œuvre importante en littérature, j’imagine qu’il est d’abord bienséant de présenter l’auteur en sa psychologie personnelle, dans le dosage spécifique de désirs, de passions, d’intelligence, de préjugés et de culture qui lui sont propres. Mais de telles données ne sont précisables qu’en fonction de celui qui offre alors le résultat de ses calculs et de ses raisonnements. En effet, chacun de nous a, devant les faits, son attitude et ses réactions individuelles. Ses appréciations ne valent donc que pour lui et pour les esprits qui lui ressemblent. Il doit commencer par l’admettre et tenir son bloc de vues pour entièrement relatif. Que si, bien entendu, il est d’une culture assez étendue, d’une information assez compétente et d’une indépendance assez stricte, son système d’opinions en prend plus de valeur, ce que je nommerai un primat proportionné à son sens critique, mais ce ne saurait être un dogme. La question pose ce que l’on peut nommer l’équation personnelle de l’auteur. Omise ou tenue pour négligeable, elle fausse les plus graves jugements. On peut le constater en relisant Sainte-Beuve, qui fut le prince de la critique au xixe siècle. Historiquement, l’homme était remarquablement doué et judicieux. En réalité, il ne dépassait pas cependant, par sa perspicacité, les critiques oubliés et médiocres de son époque. À la fois dogmatique sur les choses soumises aux plus discutables des critères, certainement misonéiste et fort arriéré dans les concepts moraux d’un autre âge, il perdait donc, devant les ouvrages de son temps, cet équilibre délicat de savoir et d’impartialité rigide apporté plus exactement aux études anciennes. Nous pouvons en dire tout autant de Jules Lemaître et d’Anatole France. Plus près de nous, on reste même incertain devant tels éloges excessifs d’ouvrages nuls, faits par des juges délicats et érudits. Mais peut-être faut-il présumer la vénalité ?

Revenons à René Boylesve et tentons de le définir : c’est un écrivain de bonne foi, avant tout. Le familier de ses livres n’y trouve jamais, et cela est exceptionnel, une concession, un effort faits pour satisfaire une certaine catégorie de public, présumée utile.

C’est un homme de foi, comme Balzac, comme Flaubert, comme Zola. Quoi qu’on en puisse penser, une étude attentive de la littérature moderne prouve d’ailleurs combien une pareille attitude est peu commune. Ceci ne comporte aucun reproche jeté à ceux qui, avant d’écrire un livre, se demandent : comment plaira-t-il le mieux ? ou : le public aimerait-il pas plutôt tel type de héros et d’héroïne ? Chaque écrivain a ses principes. Il y a de même, en politique, l’opportuniste, le conservateur et le progressiste (j’emploie les mots dans leurs sens étymologiques). S’ils sont sincères, ils apparaissent moralement égaux. L’art de Boylesve ne comporte aucun opportunisme. Il veut réaliser une série d’œuvres toutefois vraies, conformes à son interprétation morale du monde, et ne tient pas spécialement à plaire. Je l’ai dit, c’est l’homme de bonne foi. C’est le type d’écrivain, dois-je ajouter, le plus rare.

Ici, l’auteur du présent travail croit bon d’intervenir, comme on dit à la Chambre des Députés, pour une question personnelle. L’intégrale bonne foi de René Boylesve, c’est, avant tout, le secret apparentement d’un auteur qui fut académicien, mondain, plein de courtoisie dans les discussions, et désireux de ne déplaire à quiconque, avec celle qui écrit ici et ne lui ressemble pas. Une renommée savamment répandue d’écrivain ayant dépassé les limites de l’audace érotique, et qui d’ailleurs est absurde, la haine des gentillesses de style et de gestes, l’horreur de ce qui n’est littérairement ni chair ni poisson, des demi-mesures et du sourire circulaire des clowns, une brutalité voulue de mots et d’idées caractérisent la signataire de ce livre. Elle aima donc dans les livres de René Boylesve ce qu’il voulait y mettre et qu’elle y découvrit, parce que, moins brutale, c’était encore sa pensée : à savoir que le monde est mauvais, pourri d’hypocrisie et surtout de médiocrités triomphantes, de cupidités imbéciles et de magismes féroces, camouflés sous des dehors liliaux et mystiques. René Boylesve partageait, avec plus d’indulgence, ce jugement. Il écrivait des livres plutôt doux de ton, parce que tout l’y avait amené ; une certaine timidité de caractère, la peur de blesser même les indifférents, enfin une politesse charmante et attendrie. Ces qualités sans doute couraient risque de ne plus laisser apparaître le fond de l’âme de Boylesve. Elles ont pu en tout cas le dissimuler si bien qu’il est mort incompris de ses lecteurs familiers et de la critique. Mais elle ne me trompa aucunement, et c’est pourquoi, ayant publié sur le Carrosse aux deux lézards verts un travail où je définissais nettement le côté libertaire de cette œuvre charmante, je reçus de René Boylesve une lettre commençant par ces mots : Il m’a donc fallu arriver à la cinquante-sixième année de ma vie pour commencer d’être compris… Et à propos de la Jeune fille bien élevée, il m’écrivait encore : Vous êtes la première personne qui se soit avisée de voir ce qu’il y avait dans ce roman. Oui ! c’est un livre révolutionnaire…

Bonne foi et désir ardent de délimiter toute la vérité, mais avec mesure, dans ses romans, tel est donc le vœu de base de René Boylesve. Il était arrêté dans son effort, je l’ai dit, par la timidité et par l’empreinte, généralement indélébile, de l’éducation reçue. C’est ce que je vis, dès l’abord, et ce pourquoi je fus toujours son admiratrice. C’est qu’il est plus difficile d’être vrai et juste, pessimiste et douloureux devant la vie, quand des raisons, durement scellées dans votre âme enfantine, vous ont accoutumé à voir autrement.

Pessimiste, René Boylesve l’était avec une plénitude qui dépasse même Émile Zola. Tous ses romans nous montrent la défaite du bien et le triomphe d’une médiocrité qui n’a même pas les vertus du mal affirmé et volontaire, où se dissimule souvent un peu de risque et d’héroïsme.

Il voyait la vie comme une chose vaine et burlesque, où les belles intentions, les actes nobles, la beauté morale, sont sûrs de succomber devant la coalition des sots.

Mais la coalition des sots ne suffit même pas à expliquer certaines œuvres sombres où Boylesve semble croire à une sorte de perversité secrète de la destinée (Élise et Le meilleur ami). Seul trouvait grâce devant lui l’amour naïf et ingénu dans ses tendances charnelles. Les vrais livres où ne passe nulle amertume sont, dans son œuvre, les Leçons d’Amour. Encore y a-t-il là quelque tristesse, venue de ce que la nature, qui est pure, y reste en conflit avec la société, qui est hypocrite.

Mais, en vieillissant, René Boylesve trouvait plus de sérénité dans les actes inspirés par le vieil Éros, et ses dernières Leçons d’amour sont d’un optimisme plus complet que les premières.

Une telle évolution psychologique a une grande importance pour faire comprendre cet écrivain qui savait si bien se dérober. Car René Boylesve avait, outre la timidité, une sorte de pudeur devant l’idée d’avouer ses pensées profondes. Il avait aussi une autre tendance de caractère, qui est généralement celle des timides. Il faisait d’autant moins de concessions pour être compris qu’il se voyait moins lucidement interprété. Mais il souffrait d’autant plus, et de se voir jugé absurdement, et de ne pouvoir consentir à des aveux qui eussent semblé scandaleux.

Car il souffrait. Il semblait même y avoir quelque disproportion entre sa tristesse désespérée d’écrivain qui ne peut vaincre le mur d’incompréhension de la masse — et de l’élite — et le fait lui-même, qui n’est pas rare chez nous.

Qu’on imagine Balzac travaillant farouchement à son immense comédie humaine, Balzac poursuivi par les recors, courant chaque jour après l’argent du dîner de demain, haï pour sa force, comme le sont toujours les forts, vaincu par des entrefilets fielleux, par des éditeurs de mauvaise foi, par des périodiques qui cherchaient à le disqualifier, Balzac mort à la tâche sans avoir cédé. Cet homme pouvait avoir la crise de désespoir qui pousse un homme au Léthé. Il l’évita par une sorte d’alacrité obstinée. Et Stendhal, dont on vendait de son vivant une demi-douzaine d’exemplaires de ses chefs-d’œuvre, qu’a-t-il cru ?

Seulement René Boylesve, homme mélancolique, et ressassant secrètement ses déboires, devait tirer d’eux une peine plus profonde. C’est qu’il ne sentait pas le violent courage de ces génies d’action, dont certains sots ridiculisent le besoin constant de prendre le monde corps à corps. Mais je vois précisément la puissance et la force d’un rêve qui allège des réalités, lorsque Balzac rêve grandiosement de finances ou d’industries, et que Stendhal s’imagine, armé de la dagasse florentine, mettant à mort un mari ou un amant indiscrets.

Rien de tel chez René Boylesve. Il était sans doute tout à fait incapable de commercer, aussi de commettre un crime. Il se peut que dans notre monde féroce et cruel ce soit une infériorité. Il n’est sans doute pas nécessaire de mettre en acte de pareilles virtualités, mais il serait bon de les posséder en soi. J’ajouterai que les autres hommes les devinent, et que cela les rend perspicaces ou prudents.

Peut-être, venue ici, dirai-je que pareil sens de la mesure, quasi maladif chez René Boylesve, s’il est philosophiquement une belle chose, m’apparut excessif ? Je me souviens d’avoir conversé avec lui de Freud. Il me disait admettre une partie des idées du savant Autrichien, mais répugner à cette énormité du pansexualisme. Je lui exposai alors qu’on ne possède vraiment une idée que si on en arrive pour elle à une sorte de passion sans mesure. Il avoua reconnaître la vérité de ce dire, mais une force en lui limitait seule tous ses élans.

De même sur Casanova. Je lui disais que ce Vénitien ne peut être compris et admiré que si on lui suppose une intelligence supérieure liée à une perpétuelle attente de caresses féminines et à une faculté souveraine de les provoquer. À quoi il me répondit pouvoir difficilement admettre un homme qui ne serait pas comme tout le monde. Tout de suite il le voyait monstrueux. Et son intérêt disparaissait.

Ce sens de la mesure lui était cher sans doute, parce qu’il devait lui donner, dans la conversation, le goût et le pouvoir de plaire et d’intéresser, de transformer surtout les paradoxes en idées courantes. Mais, à d’autres moments, il le voyait en soi comme une impuissance. Il me l’a dit.

Je crois, en ce moment, dessiner vraiment la figure de cet homme remarquable. Il avait une culture prudente et dissimulée, mais que permettent de deviner ses Opinions sur le roman. Il aimait la science. C’est extrêmement rare chez les romanciers. Mais il n’y voyait pas, comme moi, une sorte de superpoésie, une série de paysages intellectuels étranges, et passionnants à la façon des plus rares visions exotiques. Plus que moi, il croyait à une sorte d’absolue et immarcescible vérité. C’est qu’il avait le besoin du vrai comme le coureur a sa faculté de vitesse dans les muscles. Cela armaturait sa pensée. Là encore il m’avoua un jour en souffrir, car il avait un amour secret, mais impossible à satisfaire, parce que son sens critique s’y opposait, pour le mensonge.

Figure complexe, comme nous le sommes tous ici-bas, René Boylesve me séduisit dans ses livres par la désespérance âcre et généreuse que j’y trouvai. Et de deviner qu’il connut, au fond de son cerveau, ses propres inhibitions de prudence, de mesure, de crainte du scandale, d’équilibre soigneux, de douce honnêteté au sens ancien, comme des vertus précieuses, mais malheureuses, me fit comprendre beaucoup de choses étrangères à la littérature. C’est de là que naquit mon désir de l’expliquer.

Faut-il ajouter à cette psychologie d’un homme célèbre d’autres traits particuliers ? Il avait le goût passionné de la phrase écrite, et le désir de l’illimiter sans cesse mieux, pour y intégrer la totalité des sensations et des réflexes mentaux qui mènent à l’expression d’une idée. Il travaillait difficilement, scrupuleusement, et pesait avec un soin minutieux les mots qu’il utilisait. Il aimait l’ironie, dont il usait rarement, mais avec une vigueur telle que la plupart de ses lecteurs en prenaient le sens réel à rebrousse-poil…

De ce mélange d’une sensibilité extrême, appliquée à résoudre des problèmes de style, et d’un penseur triste aimant ardemment l’intelligence, devait résulter une sentimentalité un peu névropathique. Elle existait chez René Boylesve. Il avait, comme tous les hommes de rêve, une sorte de tremblement de sympathie et d’émoi frissonnant devant l’action. Il souffrait avec ceux qui souffrent et se réjouissait du plaisir d’autrui. Cela même collaborait à lui interdire les descriptions violentes et brutales. Il m’a dit, un jour, envier l’aisance avec laquelle il m’advint de manier des sentiments et les actes horribles ou atroces. La sentimentalité est un beau don, quoique plus propre à endolorir l’âme qu’à l’alléger. Mais son inconvénient dans la littérature est de limiter les hideurs descriptibles. Or ces hideurs sont dans la vie. René Boylesve le savait, et il poursuivit longtemps la création d’un roman, me dit-il, qui les évoquerait toutes, sans pourtant forcer le ton, et sans employer certains mots trop purulents. Je ne sais ce qu’il en fut. À mon objection qu’il faut oser dire n’importe quoi, il répondait : « Stendhal a-t-il décrit la décapitation de Julien Sorel ? » Non, sans doute. Mais ce fut par mépris du public. Dans les Nouvelles italiennes, il montra par contre son goût raffiné des choses sanglantes. D’ailleurs pour celui qui sait imaginer, à travers les mots décents et corrects, que de choses abominables on peut trouver chez Stendhal ! Mais paix |


III

LA PHILOSOPHIE DE RENÉ BOYLESVE


Le mot philosophie est une sorte de propriété réservée aux abstracteurs de quintessence. Derrière lui, on croit voir le plus souvent des manieurs d’entités, disant avec un air grave et solennel des niaiseries trop fréquemment délirantes. Il va de soi qu’il ne s’agit point ici de cette sorte de philosophie.

Le vocable a une valeur spéciale qu’il est toutefois impossible de remplacer. Je l’utilise donc dans le sens de conception de l’existence et d’interprétation générale du monde, sous l’angle éthique, esthétique et métaphysique.

Il est impossible, au vrai, de trouver dans les livres de René Boylesve ce que je nommerai les confidences personnelles de l’auteur. À la façon de son maître Gustave Flaubert, Boylesve se gardait de s’exposer et de peser sur les faits qu’il analysait, comme le font trop de dogmatiques désireux de voir les choses, même imaginaires, tourner selon leur gré. Mais on peut pourtant trouver le reflet de la philosophie dont il était pénétré, par la comparaison des sujets qu’il choisissait et par le sens qu’il donne aux résultats des actes de ses héros.

Évidemment il était incroyant ou plutôt athée. Il lui restait peut-être ici un doute que je nommerai actif, mais il était assuré que nulle intelligence humaine ne saurait exprimer en mots la vaste énigme du monde. En tout cas, il était assuré que ce mot n’existe dans aucun dogme.

Il ne croyait ni au bien ni au juste, comme réalisations possibles. Ses œuvres à ce sujet sont d’une redoutable éloquence. Il pensait que personne ici-bas n’a su et ne saura jamais faire passer les thèses idéologiques dans le plus petit fragment de réalité. Or le vrai, le beau et le bien ne sont que des thèses.

Il voyait, avec une acuité originale, que le monde en évoluant dans le temps se complique. Et le recoupement indéfini des actions ou des conceptions qui les inspirent, amortit de ce chef les efforts les plus apparemment efficaces dans l’action. Cela constitue l’inertie philosophique. Cette idée est nouvelle. Elle était, chez René Boylesve, née de la méditation des choses vivantes, mais les savants sont parvenus à la formuler par l’algèbre. C’est le phénomène connu sous le nom d’entropie, et qui explique pourquoi la durée est irréversible. Elle annonce aussi que le monde va du causal au contingent, jusqu’à l’équilibre absolu qui sera sans doute le dernier état du cosmos.

René Boylesve n’a pas mis dans ses livres certains types humains inspirés de cette interprétation désespérée du réel, mais il y pensait. Il voyait très bien, par exemple, ce que Balzac ne vit pas, que le jeu, la poursuite du gain à pile ou face, est à la base de la vie, aussi des grandes opérations financières, politiques et sociales. Il percevait tout cela, surtout parce que c’était en contradiction avec ses tendances héréditaires. Et il s’analysait si bien qu’il flairait tout de suite la vérité dans tout ce qui le blessait.

À cet égard, il pouvait être dit relativiste. Le relativisme est une doctrine scientifique, assez limitée en tant qu’elle reste à Einstein son créateur (avec Lorentz), mais qui a poussé certains penseurs hardis, depuis la mort de René Boylesve, à des vues qu’il avait fort bien pressenties, comme le principe d’indétermination, destructif du principe de raison. Le certain, c’est que nul écrivain, au même degré que René Boylesve, n’a précisé la vanité des rapports fixes entre le fait et son organisation conceptive. Il n’y a évidemment chez lui aucune théorie. Il veut simplement bâtir dans le vécu et dans le quotidien. Mais on voit bien que ses personnages demeurent incapables de sortir de leur propre imagination. Toutes les impulsions sincères et généreuses ont pour eux des conséquences détestables. Voyez Mademoiselle Cloque. Elle est pleine de vertus et déteste le mal. Elle veut aussi réaliser le bonheur de sa nièce, de toutes les forces d’un cœur sans ambiguïté. À quoi cela aboutit-il ? À faire le malheur de la jeune fille avec une sorte d’infaillible perfection… À côté de cela, un instinct déplorable — encore que beaucoup le défendent, mais pour des raisons que ne pénètre nulle noblesse morale — : l’avarice, avec cette dureté obligatoire qui la complète, réussit à assurer le bonheur des personnages de La Becquée. Dans Le meilleur ami, un jeune homme aimant et dévoué pousse la générosité jusqu’à aider celle qu’il adore à réaliser son amour ailleurs… Cependant à quel but aboutit ce merveilleux sacrifice ? À faire mourir pour l’autre celle dont, en abandonnant le meilleur de lui-même, il croyait assurer le bonheur. Dans Le bel avenir, on voit une famille accomplir de prodigieux efforts pour faire réussir deux enfants. L’un qui est intelligent, échoue misérablement, et le sot épouse une grosse fortune… C’est donc, chez René Boylesve, un perpétuel contraste entre les justes espérances des personnages de ses romans et les aboutissements matériels de leurs destins. Mais c’est plus encore une opposition rigide entre leurs actes et le fruit qu’ils en tirent.

Cela, c’est d’ailleurs bien la vie moderne. Tous les ouvrages dont je parle ont été écrits par Boylesve avant la dernière guerre qui a donné un surprenant primat à cette contradiction ironique et sinistre. Mais Stendhal avait prévu que, vers 1880, il commencerait d’être compris. C’est qu’il travaillait dans l’axe même d’une pensée dont il devinait les conséquence et les résultantes. René Boylesve me paraît avoir eu le même genre de perspicacité. Et c’est, quelle que soit l’opinion qu’on cultive sur son œuvre, une évidence que Boylesve illustra, en vingt volumes, la pensée directrice d’un monde qui, de son vivant, n’était pas encore tout à fait venu. À l’heure où j’écris, il ne fait même que donner forme à un devenir prochain. Car il est impossible de pénétrer dans ses romans sans se percevoir au centre exact de notre société. Sans doute faut-il pourtant se mettre à l’échelle. René Boylesve a surtout étudié un milieu provincial qui suit de loin les idées parisiennes, en les émoussant, en les atténuant.

Ainsi, La jeune fille bien élevée, que Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/54 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/55 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/56 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/57 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/58 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/59 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/60 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/61 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/62 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/63 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/64 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/65 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/66 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/67 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/68 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/69 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/70 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/71 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/72 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/73 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/74 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/75 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/76 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/77 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/78 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/79 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/80 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/81 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/82 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/83 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/84 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/85 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/86 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/87 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/88 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/89 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/90 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/91 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/92 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/93 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/94 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/95 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/96 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/97 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/98 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/99 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/100 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/101 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/102 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/103 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/104 Page:Dunan - La Philosophie de René Boylesve, 1933.djvu/105 bouleversement économique et idéologique, modifiant brutalement les règles morales et les conceptions artistiques actuellement réduites à une simple mode, pour voir René Boylesve devenir lui-même aux yeux des Français. Lui-même, c’est-à-dire une des gloires les plus authentiques de notre race.

TABLE DES CHAPITRES




I. 
 7
LE SOUVENIR DE RENÉ BOYLESVE
Collection dirigée par Gérard-Gailly


1re SÉRIE (blanche). ANNÉE 1931

1. René Boylesve et Marcel Proust : Quelques échanges et témoignages. (Textes inédits.) Avec deux fac-similés d’autographes.

2. Jean-Louis Vaudoyer : Souvenirs de la rue des Vignes. Frontispice d’Albert Besnard.

3. Gérard-Gailly : Qui était Mademoiselle Cloque ? (Les origines d’un roman, d’après des documents inédits.) Avec un croquis de René Boylesve et un fac-similé de son manuscrit.

4. Gonzague Truc : Introduction à la lecture de René Boylesve. Avec un portrait de René Boylesve.


2e SÉRIE (bleue). ANNÉES 1932-1933

1. René Boylesve : Voyage aux îles Borromées, suivi de la première version du Parfum des îles Borromées. (Textes inédits et annotés.) Avec un portrait de René Boylesve.

2. Gérard-Gailly : René Boylesve ennemi de l’amour. Frontispice de Lucien Madrassi.

3. Renée Dunan : La philosophie de René Boylesve. Avec un portrait de René Boylesve. ACHEVÉ D’IMPRIMER, LE DIX-NEUF AVRIL MIL NEUF CENT TRENTE-TROIS, SUR LES PRESSES DE L’IMPRIMERIE ALENÇONNAISE, RUE DES MARCHERIES, ALENÇON, F. GRISARD, ADMINISTRATEUR.