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La Tunique de Nessus/12

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Un journaliste du siècle dernier, alias Le Nismois, alias
G. Lewis & Co (p. 212-222).

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XII


Dans la chambre de Stanislas, les trois hommes étaient montés se dévêtir ; dans celle d’Irène, les trois femmes faisaient de même.

Les esprits s’échauffaient : le repas fini, on voulait de la volupté.

Les trois hommes étaient nus : trois types différents s’accusaient dans les queues, dans les corps ; ils se regardaient, s’analysaient. Mohammed reconnut chez Stanislas les anciens rapports qu’il eût avec Paulet ; le prêtre Déculisse, avec sa blancheur de peau et la finesse de ses contours, trahissait des anciens vices masculins. Les trois hommes s’estimèrent devoir être plus que des alliés. Irène, venant les chercher, les surprit s’adressant des compliments réciproques sur leur sexualité.

Pure et blanche vision de perfection féminine ayant l’amour de l’homme, elle ne les gênait pas. Attirée sur les genoux au milieu, par son mari même, elle aperçut en face de son visage les trois queues alignées, dont on lui faisait remarquer les différentes structures, en sollicitant de ses lèvres le rapide suçage, qu’elle ne refusa pas.

Il ne fallait pas laisser Olympe et Gabrielle trop longtemps seules, pour ne pas s’exposer à ce que la réflexion refroidit leurs excellentes dispositions. Elle entraîna les hommes à sa suite, meute déjà affamée, courant sus à son cul et riant entre eux des pelotages qu’involontairement ils échangeaient, en franchissant les portes.

Dans la chambre d’Irène, le rut se déchaîna une fois de plus, avant qu’on put descendre dans les salons. Ce rut se prit au hasard, unissant encore Stanislas et Gabrielle, mais non plus les deux autres couples primitifs. Irène poussa Mohammed sur Olympe et attira à elle Déculisse.

On roula sur le tapis et les secousses, cherchant à se précipiter, des poses multiples animèrent les trois couples sur le milieu de la chambre où, rompant les enlacements, ils se livrèrent mutuellement à des satisfactions plus acres. Mohammed avait joui d’Olympe, il aperçut le cul d’Irène qui tressautait au-dessus des jambes de Déculisse ; il y vint tout contre, hésita entre la caresse et l’enculage ; ce dernier l’emporta et Irène se trouva prise des deux côtés à la fois.

Olympe, privée de son cavalier, tournoya du côté de Stanislas et Gabrielle ; celle-ci se pâmait sous la possession. Stanislas, distinguant le cul de sa sœur à sa proximité, se jeta dessus et l’encula, laissant Gabrielle se reprendre peu à peu.

Déculisse, gêné dans sa manœuvre, à moitié abandonné par Irène, qui se prêtait davantage à l’enculage de Mohammed, remarqua la solitude momentanée de Gabrielle, arriva prestement sur elle et, avant qu’elle eût résisté, l’enconna avec sa grosse queue, lui arrachant quelques cris plaintifs, qui se changèrent bientôt en ardentes caresses.

La fête se continuerait-elle dans les salons, ou se confinerait-elle à la chambre ?

Nul ne paraissait vouloir renoncer à la curée d’amour.

Un timbre qui résonna, rappela Irène à elle-même : quelqu’un se présentait. C’était le signal de Mirette, annonçant l’insistance d’une personne exigeant d’être introduite.

Elle avait bien fermé sa porte rigoureusement, mais les journaux avaient annoncé sa réapparition à Paris ; toute la journée les visites s’étaient multipliées, Mirette fut impitoyable ; il fallait une impérieuse nécessité, pour qu’elle en appelât à sa décision.

Elle laissa Mohammed achever de jouir, puis se dressa, jeta un coup d’œil sur l’ensemble du tableau, permit aux coïts de se satisfaire, arracha les femmes, les emmena à la salle de bains, pria les hommes de se rendre dans les salons et, sa toilette faite, couverte d’une simple matinée, chaussée de mules, vint voir ce que voulait Mirette.

Elle se trouva en présence de Lucie des Étoiles qui, de retour de Versailles, avait trouvé sa carte et accourait.

— Toi, Lucie, s’écria-t-elle, je ne t’attendais pas.

— Ta porte était consignée. J’ai eu toutes les peines du monde à décider Mirette de te prévenir de mon arrivée.

Que faire ? Elle la fit entrer dans un de ses salons isolés et Lucie, étonnée, demanda :

— Voyons, Léna, tu n’as pas changée, puisque tu es venue chez moi dès ton retour à Paris : on dirait que ma visite t’ennuie ?

— M’ennuie, non ; m’embarrasse, oui.

— Pourquoi ?

— Je ne sais comment te conter la chose.

— Tu as un rendez-vous ? Ce n’est pas pour nous jeter du froid ; baise ton coup et reviens-moi.

— Un rendez-vous ! Plus que ça. Tiens, regarde, je suis nue sous ma matinée ; j’ai là haut ma sœur et ma belle-sœur.

— Nues aussi. Vous marchez bien en province.

— Et avec nous il y a…

— Stanislas !

— Oui, plus deux autres cavaliers.

— Partie carrée à trois couples, des provinciaux en goguette.

— Non, des enragés d’amour. Ma foi, veux-tu en être ; quoique on ait déjà pas mal sauté, la soirée commence à peine et une femme de plus ; tant pis pour toi, s’ils ne sont pas à ta hauteur, il aurait fallu venir plus tôt, une femme de plus n’est pas pour les effrayer.

— Ta sœur, ta belle-sœur !

— Elles te recevront d’autant mieux que si tu veux rester, tu entreras toute nue.

— Ça me plaît. Je serai heureuse de revoir Stani.

— Tu l’as oublié depuis.

— Dame, que serais-je devenue autrement ! Où se déshabille-t-on ?

— Par ici, je te mènerai ensuite.

Lucie avait un peu grossie depuis le départ de ses amis pour la province : elle n’en présentait qu’un fruit encore plus savoureux.

Plus mutine et plus crâne que jamais, elle suivit Irène dans un salon, où elle n’aperçut que les trois hommes.

— Lucie, s’écria Stanislas, courant à elle.

— Ah ! Stani, tu me reconnais, c’est gentil.

Elle lui sauta au cou.

— Tiens, tiens, dit-elle encore, je reconnais celui-ci, l’abbé Déculisse, ah ! mince, je ne m’attendais pas à le voir dans le costume du papa Adam.

— Vous vous êtes rencontrés ?

— Une fois, à un enterrement.

— Parlons pas de ça.

— Monsieur, ravie… de vous admirer.

Elle salua gentiment Mohammed et Déculisse qui lui souriaient et, comme Irène revenait avec Gabrielle et Olympe, la présentation se trouva de suite terminée.

L’entr’acte s’imposait. On but, on causa, on pelota.

— Elles sont chouettes vos sœurs, dit Lucie et celle-ci, Irène, tu ne pourrais pas la renier ; c’est tout ton portrait, avec de l’innocence en plus.

— L’innocence se fane vite.

— Heureusement. Est-ce que Stani s’amuse aussi avec sa sœur ?

— Les circonstances l’y ont entraîné.

— Les principes ne vous étouffent pas dans les petits pays. Il doit y avoir en elle de quoi se satisfaire ! Belles, belles fesses ! Je les baiserais volontiers.

Irène riant, cria :

— Olympe ?

— Que veux-tu, Irène ?

— Mon amie Lucie désire te baiser le cul.

— Bon, je ne demande pas mieux, je le lui donne.

Olympe et Lucie se mirent à se gamahucher et Mohammed s’attacha après le couple de Stanislas et de Gabrielle qui s’étaient repris, se tenant amoureusement enlacés.

— Ah ! dit Irène à Déculisse, je crois bien que ma sœur en pince fort pour mon mari.

— Je ne l’ai pas moins baisée.

— Oui, en enlevant ta queue de mes cuisses, lâcheur.

— Nous pouvons recommencer la partie.

— Non, pas encore. Si on baise tout le temps, on s’arrêtera trop vite. J’ai envie de gamahucher ma sœur pour vous obliger à une sagesse mesurée.

— Enlève-la donc à Mohammed, qui n’a l’air de rien et qui ne tardera pas à la grimper, si ton mari a une distraction.

Irène louvoya, repoussa du dos Mohammed qui s’amusait à peloter Gabrielle, l’apprivoisant peu à peu et dit :

— Gabrielle, deux mots, viens par ici.

La jeune fille quitta Stanislas, accompagna Irène devant le tableau formé par Lucie, dévorant de feuilles de roses le cul d’Olympe, et murmura :

— Donne le tien, que je le mange ainsi.

— Quoi, tu veux Irène ?

— Ne sommes-nous pas réunies pour goûter à tous les plaisirs !

— Oh si, mais je préférerais te le faire pour commencer.

— Non, non, tu ne te défendrais pas si on t’attrapait et moi je me défendrai.

À la vue des deux sœurs, se lançant dans les mêmes exercices que Lucie et Olympe, il n’y eut pas de protestation masculine.

Les trois hommes contemplèrent le spectacle, essayèrent par moment de s’interposer, puis ils échangèrent des regards de malice et voilà que Déculisse se vit enculer par Stanislas, sur lequel grimpa Mohammed.

Quand ils furent enfilés, plus pour la farce que pour poursuivre la sensation, ils crièrent :

— Les femmes foutent entre elles, nous foutons entre nous.

Celles-ci suspendirent leurs caresses et, apercevant l’affaire, elles se précipitèrent sur Mohammed et sur Stanislas, luttèrent pour les jeter sur le sol et les fesser ; mais Déculisse saisit Lucie qui ne demandait pas mieux et la baisa ; avant que Stanislas eût échappé aux mains d’Irène et d’Olympe, qui le frappaient, Mohammed empoignait Gabrielle, la plaçait sous lui et la possédait en levrette.

— Amour, dit Irène à son mari, nous n’avons pas baisé ensemble, viens vite que je te fasse jouir, tu bandes.

Cette gigantesque partie d’amour se prolongea très tard et vit s’accomplir de réels prodiges ; elle s’acheva dans l’acceptation réciproque des couples formés au début, de dormir la nuit, Lucie s’étant retirée vers les deux heures du matin, Déculisse avec Olympe, Stanislas avec Gabrielle, Irène avec Mohammed.

Couchée sur l’épaule de l’arabe, enfin rassasié après de très brillants exploits, Irène, les yeux dans ses yeux murmura :

— Te voilà le frère de mon époux, le voilà le seigneur de ses femmes, Mohammed, suis-je toujours celle que tu cherchais, ta virilité continue-t-elle à vouloir ma féminité ?

— Tu es l’étoile de mes amours, tu es la reine de mes fièvres, Mohammed demandera à ton époux l’hospitalité, pour te voir dans le gynécée et t’y posséder avec les séductions des autres femmes.

— Tu les a toutes baisées !

— Ne fallait-il pas obtenir leur sourire.

— Tu seras pour moi la chaleur qui vivifie la félicité ; tu boiras à mes seins la volupté inlassable ; je puiserai à ta source même le suc avec lequel je resterai belle et passionnée.

Ils s’endormirent dans l’ivresse du plaisir. Une nouvelle incarnation allait illuminer la personnalité d’Irène Breffer.


Fin du Tome II