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La Vénus des aveugles/Les Lèvres pareilles

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La Vénus des AveuglesAlphonse Lemerre, éditeur (p. 129-130).

LES LÈVRES PAREILLES



L’odeur des frézias s’enfuit
Vers les cyprès aux noirs murmures…
La brune amoureuse et la nuit
Ont confondu leurs chevelures.

J’ai vu se mêler, lorsque luit
Le datura baigné de lune,
Les cheveux sombres de la nuit
Aux cheveux pâles de la brune.


La fin balsamique du jour,
Blonde de frelons et d’abeilles,
Perçoit, dans un baiser d’amour,
La beauté des lèvres pareilles.

L’odeur des frézias s’enfuit
Vers les cyprès aux noirs murmures…
La brune amoureuse et la nuit
Ont confondu leurs chevelures.