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La Verdure dorée/Soleil triste, mairie obscure, ô jours amers

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CXLI


Soleil triste, mairie obscure, ô jours amers !
Un poulet bat de l’aile et crie, et, sur les murs,
Fades gravures : la Herse, Cité Lacustre
Ou Palafitte ; et, sur la table, le registre
Des mariages, deux orvets empaillés, dons
D’un anonyme et le portrait des Présidents
Et le cadastre avec ses taches de bougie.
Et cependant mon cœur n’est plus qu’une élégie,
Belle amie, et je songe à vous qui n’êtes plus
Qu’une ombre chère, un souvenir où je me plais
Et qui m’attriste et, sur mes jours, l’odeur des myrtes
D’un vieil automne et le parfum des roses mortes.
Cheveux légers, chair douce aux lèvres de l’amour
Et qu’orgueilleux j’aimais à regarder dormir,
Vous ; et l’air tiède, avec votre grâce apparue
Et ma peine, balance aux murs de la mairie
Dans une odeur de buis et de trèfle incarnat,
Grévy, ta redingote, et ton habit, Carnot.