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La Vie nouvelle/Chapitre XLII

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La Vita Nuova (La Vie nouvelle) (1292)
Traduction par Maxime Durand-Fardel.
Fasquelle (p. 116-117).


CHAPITRE XLII


Puis deux nobles dames me firent prier de leur envoyer quelques-uns de mes vers. Et moi, voyant qui elles étaient, je me proposai de le faire et de leur envoyer quelque chose de nouveau que je leur adresserais pour répondre d’une manière honorable à leur prière. Je fis donc un sonnet qui exprimait l’état de mon esprit, accompagné du précédent, avec un autre qui commençait par Venite a intendere[1]. Voici ce sonnet.

Bien au delà de la sphère qui parcourt la plus large évolution[2]
Monte le soupir qui sort de mon cœur.
Une intelligence nouvelle que l’Amour
En pleurant met en lui le pousse tout en haut.
Quand il est arrivé là où il aspire
Il voit une femme qui est l’objet de tant d’honneur
Et brille d’une telle lumière

Qu’elle fascine et attire ce souffle errant.
Il la voit si grande que, lorsqu’il me le redit,
Je ne le comprends pas, tant il parle subtilement
Au cœur souffrant qui le fait parler.
Mais je sais, moi, que c’est de cette charmante créature qu’il parle,
Car il me rappelle souvent le nom de Béatrice,
De sorte, chères Dames, que je le comprends alors[3].



  1. Venite a intendere i miei sospiri… (Voir le sonnet du ch. XXIII.)
  2. Oltre la spera che più larga gira… C’est la sphère la plus élevée et la plus rapprochée de l’Empyrée, c’est-à-dire le sommet de la fin de l’Univers.
  3. Commentaire du ch. XLII.