Lausanne à travers les âges/Commerce/08

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Collectif
Librairie Rouge (p. 184-186).


VIII


Société industrielle et commerciale. — Chambre de Commerce.

Pour sauvegarder les intérêts du commerce et de l’industrie a été fondée à Lausanne, au mois d’avril 1859, une association qui a pris pour titre : Société industrielle et commerciale du Canton de Vaud et dont le but était défini comme suit dans ses premiers statuts :

« La Société a pour but de s’occuper des intérêts généraux du commerce et de l’industrie du pays, et particulièrement de la législation, des institutions, des garanties et de la protection du commerce et de l’industrie ; elle provoque les mesures et améliorations jugées utiles, au besoin elle prend l’initiative de ces mesures. »

Le désir de voir le commerce et l’industrie se développer dans notre pays trouva immédiatement de nombreux partisans qui vinrent se joindre aux initiateurs et collaborer avec eux à la réussite de leur entreprise. La Société industrielle et commerciale prit rapidement une grande extension, étudia toutes les questions économiques, fit de nombreux rapports, élabora plusieurs projets de loi, fonda plusieurs institutions, entre autres : l’Union vaudoise du crédit, la Caisse d’épargne et de crédit pour les ouvriers, la Société des jeunes commerçants, la Société d’assurance mutuelle vaudoise contre les accidents ; elle créa, en 1898, l’Union vaudoise du commerce et de l’industrie. Cette Union permit de grouper d’autres sociétés similaires existant dans le canton. Elle compte aujourd’hui onze sections. L’Union a, à sa tête, une Chambre de Commerce, dont le siège est à Lausanne, avec un secrétariat permanent analogue à ceux qui fonctionnent depuis plusieurs années à Zurich, Bâle, Genève, etc. Cette institution a permis de créer un lien solide entre les sociétés industrielles et commerciales du canton, de coordonner leur action et de réaliser, en un mot, le vieil adage : « L’union fait la force. »

La Société des jeunes commerçants a été fondée en 1873. Dans l’esprit de ses fondateurs, elle était destinée à stimuler l’activité des jeunes employés de commerce et d’administration. Elle n’a jamais dévié de cette ligne de conduite ; aussi a-t-elle pris un très grand développement : elle compte aujourd’hui plus de 800 sociétaires. Elle a pour but le développement intellectuel de ses membres dans toutes les branches de la carrière commerciale et l’étude de questions concernant la situation de l’employé et de l’apprenti de commerce ; elle organise des cours commerciaux qui réunissent un grand nombre d’élèves.

Citons encore au nombre des sociétés s’occupant des intérêts généraux du commerce : l’Association des commerçants lausannois, fondée en 1891, qui a pour but de faire respecter la bonne foi commerciale et de lutter contre la concurrence déloyale. Cette Société déploie une grande activité, qui s’est manifestée dernièrement, par la création d’un service d’escompte pour favoriser la vente au comptant. Elle groupe déjà plus de 280 maisons et 8000 consommateurs. L’avenir est plein de promesses. Lausanne, sans doute, ne deviendra jamais une cité industrielle, c’est plutôt vers le commerce que doivent tendre ses efforts ; on peut déjà entrevoir, à cet égard, des perspectives encourageantes. Au premier plan nous plaçons la question de l’établissement d’une gare aux marchandises dans la vallée du Flon. L’autorité municipale travaille activement à résoudre ce problème.

Une gare aux marchandises dans la vallée du Flon, c’est-à-dire presque au centre de la ville, sera pour les négociants un élément nouveau et important de prospérité. Une ligne, à traction électrique probablement, reliera la vallée du Flon à la gare de Renens. Les commerçants et industriels trouveront tout le long de cette voie des emplacements peu coûteux pour l’installation de leurs dépôts et magasins. De plus, l’emplacement sera suffisamment vaste pour que Lausanne n’ait plus rien à envier, sous ce rapport, à Genève, Bâle ou Lucerne.

Il a fallu la perspective de l’ouverture du tunnel du Simplon pour donner à Lausanne cette impulsion qui se manifeste dans tous les domaines. On peut prévoir, en effet, que le commerce de transit va se développer beaucoup, non seulement avec l’Italie, mais aussi avec la France et les pays du Nord. Elle s’y prépare, afin d’être en mesure de faire face à toutes les exigences et de bénéficier des voies nouvelles qui vont s’ouvrir devant elle.

C’est dans ce but que le Conseil communal unanime, sur la proposition de la municipalité, a décidé le 30 janvier 1906 de demander au gouvernement de faire des démarches en vue de la création à Lausanne d’une succursale de la Banque nationale suisse ; et le Grand Conseil vaudois, dans son ordre du jour du 22 février, a décidé de les appuyer. L’enquête ouverte à ce sujet a démontré les sentiments de solidarité qui existent entre Lausanne et les autres communes du canton.

Eug FAILLETTAZ
Secrétaire de la Société industrielle et commerciale.


Place de Saint-François.