Le Bedeau

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H. Fournier (1pp. 181-182).


LE BEDEAU


Air : Sens devant derrière, sens dessus dessous


Pauvre bedeau ! métier d’enfer !
La grand’messe aujourd’hui me damne.
Pour me régaler du plus cher,
Au beau coin m’attend dame Jeanne.
Voici l’heure du rendez-vous ;
Mais nos prêtres s’endorment tous.
Ah ! Maudit soit notre curé !
Je vais, sacristie !
Manquer la partie.
Jeanne est prête et le vin tiré.
Ite, missa est, Monsieur le curé !

Nos enfants de chœur, j’en réponds,
Devinent ce qui me tracasse.
Dépêchez-vous, petits fripons,
Ou vous aurez des coups de masse.
Chantres, c’est du vin à dix sous :
Chantez pour moi comme pour vous.
Mais maudit soit notre curé !
Je vais, sacristie !
Manquer la partie.
Jeanne est prête et le vin tiré.
Ite, missa est, Monsieur le curé !


Notre suisse, allongez le pas ;
Surtout faites ranger ces dames.
La quête ne finira pas :
Le vicaire lorgne les femmes.
Ah ! si la gentille Babet
Pour se confesser l’attendait !
Mais maudit soit notre curé !
Je vais, sacristie !
Manquer la partie.
Jeanne est prête et le vin tiré.
Ite, missa est, Monsieur le curé !

Curé, songez à la saint-Leu :
Ce jour-là vous dîniez en ville.
Quel train vous nous meniez, morbleu !
On passa presque l’Évangile.
En faveur de votre bedeau
Sautez la moitié du Credo.
Mais maudit soit notre curé !
Je vais, sacristie !
Manquer la partie.
Jeanne est prête et le vin tiré.
Ite, missa est, Monsieur le curé !