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Le Borussia frégate cuirassée allemande

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LE BORUSSIA
FRÉGATE CUIRASSÉE ALLEMANDE.

L’amirauté allemande vient d’entreprendre la construction de trois bâtiments cuirassés : le Grosser Kurfüst, le Friedrich der Grosser et le Borussia, d’un type semblable au Monarch anglais, Les deux premiers seront construits dans les arsenaux de Wilhemshaven et de Kiel ; le dernier sera livré par la compagnie Vulcain, dont les chantiers de construction sont à Bredow près Stettin.

Ce navire devant avoir un tonnage cinq fois plus considérable que ceux construits jusqu’à présent par la même compagnie, les directeurs ont été obligés d’augmenter leur outillage et leurs moyens d’exécution dans une grande proportion. Le peu de profondeur de l’Oder empêchera la mise en place de la cuirasse, elle ne sera établie en partie qu’à Stettin, où l’on peut faire flotter des navires d’un tirant d’eau de 4m,60.

L’achèvement de la cuirasse se fera à Kiel par les soins de l’arsenal ; la compagnie Vulcain aura donc à fournir : la coque du navire, les deux tourelles, l’aménagement intérieur, les chambres, les installations diverses pour l’équipage, les magasins, la mise eu place du teck, etc., ainsi que la mâture en fer et les machines.

Les dessins pour la construction de ce navire ont été préparés par l’amirauté impériale à Berlin. Le Borussia est un navire à tourelles qui aura 94 mètres de longueur entre perpendiculaires, 97 mètres de longueur extrême, 16m,30 de largeur et 10m,61 de creux depuis le pont supérieur jusqu’à la quille. Le déplacement du navire complètement armé sera de 6 748 tonnes. Le tirant d’eau moyen du navire en charge sera de 7m,21.

Un réduit central cuirassé est surmonté par deux tourelles dont la hauteur au-dessus du pont supérieur est de 1m,88 ; ce réduit casematé est séparé de l’avant et de barrière du navire par deux cloisons transversales dont les plaques ont 13 centimètres d’épaisseur. L’avant et l’arrière ne sont cuirassés que jusqu’à la flottaison : la partie la plus forte des plaques a 25 centimètres d’épaisseur, elle se réduit à 12 centimètres à la partie extrême, à 1m,90 au-dessous de la flottaison. Le renfort en teck a 27 centimètres, la tôle intérieure 16 millimètres, et celle destinée aux parties en dehors du réduit a 9 millimètres d’épaisseur.

Les deux tourelles dont les sabords seront à 4m,09 au-dessus de la ligne de flottaison en charge, ont un diamètre de 8m,15 ; chacune d’elles sera armée de deux canons de 26 centimètres du dernier modèle, et sera manœuvrée soit par une petite machine à vapeur à haute pression à 2 cylindres d’un diamètre de 215 millimètres, avec une course égale au diamètre, soit à la main. Les plaques ont 215 millimètres d’épaisseur, celles qui portent les sabords ont 26 centimètres ; elles sont renforcées par 21 centimètres de teck.

Deux canons de 17 centimètres sont placés, l’un sur l’avant du navire, l’autre sur une plate forme qui sera élevée par-dessus les tourelles. La cheminée est placée entre les deux tourelles et se trouve ainsi protégée contre les feux de l’ennemi venant de l’avant ou de l’arrière ; les murailles du réduit les mettent à l’abri des feux du travers. La partie centrale de la batterie au-dessous du pont supérieur occupe une longueur de 27m,60, outre les cloisons blindées. Dans cet espace se trouvent les bases des tourelles, leurs machines, la cheminée et son enveloppe, une roue de combat, les portes donnent accès aux soutes à munitions ; ces dernières sont placées dans la partie la plus basse du navire.

Les chambres pour le capitaine, les officiers et les élèves, les différentes tables, la salle de bain, les bouteilles, sont situées sur l’arrière du réduit ; la partie avant du navire sert au logement de l’équipage, à la manœuvre des ancres, des cabestans, etc.

La plus glande partie de l’espace au-dessous du réduit est occupée par la machine, les chaudières et les soutes à charbon : les cloisons des soutes sont étanches ainsi que les portes qui y donnent accès. Les soutes à poudre et à obus sont entièrement entourées par les soutes à charbon, elles sont divisées par des cloisons étanches dont l’intérieur est garni de teck ; elles peuvent au besoin être noyées sans que les munitions soient avariées.

Les instructions générales stipulent que les matières employées pour la construction doivent être de la meilleure qualité ; la résistance du navire sera considérable relativement au faible poids de la coque. Selon le désir exprimé par le gouvernement allemand, tout le fer nécessaire à la construction de ces navires sera fourni par l’industrie nationale. Le navire sera construit à double fond avec des cellules étanches. La quille se compose de deux feuilles de tôle horizontales reliées entre elles par une troisième feuille verticale de 1m,17 de hauteur, à l’aide de fortes cornières.

Dans le sens longitudinal, le navire porte quatre compartiments étanches, deux de chaque bord. Le premier a une largeur de 90 centimètres environ ; la cloison du second compartiment laisse un espace d’environ 1m,50 pour la surveillance des diverses parties du navire pendant un combat.

Transversalement, onze cloisons divisent le navire en douze tranches étanches ; un tuyau principal de 30 centimètres de diamètre, avec des embranchements communiquant avec chaque tranche, vient déboucher sous une pompe spéciale du système Downton ; quatre autres pompes manœuvrables à la main sont placées à des endroits divers dans la batterie, elles sont destinées à épuiser l’eau d’un ou de plusieurs compartiments. Un distillateur Normanby est placé dans la chambre des machines, une chaudière spéciale est affectée à son usage.

En outre des deux roues pour la manœuvre de la barre, un appareil hydraulique du système Englefield est appliqué pour le même effet. Deux cabestans servent pour les ancre, celui de l’arrière se meut à la main ; celui de l’avant est mû par une machine à vapeur. Le navire a une mâture complète de frégate ; les mâts sont disposés de manière à pouvoir servir de ventilateurs. La machine est à trois cylindres ; l’appareil évaporatoire se compose de six chaudières placées longitudinalement par groupe de trois de chaque bord ; chacune d’elles a cinq foyers.