Le Chêne (Icres)

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LE CHÊNE


À Eugène Le Mouël


Le tronc en est creusé par l’âge et par les vers,
Et, parmi les buissons et les ronces voisines,
Il engendre, dans ses malfaisantes gésines,
L’ortie, et la cigüe et les champignons verts.

Et c’est là dans les trous profonds de ses racines,
— Lorsque les lourds midis ruissellent au travers
De l’enchevêtrement des fourrés entr’ouverts, —
Que s’accouplent, en paix, les guivres assassines…


Ce chêne, voyez-vous, a plus de deux mille ans :
Il a jadis nourri les hommes de ses glands,
Et les Druides longtemps ont vénéré son ombre.

Il est vivace et fier, malgré tout, et les nids
Des piverts et des geais s’abritent en grand nombre
Dans ses rameaux tout pleins de concerts infinis.