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Le Crépuscule des Nymphes, suivi de Lectures antiques/Le Crépuscule des Nymphes/15

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Slatkine reprints (p. 193-198).





PINDARE

LES DOUZIÈMES PYTHIONIKÉES
À MIDAS AKRAGANTIN
JOUEUR DE FLÛTE



Strophe I


Je te prie, ô toi qui aimes la beauté, ô la plus belle des villes mortelles, demeure de Perséphona ! toi qui habites une colline bien bâtie au bord de l’Akragas où broutent les brebis, ô Dominatrice[1], favorable et avec la bienveillance des immortels et des hommes, reçois cette couronne obtenue à Pytho[2] par Midas glorieux et (accueille) Midas lui-même qui a vaincu la Hellas dans l’art qu’autrefois Pallas Athêna inventa pour tresser (un chant de flûte) au chant de deuil funeste des impudentes Gorgones,


Strophe II

— ce (thrêne) qu’elle entendit s’épancher avec un effort douloureux sous les terribles têtes des Serpents des Vierges, quand Perseus tua l’une des trois Sœurs en portant le trépas chez les peuples de Sériphos (île), dans la mer. — En vérité il aveugla la race monstrueuse de Phorkos, puis il demanda compte à Polydektês pour la misérable nourriture, l’esclavage perpétuel et le lit forcé de sa mère, en brandissant la tête de Medoïça aux belles joues,


Strophe III

— lui, le fils de Danaa, qui naquit, dit-on, d’un ruissellement d’or. Quand la vierge[3] eut arraché à ces périls l’homme qu’elle aimait, elle créa le chant innombrable des flûtes pour imiter avec un instrument les cris stridents qui s’échappaient des mâchoires grelottantes d’Euryala. — Une déesse inventa ; mais elle a donné aux hommes de posséder ce qu’elle appelait le Chant des Têtes Multiples, pour qu’il fût glorieux dans les Jeux qui attirent le peuple,


Strophe IV

— en passant par le bronze mince, et les roseaux qui croissent dans la cité callichore des Grâces, dans le bois sacré de la Kaphisis[4] où ils sont les témoins fidèles des chœurs qui dansent. — S’il est des jouissances chez les hommes, sans effort elles n’apparaissent point, et peut-être aujourd’hui le destin va les anéantir ; car ce qui est marqué pour la mort ne peut être évité. Il viendra, cet instant qui, jetant la désespérance, tout au contraire de nos desseins donnera ou ne donnera pas.

  1. Il s’adresse à la divinité d’Akragas (Agrigente).
  2. Delphes.
  3. Athêna.
  4. Orkhomène et le lac Kopaïs.