Le Diable aux champs/2/Scène 14

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Calmann Lévy (p. 101-102).



SCÈNE XIV


Dans la cour du prieuré


Les Précédents, ANTOINE.

MAURICE. — Oh ! oh ! vous montez ce cheval-là ? Je le connais, il est vigoureux ?

MYRTO. — Il n’est pas mauvais. Est-ce que Diane le monte ?…

MAURICE. — Madame de Noirac ? Je ne crois pas.

MYRTO. — En ce cas, je suis donc meilleure écuyère qu’elle ?… Vous voulez me donner le pied ?… non, non ? Antoine, ne tenez pas la bride, je la tiens ; je ne crains pas cette bête-là, j’en ai gouverné de pires. Bonsoir, messieurs !

(Elle part au grand trot.)

MAURICE, au domestique qui la suit. — Antoine, qu’est-ce que c’est donc que cette dame-là ?

ANTOINE, riant. — Ma foi, monsieur, j’ai reçu un louis pour me taire… et je ne sais rien.

(Il part.)

DAMIEN. — Collé !

MAURICE. — Refermons les portes, et allons nous chauffer. Il fait un froid de loup.

EUGÈNE. — Que diable signifie cette apparition ?

DAMIEN. — Ça ? c’est une péronnelle. Elle est jolie !

MAURICE. — Qui sait ? c’est aussi bien une lionne !

EUGÈNE. — C’est encore plus crâne que celle de Noirac !

MAURICE. — Allons conter cela au père Jacques. Il nous aidera dans nos commentaires.