Le Mespris de la vie et consolation contre la mort/« Comme la rouille au fer, la pourriture au bois »

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Le Mespris de la vie et consolation contre la mort
Le Mespris de la vie et consolation contre la mortNicolas de Moinge (p. 68).
LXXXVII.


Comme la roüille au fer, la pourriture au bois
S'engendre & se nourrit, à toute chose nee
Regne, Empire, Cité, la cause est ordonnee
De trespasser un jour, & finir quelque-fois

Ce que de grand, de beau, & de riche tu vois
Endure de tout tems sa fin determinee,
Et courra en tout tems à sa mort destinee
Poussant au mesme but les Princes, & les Roys.

Comme de tout costé les profondes rivieres
Vont coulant, & roulant dans les eaus marinieres
Ainsi par le canal de tant de changement

Coulent au dernier point les choses de ce monde,
Mais ce terme dernier, est la mort vagabonde
Qui par divers moyens nous jette au monument.