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Le Mirage perpétuel/LES PAYSAGES/Rhodes

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Librairie Paul Ollendorff (p. 47-48).


RHODES



Forteresse qu’entoure un formidable mur,
Porte de l’Orient, séculaire gardienne
D’honneur chevaleresque et de la foi chrétienne,
Rhodes, bouquet de pierre au milieu de l’azur !

D’autres auraient voulu que tu fusses austère
Comme un symbole de sagesse et de raison,
Vierge, et les yeux au loin fixés sur l’horizon,
Redresseuse de torts toujours prête à la guerre,


Mais le ciel et la mer sont de telle douceur
Que s’amollit ici le cœur le plus farouche,
Vois cette femme avec une fleur à la bouche,
Et sous son voile ces longs yeux pleins de langueur…

La ville est un jardin qui refleurit sans cesse,
Que de verdure qui déborde des remparts,
Et dans cet air léger flottant de toutes parts,
Que de parfums mêlés à de vagues caresses !