Le Moblot

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Quel est le fou ?Henry Oriol, éditeur (p. 129-130).

LE MOBLOT


Air :


Jeunesse héroïque,
Arme ton flingot.
Pour la République
En avant, moblot !

Le maire et le garde champêtre
Disaient : Les rouges sont des loups.
Vous, moutons, ne songez qu’à paître.
Notre berger veille sur nous.

Jeunesse héroïque,
Arme ton flingot.
Pour la République
En avant, moblot !

Notre berger n’était qu’un lâche.
Le vieux Judas nous a trahis.
La République a pris sa tâche ;
On va détendre le pays.

Jeunesse héroïque,
Arme ton flingot.
Pour la République
En avant, moblot !


La République, c’est nous autres.
Les richards et les indigents,
Tous ceux qui s’arment sont des nôtres :
Les gens braves, les braves gens !

Jeunesse héroïque,
Arme ton flingot.
Pour la République
En avant, moblot !

Nous n’étions rien dans ces querelles.
Après Sedan, c’était réglé.
Pourquoi, comme des sauterelles,
Fondent-ils sur nos champs de blé ?

Jeunesse héroïque,
Arme ton flingot.
Pour la République
En avant, moblot !

Si nos villes leur sont soumises,
Si ces casqués sont les plus forts,
Ils prendront nos sœurs, nos promises.
Ah ! ce jour-là nous serons morts.

Jeunesse héroïque,
Arme ton flingot.
Pour la République
En avant, moblot !


1879