Le Nouveau Testament (Martin, 1861)/Épître de Saint Paul, apôtre, à Tite/texte entier

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ÉPÎTRE DE SAINT PAUL, APÔTRE,

À TITE.

CHAP. I.

Des qualités et de la conduite des pasteurs, et du caractère des Crétois.


PAUL, serviteur de Dieu, et apôtre de Jésus-Christ, selon la foi des élus de Dieu, et la connaissance de la vérité, qui est selon la piété ;

2 sous l’espérance de la vie éternelle, laquelle Dieu, qui ne peut mentir, avait promise avant les temps éternels ;

3 mais qu’il a manifestée en son propre temps, savoir sa parole, dans la prédication qui m’est commise par le commandement de Dieu notre Sauveur ;

4 à Tite, mon vrai fils, selon la foi qui nous est commune ; que la grâce, la miséricorde et la paix te soient données de la part de Dieu, notre Père, et de la part du Seigneur Jésus-Christ, notre Sauveur.

5 La raison pour laquelle je t’ai laissé en Crète, c’est afin que tu achèves de mettre en bon ordre les choses qui restent à régler, et que tu établisses des anciens de ville en ville, suivant ce que je t’ai ordonné ;

6 ne choisissant aucun homme qui ne soit irrépréhensible, mari d’une seule femme, et dont les enfans soient fidèles, et qui ne soient pas accusés de dissolution, ni désobéissans.

7 Car il faut que l’évêque soit irrépréhensible, comme étant dispensateur dans la maison de Dieu, non adonné à son sens, non colère, non sujet au vin, non batteur, non convoiteux d’un gain déshonnête ;

8 mais hospitalier, aimant les gens de bien, sage, juste, saint, continent ;

9 retenant ferme la parole de la vérité comme elle lui a été enseignée, afin qu’il soit capable tant d’exhorter par la saine doctrine, que de convaincre les contredisans.

10 Car il y en a plusieurs qui ne veulent point se soumettre, vains discoureurs et séducteurs d’esprit, principalement ceux qui sont de la circoncision, auxquels il faut fermer la bouche.

11 Et qui renversent les maisons toutes entières, enseignant pour un gain déshonnête des choses qu’on ne doit point enseigner.

12 Quelqu’un d’entre eux, qui était leur propre prophète, a dit : Les Crétois sont toujours menteurs, de mauvaises bêtes, des ventres paresseux.

13 Ce témoignage est véritable ; c’est pourquoi reprends-les vivement, afin qu’ils soient saints en la foi ;

14 ne s’adonnant point aux fables judaïques, et aux commandemens des hommes qui se détournent de la vérité.

15 Toutes choses sont bien pures pour ceux qui sont purs ; mais rien n’est pur pour les impurs et les infidèles ; mais leur entendement et leur conscience sont souillés.

16 Ils font profession de connaître Dieu, mais ils le renoncent par leurs œuvres ; car ils sont abominables, et rebelles, et réprouvés par toute bonne œuvre.

CHAP. II.

Règles de l’obéissance à la grâce salutaire pour divers états.


MAIS toi, enseigne les choses qui conviennent à la saine doctrine.

2 Que les vieillards soient sobres, graves, prudens, saints en la foi, en la charité, et en la patience.

3 De même, que les femmes âgées règlent leur extérieur d’une manière convenable à la sainteté ; qu’elles ne soient ni médisantes, ni sujettes à beaucoup de vin, mais qu’elles enseignent de bonnes choses ;

4 afin qu’elles instruisent les jeunes femmes à être modestes, à aimer leurs maris, à aimer leurs enfans ;

5 à être sages, pures, gardant la maison, bonnes, soumises à leurs maris, afin que la parole de Dieu ne soit point blasphémée.

6 Exhorte aussi les jeunes hommes à être modérés ;

7 te montrant toi-même pour modèle de bonnes œuvres en toutes choses, en une doctrine exempte de toute altération, en gravité, en intégrité,

8 en paroles saines, que l’on ne puisse point condamner, afin que celui qui vous est contraire soit rendu confus, n’ayant aucun mal à dire de vous.

9 Que les serviteurs soient soumis à leurs maîtres, leur complaisant en toutes choses, n’étant point contre-disans ;

10 ne détournant rien de ce qui appartient à leurs maîtres, mais faisant toujours paraître une grande fidélité, afin de rendre honorable en toutes choses la doctrine de Dieu notre Sauveur.

11 Car la grâce de Dieu, salutaire à tous les hommes, a été manifestée.

12 Nous enseignant qu’en renonçant à l’impiété et aux passions mondaines, nous vivions, dans ce présent siècle, sobrement, justement et religieusement.

13 En attendant la bienheureuse espérance, et l’apparition de la gloire du grand Dieu, et notre Sauveur Jésus-Christ ;

14 qui s’est donné soi-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de nous purifier, pour lui être un peuple qui lui appartienne en propre, et qui soit zélé pour les bonnes œuvres.

15 Enseigne ces choses, exhorte et reprends avec toute autorité de commander. Que personne ne te méprise.

CHAP. III.

De s’appliquer à la bénignité de Dieu et aux bonnes œuvres, sans contestation.


AVERTIS-les d’être soumis aux principautés et aux puissances, d’obéir aux gouverneurs, d’être prêts à faire toutes sortes de bonnes actions ;

2 de ne médire de personne, de n’être point querelleurs ; mais doux, et montrant une parfaite douceur envers tous les hommes.

3 Car nous étions aussi autrefois insensés, rebelles, égarés, asservis à diverses convoitises et voluptés ; vivant dans la malice et dans l’envie, dignes d’être haïs, et nous haïssant l’un l’autre.

4 Mais quand la bonté de Dieu notre Sauveur, et son amour envers les hommes ont été manifestés, il nous a sauvés ;

5 non par des œuvres de justice que nous eussions faites, mais selon sa miséricorde, par le baptême de la régénération, et le renouvellement du Saint-Esprit ;

6 lequel il a répandu abondamment en nous par Jésus-Christ, notre Sauveur ;

7 afin qu’ayant été justifiés par sa grâce, nous soyons les héritiers de la vie éternelle selon notre espérance.

8 Cette parole est certaine et je veux que tu affirmes ces choses, afin que ceux qui ont cru en Dieu, aient soin les premiers de s’appliquer aux bonnes œuvres ; voilà les choses qui sont bonnes et utiles aux hommes.

9 Mais réprime les folles questions, les généalogies, les contestations et les disputes de la loi ; car elles sont inutiles et vaines.

10 Rejette l’homme hérétique, après le premier et le second avertissement.

11 Sachant qu’un tel homme est perverti, et qu’il péche, étant condamné par lui-même.

12 Quand j’enverrai vers toi Artémas, ou Tychique, hâte-toi de venir vers moi à Nicopolis ; car j’ai résolu d’y passer l’hiver.

13 Accompagne soigneusement Zénas, docteur de la loi, et Apollos, afin que rien ne leur manque.

14 Que les nôtres aussi apprennent à être les premiers à s’appliquer aux bonnes œuvres, pour les usages nécessaires, afin qu’ils ne soient point sans fruit.

15 Tous ceux qui sont avec moi te saluent. Salue ceux qui nous aiment en la foi. Que la grâce soit avec vous tous ! Amen.