Le Pays des délices

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
chez Pierre Mortier, Libraire (p. 152-168).
Caumont - Les Fées contes des contes page152 illustration.png


LE PAYS
DES DELICES.


CONTE.


UN Roy eut une fille belle en toute perfection ; elle devint amoureuſe d’un brave Cavalier, fils d’un Roy, ennemi de ſon pere : & comme elle jugea bien qu’une telle inclination ne ſeroit pas approuvée, elle la cacha ſoigneuſement, & réſolut d’épouſer ſon Amant en ſecret.

Bientôt aprés elle ſe trouva groſſe ; elle craignit la fureur du Roy & pour elle & pour ſon enfant. Elle feignit d’être indiſpoſée, & veritablement elle l’étoit : mais elle ſuppoſa un autre mal. Elle ſe tenoit enfermée dans ſon appartement, ſe laiſſant peu voir, & allant avec une ſeule Confidente ſe promener dans ſon jardin, au pied duquel étoit une belle riviere.

La Princeſſe étoit fort en peine du ſoin de l’enfant qui naîtroit ; elle n’en voulut confier la deſtinée à perſonne, & elle réſolut de l’abandonner aux Dieux.

Elle donna la naiſſance à un Prince plus beau que l’Amour ; & aprés avoir arroſé ſon viſage de ſes larmes, la neceſſité la forçant, elle le fit mettre bien proprement dans un Berceau de bois de la Chine du plus beau lac du monde : elle orna ce cher Enfant de joyaux & de langes précieux, & commanda à ſa Confidente de l’expoſer ſur la riviere.

Cette riviere ſe jettoit dans la mer. Le Berceau y fut porté avec rapidité, & il s’arrêta heureuſement dans les filets d’un Pêcheur, qui ſurpris & ravi d’une rencontre ſi miraculeuſe, accüeillit ce bel Enfant, le fit nourrir par ſa femme & s’enrichit de ſes dépoûilles.

Il nomma ce Prince Miracle, & l’éleva avec beaucoup de ſoin, mais ſelon la groſſiereté de la profeſſion.

Il devint grand, fi bien formé, & ſi beau, qu’il meritoit d’avoir un autre theâtre que les bords de la mer, & un autre exercice que celuy de Pêcheur.

Il étoit inceſſamment avec ſes filets ou avec ſa ligne & ſes hameçons : mais il portoit des yeux bien plus capables de prendre des cœurs, que tout ce qu’il employoit pour prendre des poiſſons.

Il approchoit de ſa vingtiéme année, & ne connoiſſant que ſon métier, un inſtinct naturel luy faiſoit imaginer qu’il y avoit quelque choſe de meilleur à faire pour luy ; quand un matin qu’il avoit toute ſa pêche étalée au bord de la mer, il eut aſſez d’appetit pour vouloir déjeûner de quelques huîtres qu’il avoit priſes.

Elles étoient excellentes en ces quartiers là, & il s’en faut bien que celles d’Angleterre ayent un goût ſi exquis. Le Prince en mangea raiſonnablement ; & en prenant une plus grande que les autres, comme il l’eut dans ſa main, & qu’il portoit le coûteau, elle s’entr’ouvrit d’elle même, & il en ſortit une voix qui le fit trembler. Eh, mon pauvre Miracle, luy diſoit cette voix, ne m’ouvres pas, ne me détruis point, reſpectes mon écaille qui eſt ſi belle & ſi polie !

Le Prince s’effraya, & il penſa laiſſer tomber l’huître. Ne vous étonnez pas, luy dit-elle, conſervez-moy la vie, & donnez-moy la liberté ; rentrez dans vôtre barque, & voguez auprés de ce grand rocher qui eſt à deux cent pas d’icy, j’y fais ma demeure, je veux que vous m’y remettiez, je vous promets une belle récompenſe.

Miracle étoit humain, il ſauta legerement dans ſon petit vaiſſeau, tenant toûjours l’huître merveilleuſe. Mais qui vous a donné la faculté de la parole, luy dit il ? Enfin mon fils, réprit elle, ce ſont de grandes merveilles, il ne vous importe de les ſavoir ; qu’il vous ſuffiſe que je vous rendray dans peu un homme incomparable : je ne vous demande que quinze jours, pendant leſquels vous me viendrez voir. Vous étes beau à charmer, vous avez la taille d’un Heros. Je vous apprendray toutes les ſciences qu’un grand Prince doit ſavoir. Vous étes Prince auſſi, ne croyez pas être le fils d’un miſerable Pêcheur ; auſſi vous veux-je rendre digne de regner, & vous regnerez ſi vous vous abandonnez à ma conduite : poſez moy là, voilà mon Palais. Adieu, jeune Miracle, juſqu’à demain.

On peut croire que Miracle fut bien ſurpris de tant de choſes étonnantes ; il ne dormit gueres de toute la nuit, & au point du jour, ſans conſiderer ſi l’huître, joüifſoit encore des douceurs du ſommeil, il s’embarqua & va à ſon rocher, il l’appela avec toute l’inconſideration d’un jeune homme impatient. Il ſortit quelque éclat brillant d’une concavité du rocher, l’huître parut.

Pour abreger mon Conte, je diray qu’il la fut voir quinze jours de ſuite, & au bout de ce temps-là il fut le plus ſavant, le plus poli & le plus galant Prince du monde. Il avoit honte de ſe reſſouvenir de ſon premier état, & il pria l’huître de le conduire aux grandes avantures.

Mon fils, luy dit-elle, je veux par mes conſeils vous faire acquerir un Royaume, & vous rendre poſſeſſeur de la plus charmante Princeſſe qui fut jamais : mais la conquête de l’un & de l’autre ſe doit faire d’une maniere toute ſinguliere.

Écoutez-moy, ; il y a dans l’Univers un pays qu’on appelle le Pays des Delices, vous ne l’avez pas vû quand je vous ay montré la Geographie, il n’eſt point ſur la Carte, c’eſt un myſtere que cela.

Vous comprenez bien par le nom de ce pays, qu’il a toutes les beautez enſemble ; laiſſez aller vôtre imagination, elle demeurera encore bien au deſſous, & ne ſauroit paſſer à tous les charmes qui compoſent cet agreable Empire.

La Souveraine de ces lieux charmans ſe nomme Faveur ; elle nâquit des deux plus parfaits Amans qui euſſent jamais été. Cet Empire n’eſt gueres peuplé, ſes habitans ſont ſemblables aux Dieux, la Princeſſe eſt divine. Ce pays eſt une preſqu’Iſle ; il n’eſt ſeparé de celuy des Avances que par une muraille de lait qui atteint juſqu’aux cieux. Il ſemble que ce n’eſt rien : mais s’eſt tout pourtant ; & le bronze & le fer ne ſont pas plus forts ; les oiſeaux même n’ont point de communication d’un Royaume à l’autre.

Il y a une Princeſſe auſſi dans les Avances, & qui les fait toutes, pour decevoir ceux qui aſpirent à aborder dans le Pays des Delices. On n’y va que par mer. Cette Princeſſe a un faux air de Faveur, & bien des gens ſe contentent d’elle, croyant que c’eſt Faveur.

La mer qui entoure preſque tout le Pays des Delices, eſt toute pleine d’Avanturiers qui cherchent ſes heureux bords : mais il eſt trés-difficile d’y avoir entrée, & peu de ceux qui ont le bonheur d’y arriver y font un long ſéjour.

Prenez, continua l’huître, cet habit qui eſt moins ſuperbe que galant, il eſt attaché à cette branche de coral. Voilà des lignes & des hameçons, & dans ce vaſe d’ambre gris vous trouverez vôtre nourriture. Mettez tout cela dans vôtre petite barque, & la laiſſez aller, elle s’arrêtera quand il en ſera temps, & lorſque je vous croiray heureux je vous iray voir. Adieu, mon fils.

L’huître rentra dans le rocher, & le beau Miracle s’ajuſta de ſon habit, prit ſon vaſe & ſes lignes, & laiſſa aller ſa barque au gré des vents & de la fortune.

Aprés quelques jours de trajet, un matin à ſon réveil il luy ſembla que l’air qn’il reſpiroit étoit plus pur que de coûtume. Il apperçût la terre, une terre qui cauſa quelque émotion à ſon cœur ; les arbres en étoient hauts & verds ; mille oiſeaux d’un plumage rare, & dont le chant étoit harmonieux, faiſoient retentir tout le rivage. Mais quel aſpect Miracle n’apperçût-il pas ſur la mer ! Il vit de loin une ſuperpe Flote, où il ſçût depuis que c’étoit un puiſſant Empereur, qui fit d’inutiles efforts pour aborder dans le Pays des Delices, Il vit des Navires magnifiques qui firent auſſi peu de progrés. Il remarqua dans quelques Vaiſſeaux beaucoup de Dames voilées qui ne purent aborder, & qui étoient incognito. Il remarqua une quantité innombrable d’hommes bien faits qui tentoient vainement la deſcente dans ce charmant pays.

Eh ! que feray je moy, s’écria le Prince Miracle ? Comment, ſeul ! Et de quelle maniere entrerois-je dans un pays où je deſire déja ſi paſſionnément d’être.

Sa barque tourna d’elle même ; & prenant un chemin particulier, il fut encore un jour à voguer : & laiſſant enfin tous ces vaiſſeaux, il s’en offroit peu à ſa vûe, quand ſa barque s’arrêta dans un endroit ſolitaire & trés-agréable. Miracle ne ſavoit s’il mettroit pied à terre, & s’il oſeroit deſcendre dans ce pays charmant. Il ajuſta ſes hameçons, & s’amuſa à pêcher, en attendant qu’il eût pris ſa reſolution : & comme il étoit de la ſorte, un petit bruit luy fit tourner la tête : il apperçût entre quelques arbres une perſonne ſi charmante, que par un preſſentiment trop vray , il ne manqua pas à la prendre pour Faveur. C’étoit elle auſſi qui ſe promenoit ainſi ſolitaire.

Si vous n’étes pas une Déeſſe, luy dit le Prince, vous devez être Faveur. Je ſuis celle que vous dites, réprit elle, avec un ſoûris charmant : Mais, agréable Pêcheur, continua-t-elle, avez-vous fait quelque belle priſe ? Jettez un peu vôtre ligne. Le Prince luy obéït, tout interdit, & quand il la retira, ſes hameçons étoient tous chargez de pierreris les plus rares, & les mieux miſes en œuvre. Faveur en fut ébloüie, le Prince en fut étonné ; il les jetta aux pieds de la Princeſſe, & s’y élançant en même temps : J’aſpire à d’autres tréſors, luy dit-il, & depuis que je ſuis frapé de l’éclat de vos charmes, je ne puis aimer que vous.

Bien d’autres m’aiment, luy répondit la Princeſſe ; je ne puis me donner qu’au plus fidele, on l’eſt un temps, mais on ne l’eſt pas toûjours : voilà pourquoy perſonne ne me poſſede qu’imparfaitement. C’eſt toûjours beaucoup que d’entrer dans le Pays des Delices ; vous y étes, craignez de n’y pas demeurer longtemps.

Diſant ces paroles elle s’avança pour s’en aller. Le Prince la voulut ſuivre : Je ne ſaurois demeurer avec vous, luy dit-elle. Elle partit ; & le Prince la voulant retenir, un de ſes rubans luy reſta dans la main, & ſa courſe fut ſi prompte & fi preciptée, que demeurant tout épouvanté, ſans qu’il luy fût poſſible de faire un pas : Legere Faveur, s’écria-t-il, vous vous envolez bien vîte, je vous perds au moment que je vous ay.

À ces paroles il ſe trouva dans une barque, & quoy qu’il pût faire, il luy fut impofſible de regagner aucun Port.

Ce n’étoit pas la même barque qui l’avoit conduit dans ce climat, elle étoit plus propre & plus commode : il y avoit une petite chambre avec un lit, afin qu’il pût ſe repoſer quand la fantaiſie luy en prendroit. Deux jeunes garçons la conduiſoient, & avoient le ſoin de donner à Miracle ce qui luy étoit neceſſaire : il avoit tous les jours un habit neuf, choſe eſſentielle pour plaire à la plûpart des Dames.

Le Prince le ſavoit bien, auſſi prenoit-il un grand ſoin de ſe parer.

Il fut long-temps à ne faire que voir le Royaume des Delices, & à deſirer la charmante Faveur, mais c’étoit tout. Il ne pouvoit prendre terre, il crut y aborder, & c’étoit le Royaume des Avances. La Reine étoit ſur le Port ; de loin il la prit pour Faveur ; il vola à elle, & il n’y trouva aucun empêchement. Elle le reçût de la maniere la plus obligeante, & à laquelle il s’attendoit le moins.

Il fut trés-étonné quand il connut ſa mépriſe. Ah ! ce n’eſt pas la divine Faveur, dit-il, tout hors de luy. Avance fut piquée, mais ce n’étoit pas ſon caractere de rebuter les gens ; elle alla pour Miracle juſques à la baſſeſſe, elle ne le toucha point. Elle avoit un certain air qui paroiſſoit quelquefois trés-charmant ; à la voir de certain côté elle étoit trés-agreable, mais par d’autres elle étoit rebutante : elle ne plaiſoit gueres aux perſonnes d’un goût ſenſible & délicat.

Le Prince Miracle quitta bientôt le pays & la Reine ; il regagna ſa petite barque, & dés le lendemain il reçut un nœud d’épée de la part de la Reine des Avances : elle continua les jours ſuivans à l’accabler, & non pas à le ſatisfaire.

Il cherchoit toûjours quelque entrée favorable au Pays des Delices, & comme cela arrive ſouvent, il s’y trouva lors qu’il s’y attendoit le moins. Il ne vit qu’un peuple charmant, jeune & beau : les uns étoient gais, les autres ſous des airs froids renfermoient les plus delicieux contentemens. Il n’y avoit pas beaucoup d’habitans naturels, & il étoit rare que les étrangers ſi fiſſent un long ſéjour. La terre produiſoit d’elle-même ſans le ſecours de l’art ; il n’y avoit aucune ſorte d’ouvriers : de grands Magaſins de tout ce qu’on pouvoit deſirer ſe trouvoient dans ce beau Pays. On n’y voyoit point de Villes, mais de magnifiques Palais, avec des Jardins d’une beauté extraordinaire. Miracle ne put aborder celuy de Faveur, il y avoit bien des gardes à paſſer ; celles des Careſſes étoient à la porte de ſon appartement.

Il fut bien logé, comme on le peut croire : mais il ne voyoit Faveur que de loin. Il s’étonnoit de ſentir un Printemps éternel dans ce charmant Pays : mais on luy dit que, comme la plus aimable choſe du monde qui ſeroit toûjours ennuyeroit horriblement l’eſprit & l’humeur de l’homme, aimant la diverſité, il y avoit dans pluſieurs endroits du Pays un chaud exceffif, & dans d’autres un grand froid , & cela pour contenter les voluptueux. Le jeune Miracle voulut y aller. Quand il commença à ſentir le chaud, il vit au bord des forêts ou dans des prairies des tentes ſuperbes où l’on pouvoit goûter la fraîcheur. Des rivieres d’eau de ſenteur offroient un bain agreable, & tout ce que l’imagination humaine a inventé de vif & de delicat s’y trouvoit.

Au lieu où le froid dominoit il y avoit de grandes Places publiques où l’on donnoit divers ſpectacles, des Palais fort beaux où l’on faiſoit des bals ; des appartemens particuliers, avec de bons feux de bois d’Aloës & de Calambour : les bougies qui éclairoient étoient faites de ces gommes précieuſes qui ſont ſeulement en Arabie, & l’on baſſinoit les lits avec une legere braiſe de grains de Coriandre.

On ne craignoit point les vapeurs dans ce Pays-là, la cauſe en étoit inconnüe.

Enfin le beau Miracle s’approcha de Faveur, & elle luy fit enviſager qu’elle ſe donneroit à ſa perſeverance, s’il continuoit dans une maniere ſi propre à perſuader ſa fidelité.

Il fut peu avec elle ; & contraint encore une fois à regagner ſa petite-barque, il erra long-temps, & les Châteaux en Eſpagne qu’il faiſoit étoient ſa ſeule conſolation.

L’Huître favorable qui l’avoit aidé juſques-là n’étoit pas une Huître ordinaire ; elle avoit la même origine de Venus, elle nâquit au même moment & de la même ſorte : elle regnoit ſur la Mer comme la Déeſſe ſur la Terre, & elle étoit toute puiſſante auprés de ſa Sœur. Elle aimoit Miracle, qu’elle regardoit comme un enfant des Eaux, & qu’elle vouloit rendre heureux : elle diſpoſa tout en ſa faveur.

Il rentra dans le Pays des Delices, tout luy rit à cette fois. Tous les habitans venoient au devant de luy avec des chapeaux de roſes ſur leurs têtes, jettant des fleurs ſur ſon paſſage ; & parfumant ſon chemin comme on faiſoit autrefois au grand Alexandre. Il n’étoit pas tout à fait ſi grand que luy, mais il fut plus heureux.

Mille ſons charmans s’élevoient juſques aux Cieux, quand au travers d’une foule de peuple agreable il apperçut la Caleche de Faveur. Voicy de quelle maniere étoit ſon équipage.

Cette Caleche étoit doublée d’une magnifique étoffe jaune piquée, matelaſſée, & pleine des plus rares odeurs. Le Cinamome des Anciens n’y étoit pas oublié, les rideaux étoient de peaux d’Eſpagne, attachez avec des cordons jaunes & argent : par cette couleur on voit bien que la Princeſſe devoit être brune. Les glaces du côté étoient d’un ſeul diamant, il n’y en avoit point devant, parce que l’Amour étoit le Cocher, & que rien ne doit ſeparer Faveur de l’Amour. La Joüiſſance étoit auprés de ce Dieu, habillée en Eſclave ; car il la tient ſouvent pour telle, quoi qu’il tient tout d’elle. Huit beaux chevaux poudrez de poudre de Chypre traînoient l’Amour & ſa ſuite ; l’Heure du Berger ſervoit de poſtillon, & les Plaiſirs procedoient & ſuivoient cette Caleche admirable. Faveur y étoit aſſiſe, elle s’appuyoit un peu ſur la Modeſtie qui étoit prés d’elle ; les Graces étoient aux portieres, & la plus jolie entre ſes genoux.

Tout ce brillant équipage s’arrêta devant l’aimable Miracle ; la Modeſtie luy ceda ſa place, & Faveur fut à luy par le commandement de l’Amour. Il nâquit des fruits charmans d’une union ſi deſirée. Le Prince fut tout le reſte de ſa vie heureux, toûjours dans les delices, & toûjours comblé de Faveurs.

Il mourut dans une grande vielleſſe, & ſa vie ne luy parut qu’un moment à l’heure de ſa mort.

Faveur ſe devoit à d’autres ; elle fait la felicité des Mortels.

    Heureux qui peut vous obtenir,
Faveur, priſe d’un cœur fidele & tendre,
    Vous vous faites long-temps attendre,
Et bien malaiſément on peut vous retenir.