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Le Pays des fourrures/Partie 2/Chapitre 10

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Hetzel (p. 293-301).

CHAPITRE X.

le courant du kamtchatka.


On peut facilement imaginer l’accueil qui fut fait à la jeune Kalumah par les habitants du fort. Pour eux, c’était comme si le lien rompu avec le reste du monde se renouait. Mrs. Mac Nap, Mrs. Raë et Mrs. Joliffe lui prodiguèrent leurs caresses. Kalumah, ayant tout d’abord aperçu le petit enfant, courut à lui et le couvrit de ses baisers.

La jeune Esquimaude fut vraiment touchée des hospitalières façons de ses amis d’Europe. Ce fut à qui lui ferait fête. On fut enchanté de savoir qu’elle passerait tout l’hiver à la factorerie, car l’année, trop avancée déjà, ne lui permettait pas de retourner aux établissements de la Nouvelle-Georgie.

Mais si les habitants du Fort-Espérance se montrèrent très agréablement surpris par l’arrivée de la jeune indigène, que dut penser Jasper Hobson, quand il vit apparaître Kalumah au bras de Mrs. Paulina Barnett ? Il ne put en croire ses yeux. Une pensée subite, qui ne dura que le temps d’un éclair, traversa son esprit, — la pensée que l’île Victoria, sans qu’on s’en fût aperçu, et en dépit des relèvements quotidiens, avait atterri sur un point du continent.

Mrs. Paulina Barnett lut dans les yeux du lieutenant Hobson cette invraisemblable hypothèse, et elle secoua négativement la tête.

Jasper Hobson comprit que la situation n’avait aucunement changé, et il attendit que Mrs. Paulina Barnett lui donnât l’explication de la présence de Kalumah.

Quelques instants plus tard, Jasper Hobson et la voyageuse se promenaient au pied du cap Bathurst, et le lieutenant écoutait avidement le récit des aventures de Kalumah.

Ainsi donc, toutes les suppositions de Jasper Hobson s’étaient réalisées ! Pendant la tempête, cet ouragan, qui chassait du nord-est, avait rejeté l’île errante hors du courant ! Dans cette horrible nuit du 30 au 31 août, l’icefield s’était rapproché à moins d’un mille du continent américain ! Ce n’était point le feu d’un navire, ce n’était point le cri d’un naufragé qui frappèrent à la fois les yeux et les oreilles de Jasper Hobson ! La terre était là, tout près, et, si le vent eût soufflé une heure de plus dans cette direction, l’île Victoria eût heurté le littoral de l’Amérique russe !

Et, à ce moment, une saute de vent, fatale, funeste, avait repoussé l’île au large de la côte ! L’irrésistible courant l’avait reprise dans ses eaux, et, depuis lors, avec une vitesse excessive que rien ne pouvait enrayer, poussée par ces violentes brises du sud-est, elle avait dérivé jusqu’à ce point dangereux, situé entre deux attractions contraires, qui toutes deux pouvaient amener sa perte et celle des infortunés qu’elle entraînait avec elle !

Pour la centième fois, le lieutenant et Mrs. Paulina Barnett s’entretinrent de ces choses. Puis, Jasper Hobson demanda si des modifications importantes du territoire s’étaient produites entre le cap Bathurst et la baie des Morses.

Mrs. Paulina Barnett répondit qu’en certaines parties le niveau du littoral semblait s’être abaissé et que les lames couraient là où naguère le sol était au-dessus de leur atteinte. Elle raconta aussi l’incident du cap Esquimau, et fit connaître la rupture importante qui s’était produite en cette portion du rivage.

Rien n’était moins rassurant. Il était évident que l’icefield, base de l’île, se dissolvait peu à peu, que les eaux relativement plus chaudes en rongeaient la surface inférieure. Ce qui s’était passé au cap Esquimau pouvait à chaque instant se produire au cap Bathurst. Les maisons de la factorerie pouvaient à chaque heure de la nuit ou du jour s’engouffrer dans un abîme, et le seul remède à cette situation, c’était l’hiver, cet hiver avec toutes ses rigueurs, cet hiver qui tardait tant à venir !

Le lendemain, 4 septembre, une observation faite par le lieutenant Hobson démontra que la position de l’île Victoria ne s’était pas sensiblement modifiée depuis la veille. Elle demeurait immobile entre les deux courants contraires, et, en somme, c’était maintenant la circonstance la plus heureuse qui pût se présenter.

« Que le froid nous saisisse ainsi, que la banquise nous arrête, dit Jasper Hobson, que la mer se solidifie autour de nous, et je regarderai notre salut comme assuré ! Nous ne sommes pas à deux cents milles de la côte en ce moment, et, en s’aventurant sur les icefields durcis, il sera possible d’atteindre soit l’Amérique russe, soit les rivages de l’Asie. Mais l’hiver, l’hiver à tout prix et en toute hâte ! »

Cependant, et d’après les ordres du lieutenant, les derniers préparatifs de l’hivernage s’achevaient. On s’occupait de pourvoir à la nourriture des animaux domestiques pour tout le temps que durerait la longue nuit polaire. Les chiens étaient en bonne santé et s’engraissaient à ne rien faire, mais on ne pouvait trop en prendre soin, car les pauvres bêtes auraient terriblement à travailler, lorsqu’on abandonnerait le Fort-Espérance pour gagner le continent à travers le champ de glace. Il importait donc de les maintenir dans un parfait état de vigueur. Aussi la viande saignante, et principalement la chair de ces rennes qui se laissaient tuer aux environs de la factorerie, ne leur fut-elle point ménagée.

Quant aux rennes domestiques, ils prospéraient. Leur étable était convenablement installée, et une récolte considérable de mousses avait été emménagée à leur intention dans les magasins du fort. Les femelles fournissaient un lait abondant à Mrs. Joliffe, qui l’employait journellement dans ses préparations culinaires.

Le caporal et sa petite femme avaient aussi refait leurs semailles, qui avaient si bien réussi pendant la saison chaude. Le terrain avait été préparé avant les neiges pour les plants d’oseille, de cochléarias et du thé du Labrador. Ces précieux antiscorbutiques ne devaient pas manquer à la colonie.

Quant au bois, il remplissait les hangars jusqu’au faîtage. L’hiver rude et glacial pouvait maintenant venir et la colonne de mercure geler dans la cuvette du thermomètre, sans qu’on fût réduit, comme à l’époque des derniers grands froids, à brûler le mobilier de la maison. Le charpentier Mac Nap et ses hommes avaient pris leurs mesures en conséquence, et les débris provenant du bateau en construction fournirent même un notable surcroît de combustible.

Vers cette époque, on prit déjà quelques animaux qui avaient revêtu leur fourrure hivernale, des martres, des visons, des renards bleus, des hermines. Marbre et Sabine avaient obtenu du lieutenant l’autorisation d’établir quelques trappes aux abords de l’enceinte. Jasper Hobson n’avait pas cru devoir leur refuser cette permission, dans la crainte d’exciter la défiance de ses hommes, car il n’avait aucun prétexte sérieux à faire valoir pour arrêter l’approvisionnement des pelleteries. Il savait pourtant bien que c’était une besogne inutile, et que cette destruction d’animaux précieux et inoffensifs ne profiterait à personne. Toutefois, la chair de ces rongeurs fut employée à nourrir les chiens et on économisa ainsi une grande quantité de viande de rennes.

Tout se préparait donc pour l’hivernage, comme si le Fort-Espérance eût été établi sur un terrain solide, et les soldats travaillaient avec un zèle qu’ils n’auraient pas eu, s’ils avaient été mis dans le secret de la situation.

Pendant les jours suivants, les observations, faites avec le plus grand soin, n’indiquèrent aucun changement appréciable dans la position de l’île
Kalumah, ayant aperçu le petit enfant, le couvrit de baisers (p. 293).
Victoria. Jasper Hobson, la voyant ainsi immobile, se reprenait à espérer. Si les symptômes de l’hiver ne s’étaient encore pas montrés dans la nature inorganique, si la température se maintenait toujours à quarante-neuf degrés Fahrenheit, en moyenne (9° centigr. au-dessus de zéro), on avait signalé quelques cygnes qui, s’enfuyant vers le sud, allaient chercher des climats plus doux. D’autres oiseaux, grands volateurs, que les longues traversées au-dessus des mers n’effrayaient pas, abandonnaient peu à peu les rivages de l’île. Ils savaient bien que le continent américain ou le continent asiatique, avec leur température moins âpre, leurs territoires plus hospitaliers, leurs ressources de toutes sortes, n’étaient pas loin,
Le lieutenant leur attacha au cou u billet en toile gommée… (p. 297).

et que leurs ailes étaient assez puissantes pour les y porter. Plusieurs de ces oiseaux furent pris, et, suivant le conseil de Mrs. Paulina Barnett, le lieutenant leur attacha au cou un billet en toile gommée, sur lequel étaient inscrits la position de l’île errante et les noms de ses habitants. Puis on les laissa prendre leur vol, et ce ne fut pas sans envie qu’on les vit se diriger vers le sud.

Il va sans dire que cette opération se fit en secret et n’eut d’autres témoins que Mrs. Paulina Barnett, Madge, Kalumah, Jasper Hobson et le sergent Long.

Quant aux quadrupèdes emprisonnés dans l’île, ils ne pouvaient plus, eux, aller chercher dans les régions méridionales leurs retraites accoutumées de l’hiver. Déjà, à cette époque de l’année, après que les premiers jours de septembre s’étaient écoulés, les rennes, les lièvres polaires, les loups eux-mêmes, auraient dû abandonner les environs du cap Bathurst, et se réfugier du côté du lac du Grand-Ours ou du lac de l’Esclave, bien au-dessous du Cercle polaire. Mais cette fois, la mer leur opposait une infranchissable barrière, et ils devaient attendre qu’elle se fût solidifiée par le froid, afin d’aller retrouver des régions plus habitables. Sans doute, ces animaux, poussés par leur instinct, avaient essayé de reprendre les routes du sud, mais, arrêtés au littoral de l’île, ils étaient, par instinct aussi, revenus aux approches du Fort-Espérance, près de ces hommes, prisonniers comme eux, près de ces chasseurs, leurs plus redoutables ennemis d’autrefois.

Le 5, le 6, le 7, le 8 et le 9 septembre, après observation, on ne constata aucune modification dans la position de l’île Victoria. Ce vaste remous, situé entre les deux courants, dont elle n’avait point abandonné les eaux, la tenait stationnaire. Encore quinze jours, trois semaines au plus de ce statu quo, et le lieutenant Hobson pourrait se croire sauvé.

Mais la mauvaise chance ne s’était pas encore lassée, et bien d’autres épreuves surhumaines, on peut le dire, attendaient encore les habitants du Fort-Espérance !

En effet, le 10 septembre, le point constata un déplacement de l’île Victoria. Ce déplacement, peu rapide jusqu’alors, s’opérait dans le sens du nord.

Jasper Hobson fut atterré ! L’île était définitivement prise par le courant du Kamtchatka ! Elle dérivait du côté de ces parages inconnus où se forment les banquises ! Elle s’en allait vers ces solitudes de la mer polaire, interdites aux investigations de l’homme, vers les régions dont on ne revient pas !

Le lieutenant Hobson ne cacha point ce nouveau danger à ceux qui étaient dans le secret de la situation. Mrs. Paulina Barnett, Madge, Kalumah, aussi bien que le sergent Long, reçurent ce nouveau coup avec résignation.

« Peut-être, dit la voyageuse, l’île s’arrêtera-t-elle encore ! Peut-être son mouvement sera-t-il lent ! Espérons toujours… et attendons ! L’hiver n’est pas loin, et, d’ailleurs, nous allons au-devant de lui. En tout cas, que la volonté de Dieu s’accomplisse !

— Mes amis, demanda le lieutenant Hobson, pensez-vous que je doive prévenir nos compagnons ? Vous voyez dans quelle situation nous sommes, et ce qui peut nous arriver ! N’est-ce pas assumer une responsabilité trop grande que de leur cacher les périls dont ils sont menacés ?

— J’attendrais encore, répondit sans hésiter Mrs. Paulina Barnett. Tant que nous n’avons pas épuisé toutes les chances, il ne faut pas livrer nos compagnons au désespoir.

— C’est aussi mon avis », ajouta simplement le sergent Long.

Jasper Hobson pensait ainsi, et il fut heureux de voir son opinion confirmée dans ce sens.

Le 11 et le 12 septembre, le déplacement vers le nord fut encore plus accusé. L’île Victoria dérivait avec une vitesse de douze à treize milles par jour. C’était donc de douze à treize milles qu’elle s’éloignait de toute terre, en s’élevant dans le nord, c’est-à-dire en suivant la courbure très sensiblement accusée du courant du Kamtchatka sur cette haute latitude. Elle n’allait donc pas tarder à dépasser ce soixante-dixième parallèle qui traversait autrefois la pointe extrême du cap Bathurst, et au-delà duquel aucune terre, continentale ou autre, ne se prolongeait dans cette portion des contrées arctiques.

Jasper Hobson, chaque jour, reportait le point sur sa carte, et il pouvait voir vers quels abîmes infinis courait l’île errante. La seule chance, la moins mauvaise, c’était qu’on allait au-devant de l’hiver, ainsi que l’avait dit Mrs. Paulina Barnett. À dériver ainsi vers le nord, on rencontrerait plus vite, avec le froid, les eaux glacées qui devaient peu à peu accroître et consolider l’icefield. Mais si alors les habitants du Fort-Espérance pouvaient espérer de ne plus s’engloutir en mer, quel chemin interminable, impraticable peut-être, ils auraient à faire pour revenir de ces profondeurs hyperboréennes ? Ah ! si l’embarcation, tout imparfaite qu’elle était, eût été prête, le lieutenant Hobson n’eût pas hésité à s’y embarquer avec tout le personnel de la colonie ; mais, malgré toute la diligence du charpentier, elle n’était point achevée et ne pouvait l’être avant longtemps, car Mac Nap était forcé d’apporter tous ses soins à la construction de ce bateau auquel devait être confiée la vie de vingt personnes, et cela dans des mers très dangereuses.

Au 16 septembre, l’île Victoria se trouvait de soixante-quinze à quatre-vingts milles au nord, depuis le point où elle s’était immobilisée pendant quelques jours entre les deux courants du Kamtchatka et de la mer de Behring. Mais alors des symptômes plus fréquents de l’approche de l’hiver se produisirent. La neige tomba souvent, et parfois en flocons pressés. La colonne mercurielle s’abaissa peu à peu. La moyenne de la température, pendant le jour, était encore de quarante-quatre degrés Fahrenheit (6 à 7° centigr. au-dessus de zéro), mais pendant la nuit elle tombait à trente-deux degrés (zéro du thermomètre centigrade). Le soleil traçait une courbe excessivement allongée au-dessus de l’horizon. À midi, il ne s’élevait plus que de quelques degrés, et il disparaissait déjà pendant onze heures sur vingt-quatre.

Enfin, dans la nuit du 16 au 17 septembre, les premiers indices de glace apparurent sur la mer. C’étaient de petits cristaux isolés, semblables à une sorte de neige, qui faisaient tache à la surface de l’eau limpide. On pouvait remarquer, suivant une observation déjà reproduite par le célèbre navigateur Scoresby, que cette neige avait pour effet immédiat de calmer la houle, ainsi que fait l’huile que les marins « filent » pour apaiser momentanément les agitations de la mer. Ces petits glaçons avaient une tendance à se souder, et ils l’eussent fait certainement en eau calme ; mais les ondulations des lames les brisaient et les séparaient dès qu’ils formaient une surface un peu considérable.

Jasper Hobson observa avec une extrême attention la première apparition de ces jeunes glaces. Il savait que vingt-quatre heures suffisaient pour que la croûte glacée, accrue par sa partie inférieure, atteignît une épaisseur de deux à trois pouces, épaisseur qui suffisait déjà à supporter le poids d’un homme. Il comptait donc que l’île Victoria serait avant peu arrêtée dans son mouvement vers le nord.

Mais jusqu’alors, le jour défaisait le travail de la nuit, et si la course de l’île était ralentie pendant les ténèbres par quelques pièces plus résistantes qui lui faisaient obstacle, pendant le jour, ces glaces, fondues ou brisées, n’enrayaient plus sa marche, qu’un courant, remarquablement fort, rendait très rapide.

Aussi le déplacement vers les régions septentrionales s’accroissait-il sans que l’on pût rien faire pour l’arrêter.

Au 21 septembre, au moment de l’équinoxe, le jour fut précisément égal à la nuit, et, à partir de cet instant, les heures de nuit s’accrurent successivement aux dépens des heures du jour. L’hiver arrivait visiblement, mais il n’était ni prompt, ni rigoureux. À cette date, l’île Victoria avait déjà dépassé de près d’un degré le soixante-dixième parallèle, et, pour la première fois, elle éprouva un mouvement de rotation sur elle-même que Jasper Hobson évalua environ à un quart de circonférence.

On conçoit alors quels furent les soucis du lieutenant Hobson. Cette situation, qu’il avait essayé de cacher jusqu’alors, la nature menaçait d’en dévoiler le secret, même aux moins clairvoyants. En effet, par suite de ce mouvement de rotation, les points cardinaux de l’île étaient changés. Le cap Bathurst ne pointait plus vers le nord, mais vers l’est. Le soleil, la lune, les étoiles, ne se levaient plus et ne se couchaient plus sur l’horizon habituel, et il était impossible que des gens observateurs, tels que Mac Nap, Raë, Marbre et d’autres, ne remarquassent pas ce changement qui leur eût tout appris.

Mais, à la grande satisfaction de Jasper Hobson, ces braves soldats ne parurent s’apercevoir de rien. Le déplacement, par rapport aux points cardinaux, n’avait pas été considérable, et l’atmosphère, très souvent embrumée, ne permettait pas de relever exactement le lever et le coucher des astres.

Mais ce mouvement de rotation parut coïncider avec un mouvement de translation plus rapide encore. Depuis ce jour, l’île Victoria dériva avec une vitesse de près d’un mille à l’heure. Elle remontait toujours vers les latitudes élevées, s’éloignant de toute terre. Jasper Hobson ne se laissait pas aller au désespoir, car il n’était pas dans son caractère de désespérer, mais il se sentait perdu, et il demandait l’hiver, c’est-à-dire le froid à tout prix.

Cependant, la température s’abaissa encore. Une neige abondante tomba pendant les journées des 23 et 24 septembre, et, s’ajoutant à la surface des glaçons que le froid cimentait déjà, elle accrut leur épaisseur. L’immense plaine de glace se formait peu à peu. L’île, en marchant, la brisait bien encore, mais sa résistance augmentait d’heure en heure. La mer se prenait tout autour et jusqu’au-delà des limites du regard.

Enfin, l’observation du 27 septembre prouva que l’île Victoria, emprisonnée dans un immense icefield, était immobile depuis la veille ! Immobile par 177°22’de longitude et 77°57’de latitude, — à plus de six cents milles de tout continent !