Les Gaietés/Le Petit Bossu

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Les GaietésAux dépens de la Compagnie (p. 39-41).


LE PETIT BOSSU.

Air : Tu n’auras pas, petit polisson.


Petit bossu, noir et tortu,
Qui me bécottes
Et frippes mes cottes,
Petit bossu, noir et tortu,
De me baiser finiras-tu ?

C’est le plus laid des sapajous,
Mais ses trésors point ne tarissent,
Et ses doigts crochus m’éblouissent,
Tant ils sont chargés de bijoux.
Petit bossu, etc.

Ma taille devrait l’étonner ;
Je suis grande, il en sera dupe ;

Ma foi, s’il se perd sous ma jupe,
Nous le ferons tambouriner.
Petit bossu, etc.

Mais entre ses dents, le furet,
A pris le bas de ma chemise ;
Sur le bord du lit il m’a mise
Et grimpe sur un tabouret.
Petit bossu, etc.

Il me promet force cadeaux ;
À son nez pourtant je le raille,
Et ris de voir sur la muraille
La silhouette de son dos.
Petit bossu, etc.

En dépit de ses madrigaux,
Je ressemble, je l’imagine,
À ces beaux vases de la Chine
Qui pour couvercle ont des magots.
Petit bossu, etc.

Quelle est ma surprise aujourd’hui !
Dans ce nain je trouve un Hercule ;
Faut-il qu’il soit si ridicule
D’avoir du plaisir avec lui !
Petit bossu, etc.

Quoi ! dix fois ! ah ! l’on s’en défend.
Peste ! il est bien temps que je pense

Qu’il pourrait, à sa ressemblance,
Me faire un singe pour enfant.
Petit bossu, noir et tortu,
Qui me bécottes
Et frippes mes cottes,
Petit bossu, noir et tortu,
De me baiser finiras-tu ?