Le Salut par les Juifs/Chapitre 8

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Joseph Victorion et Cie (p. 29-32).

VIII


Jusqu’à ce jour, la parfaite justice d’en haut ou d’en bas continuera d’exiger impérieusement qu’on l’exècre en le vomissant. Rigoureusement, je sais bien que les Israélites peuvent être appelés nos « frères », — au même titre, j’en ai peur, que les plantes ou les animaux dénommés ainsi par le séraphique saint François, qui ne s’est jamais trompé. Mais les aimer comme tels est une proposition qui révolte la nature. C’est le surfaste miraculeux de la sainteté la plus transcendante ou l’illusion d’une religiosité imbécile.

Il n’a pas fallu moins que l’autorité d’un des Douze pour certifier qu’ « Élie fut semblable à nous », car ce prophète qui eut le Feu pour serviteur, paraît avoir été beaucoup plus qu’un homme ; mais les Juifs nés ou à naître depuis la Grand’Messe du premier Vendredi Saint ne peuvent jamais être nos semblables.

Leur chair triste, réfractaire à tout mélange pendant un si grand nombre de siècles, nous avertit surabondamment de leur prodigieux état d’exception dans l’humanité.

C’est la Souche, malgré tout, de Notre Seigneur Jésus-Christ, réservée par conséquent, inarrachable, immortelle, — effroyablement ébranchée, sans doute, au lendemain du solennel « Crucifigatur », mais intacte en son support et dont les racines adhèrent au plus profond des entrailles de la Volonté divine.

C’est pour cela qu’ils sont tous imperturbablement identiques et si complètement résorbés dans la personne extérieure de leurs paniques vieillards. Les haillons noirs et la puanteur sénile n’y changent absolument rien, et c’est parce que je voyais avec précision tous les millionnaires contemporains, mâles ou femelles, qui font l’orgueil de nos synagogues parfumées, dans les trois carcasses mentionnées plus haut, qu’elles m’impressionnèrent si durablement.

L’histoire des Juifs barre l’histoire du genre humain comme une digue barre un fleuve, pour en élever le niveau. Ils sont immobiles à jamais et tout ce qu’on peut faire c’est de les franchir en bondissant avec plus où moins de fracas, sans aucun espoir de les démolir.

On l’a suffisamment essayé, n’est-ce pas ? et l’expérience d’une soixantaine de générations est irrécusable. Des maîtres à qui rien ne résistait entreprirent de les effacer. Des multitudes inconsolables de l’Affront du Dieu vivant se ruèrent à leur tuerie. La Vigne symbolique du Testament de Rédemption fut infatigablement sarclée de ces parasites vénéneux ; et ce peuple disséminé dans vingt peuples, sous la tutelle sans merci de plusieurs milliers de princes chrétiens, accomplit, tout le long des temps, son destin de fer qui consistait simplement à ne pas mourir, à préserver toujours et partout, dans les rafales ou dans les cyclones, la poignée de boue merveilleuse dont il est parlé dans le saint Livre et qu’il croit être le Feu divin[1].

Cette nuque de désobéissants et de perfides, que Moïse trouvait si dure, a fatigué la fureur des hommes comme une enclume d’un métal puissant qui userait tous les marteaux. L’épée de la Chevalerie s’y est ébréchée et le sabre finement trempé du chef musulman s’y est rompu aussi bien que le bâton de la populace.

Il est donc bien démontré que rien n’est à faire, et, considérant ce que Dieu supporte, il convient, assurément, à des âmes religieuses de se demander une bonne fois, sans présomption ni rage imbécile et face à face avec les Ténèbres, si quelque mystère infiniment adorable ne se cache pas, après tout, sous les espèces de l’ignominie sans rivale du Peuple Orphelin condamné dans toutes les assises de l’Espérance, mais qui, peut-être, au jour marqué, ne sera pas trouvé sans pourvoi.

  1. Machabées, Livre II, ch. 1.