Le Second Livre de la jungle/Angutivun Tina

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Traduction par Louis Fabulet et Robert d’Humières.
Société du Mercure de France (p. 270-271).


ANGUTIVUN TINA


Ceci est une traduction très libre de la Chanson du Retour du Chasseur, telle que les hommes la chantent après la chasse au phoque. Les Inuit répètent toujours les choses indéfiniment.


Nos gants sont raides de sang gelé,
Nos peaux de neige grise ;
Le phoque, le phoque on l’a rapporté
Du bord de la banquise !

Au jana ! Aua ! Oha ! Haq !
Les chiens fendent la bise,
Nous rentrons — les longs fouets font ; clic clac
Du bord de la banquise !

Nous avons traqué le phoque jusqu’à
Sa retraite surprise.
Notre œil tint la cloche qu’il marqua
Au bord de la banquise !

Harpon levé ! Le phoque vient au bord.
Frappe bas ! Bonne prise !
Ainsi fut-il joué, mis à mort,
Au bord de la banquise !

Nos gants se collent de sang gelé,
Nos cils de neige grise ;
Nous reverrons nos femmes, rentrés
Du bord de la banquise !

Au jana ! Aua ! Oha ! Haq !
Les chiens fendent la bise,
Les femmes nous ont hélés déjà
Au bord de la banquise.