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Le Temple (Gilkin)

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La NuitLibrairie Fischbacher (Collection des poètes français de l’étranger) (p. 228).
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LE TEMPLE



C’est un temple d’onyx, funèbre et colossal,
Cachant dans les forêts ses masses chaotiques ;
Des dragons de fer rouge en gardent les portiques,
Qu’ils voilent de vapeurs d’encens et de santal.

Nul profane n’en peut franchir le seuil fatal.
La mort veille sur les grands secrets dogmatiques
Ensevelis au fond des caveaux despotiques
Où l’éternel Savoir fond le Bien et le Mal.

Mais dans le plus obscur réduit du sanctuaire
Une rose fleurit, qui jaillit de la pierre,
Si belle, ô fleur d’Hermès, que l’on meurt en l’aimant.

Et dans l’épaisse nuit de la crypte profonde
Les prêtres et les rois méditent savamment
Les calembours sacrés qui font aller le monde.