Les Gaietés/Le Tour de Ronde

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Les Gaietés Aux dépens de la Compagnie (pp. 52-53).


LE TOUR DE RONDE.

Air : R’li, r’ian, tambour battant.


Vot’ caporal a fait sa ronde.
Mon commandant, zil est minuit.
Sus l’rempart j’ai trouvé tout l’monde,
Mais sachez c’qu’on y fait sans bruit :
Vous êtes curieux ; j’ai d’la malice
Et j’fil’tout l’long des parapets,
R’li, r’lan,
Pour voir si l’on fait bien l’service,
Et si j’pouvons dormir en paix.

D’abord j’découvrons, sans lunettes,
Suzon, qu’j’entret’nais proprement ;
Dans un coin ell’ tient les baguettes
Des deux tambours du régiment.
De leur caisse ell’ ferait l’office ;
Et j’fil’ tout l’long des parapets,
R’li, r’lan, etc.

Plus loin, j’trouvons madam’ vot’ mère
Sous not’ aumônier Goupillon.
J’dis : Vous bouchez un’ brèch’, not’ père,
Par où pass’rait zun bataillon.

Craignez encor qu’l’enn’mi n’s’y glisse ;
Et j’fil’ tout l’long des parapets,
R’li, r’lan, etc.

Dans l’quartier de l’artillerie,
La manœuvre s’fait joliment.
J’voyons un’ pièce bien servie,
Et j’la r’connaissons au mouv’ment…
C’est ma femme qu’est en exercice…
Et j’fil’ tout l’long des parapets,
R’li, r’lan, etc.

Mon commandant, j’vous vois sourire,
Mais près du château v’là qu’j’entends
Une douc’ voix qui disait : « Tire !
« Apprends donc la charge en douz’ temps ! »
C’est vot’ femm’ qui dresse un jeun’ Suisse ;
Et j’fil’ tout l’long des parapets,
R’li, r’lan,
J’vois qu’partout on fait bien l’service,
Et que j’pouvons dormir en paix.