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Le Voyageur (Armand Silvestre)

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Les Ailes d’or : poésies nouvelles, 1878-1880Bibliothèque-Charpentier (p. 79-80).

LE VOYAGEUR

Voyageur, où vas-tu, marchant
Dans l’or vibrant de la poussière ?
— Je m’en vais au soleil couchant,
Pour m’endormir dans la lumière.

Car j’ai vécu n’ayant qu’un Dieu,
L’astre qui luit et qui féconde,
Et c’est dans son linceul de feu
Que je veux m’en aller du monde !

— Voyageur, presse donc le pas :
L’astre vers l’horizon décline…
— Que m’importe, j’irai plus bas
L’attendre au pied de la colline.

Et lui montrant mon cœur ouvert,
Saignant de son amour fidèle,
Je lui dirai : J’ai trop souffert :
Soleil ! emporte-moi loin d’elle !