Le dit des rues de Paris/Texte

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Texte établi par Edgar MareuseLibrairie Générale (p. 31-116).
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LE DIT
des
RUES DE PARIS





Maint dit a fait de roys, de conte
Guillot de Paris en ſon conte ;
Les rues de Paris briément
A mis en rime. Oiez comment.






Quartier d’Outre-Petit-Pont




La rue de la Huchete[1] à Paris
Première, dont pas n’a meſpris.
Aſes toſt trouva Sacalie[2],

Et la petite Bouclerie[3],
Et la grant Bouclerie[4] après,
Et Hérondale[5] tout en près.
En la rue Pavée[6] alé,
Où a maint viſage halé :

La rue à l’Abé Saint-Denis.[7]
Siet aſes près de Saint-Denis,
De la Grant rue Saint-Germain
Des Prez[8] ſi fait rue Cauvain[9]
Et puis la rue Saint-Andri[10].
Dehors mon chemin s’eſtendi

Juſques en la rue Poupée[11].
Adonc ai ma voie adrecée,
En la rue de la Barre[12] vins,
Et en la rue à Poitevins[13],
En la rue de la Serpent[14],
De ce de riens ne me repent ;
En la rue de la Platrière[15],

La maint une Dame loudière
Qui maint chapel a fait de fueille.
Par la rue de Haute feulle[16]
Ving en la rue de Champ-petit[17] ;
Et au-deſus eſt un petit
La rue du Puon[18] vraiement.
Je deſcendi tout belement
Droit à la rue des Cordeles[19] :

Dames i a, le deſcort d’elles
Ne voudroie avoir nullement.
Je m’en alai tout ſimplement
Diluecques au Palais de Termes[20]
Où il a celiers & citernes,
En cette rue a mainte Court.
La rue aus hoirs de Harecourt[21]

La rue Pierre Sarrazin[22]
Où l’en eſſaie maint roncin
Chaſcun an, comment con le hape.
Contre val rue de la Harpe[23]
Ving en la rue Saint-Sevring[24]
Et tant fis cau carrefour ving :
La Grant-Rue[25] trouvai briément ;

De là entrai premièrement
Trouvai la rue As Eſcrivains[26] ;
De cheminer ne fu pas vains
En la petite ruelete
Saint-Sevrin[27] ; mainte meſchinete
Si louent ſouvent & menu
Et ſont batre le trou velu
Des ſeſſeriaus, que que nus die.
En la rue Erembourc de Brie[28]

Alai ; et en la rue o Fain[29] ;
De cheminer ne fu pas vain.
Une femme vi batre lin
Par la rue Saint-Mathelin[30].
En l’en Cloiſtre[31] m’en retourné
Saint-Beneoit le beſtourné,

En la rue As hoirs de Sabonnes[32]
A deux portes belles & bonnes.
La rue à l’Abbé de Cligny[33]
Et la rue au Seigneur d’Igny[34]
Sont près de la rue o Corbel[35] ;

Deſus ſiet la rue o Ponel[36],
Y la rue à Cordiers[37] aprèz
Qui des Jacopins[38] ſiet bien prèz :
Encontre eſt rue Saint-Eſtienne ; [39]
Que Diex en ſa grâce nous tiengne

Que de d’amour aions mantel.
Lors deſcendi en Freſmantel[40],
En la rue de l’Oſeroie[41] ;
Ne ſai comment je deſvouroie
Ce conques nul jour ne voué
Ne à Paſques, ne à Noué.
En la rue de l’Ofpital[42]
Ving ; une femme i deſpital
Une autre femme folement

De ſa parole moult vilment.
La rue de la Chaveterie[43]
Trouvai ; n’alai pas chies Marie
En rue Saint-Syphorien[44],

Où maingnent li logipcien.
En près eſt la rue du Moine[45]
Et la rue au Duc de Bourgoingne ; [46]
Et la rue des Amandiers[47] prèz
Siet en une autre rue enprèz
Qui a non rue de Savoie[48]
Guillot de Paris tint ſa voie

Droit en la rue Saint-Ylaire[49],
Où une Dame débonnaire
Maint, con apele Giete das ;
En contre eſt la rue Judas[50],
Puis la rue du Petit-Four[51],
Con apele le Petit-Four ;

Saint-Ylaire[52] & puis Clos Burniau[53],
Où l’en a roſti maint Bruliau :
Et puis la rue du Noier[54],
Où pluſeurs dames pour louier
Font ſouvent batre leur cartiers.

En prèz eſt la rue à Plaſtriers[55],
Et parmi la rue As Englais[56]
Ving à grant feſte et à grant glais.
La rue à Lavendières[57] toſt
Trouvai ; prèz d’iluec aſſez toſt
La rue qui eſt belle & grant
Sainte-Geneviève-la-Grant,[58]

Et la petite ruelete[59]
De quoi l’un des bous chiet sus l’Ètre[60],
Et l’autre bout ſi ſe raporte
Droit à la rue de la Porte
De Saint-Marcel[61] ; par Saint-Copin,

En contre eſt la rue Clopin[62],
Et puis la rue Traverſainne[63],
Qui ſiet en haut bien loins de Sainne.
En prèz eſt la rue des Murs : [64]
De cheminer ne fu pas mus

Juſqu’à la rue Saint-Vitor[65],
Ne trouvai ne porc ne butor,
Mes femme qui autre conſeille ;
Puis truis la rue de Verſeille[66]
Et puis la rue du Bon-Puis[67] ;
La maint la femme à i Chapuis
Qui de maint home a fait ſes glais.
La rue Alexandre Lenglais[68]

Et la rue Pavée-Goire,[69]
La bui-ge de bon vin de beire.
En la rue Saint-Nicolas
Du Chardonnai[70] ne fu pas las.
En la rue de Bièvre[71] vins ;
Iluecques i petit m’aſſis.
D’iluec en la rue Perdue[72]

Ma voie ne fu pas perdue.
Je m’en reving droit en la place
Maubert[73], & bien trouvai la trace
D’iluec en la rue à Trois-Porte[74]
Dont l’une le chemin raporte
Droit à la rue de Gallande[75],
Où il n’a ne foreſt ne lande,
Et l’autre en la rue d’Aras[76],

Où ſe nourriſſent maint grant ras.
En près eſt rue de l’Eſcole,[77]
La demeure dame Nicole ;
En cette rue, ce me ſamble
Vent-on & fain & fuerre enſamble,
Puis la rue Saint-Julien[78]
Qui nous gart de mauvais lien.
M’en reving en la Bucherie[79]

Et puis en la Poiſſonnerie[80].
C’eſt vérité que vous deſpont,
Les rues d’outre Petit-Pont
Avons nommées toutes par non
Guillot qui de Paris ot non ;
Quatre-vingt par conte en y a,
Certes plus ne mains n’en y a.
En la cité iſnelement
M’en ving après privéement.





La Cité




La rue du Sablon[81] par m’ame,
Puis rue Neuve-Noſtre-Dame[82] ;
En près eſt la rue à Coulons[83],

D’iluec ne fu pas mon Cuer lons,
La ruele, trouvai briement
De Saint-Chriſtofle[84], & enſement
La rue du Parvis[85] bien près,
Et la rue du Cloiſtre[86] après ;
Et la Grant-rue Saint-Chriſtofle[87] :
Je vi par le trelis d’un coffre
En la rue Saint-Père à Beus[88]

Oiſiaus qui avaient piez beus
Qui furent pris ſus la marinne.
De la rue Sainte-Marine[89]
En la rue Cocatris[90] vins,
Où l’en boit ſouvent de bons vins,
Dont maint homs ſouvent ſe varie.
La rue de la Confrarie
Noftre-Dame[91] & en Charoui[92],

Bonne taverne achiez ovri.
La rue de la Pomme[93] aſſez toſt
Trouvai, & puis aprèz tantoſt
Ce fu la rue as Oubloiers[94] ;
La maint Guillebert a braies :
Marcé-Palu[95], la Juerie[96],

Et puis la Petite-Orberie[97],
Qui en la Juerie ſiet ;
Et me ſamble que l’autre chief
Deſcent droit en la rue à Fèves[98]
Par de ça la maiſon o Fèvre.
La Kaiendre[99] & la Ganterie[100]

Trouvai, & la Grant-Orberie[101] ;
Aprèz, la Grant Bariſzerie[102] ;
Et puis après, la Draperie[103]
Trouvai & la Chaveterie[104],
Et la ruele Sainte-Crois[105]

Où l’en chengle ſouvent des cois,
La rue Gerveſe-Lorens[106]
Où maintes dames ygnorens,
Y maingnent qui de leur quiterne ;
En près rue de la Lanterne[107] ;
En la rue du Marmouſet[108]
Trouvai i homme qui mu fet
Une muſe corne bellourde.
Par la rue de la Coulombe[109]
Alai droit o port Saint-Landri[110] ;

Là demeure Guiart-Andri :
Femmes qui vont tout le cheves
Maingnent en rue du Chevés[111]
Saint-Landri eſt de l’autre part,
La rue de l’Ymage[112] départ
La ruele[113], par Saint-Vincent,
En bout de la rue deſcent
De Glateingni[114], ou bonne gent

Maingnent & dames o cors gent
Qui aus hommes, ſi com moi ſemblent,
Volentiers charnelment aſſamblent.
La rue Saint-Denis-de la-Chartre[115],
Où pluſeurs dames en grant chartre
Ont maint vis en leur con tenu
Comment qu’ils ſoient contenu.
En ving en la Peleterie[116] ;
Mainte penne y vi eſterie.
En la faute du pont m’aſis ;

Certes il n’a que trente-ſis
Rues contables en Cité
Foi que doi Bénédicite.





Quartier d’Outre-Grant-Pont




Par deça Grant-Pont erraument
M’en ving, ſachiez bien vraiement,
N’avoie alenas ne poinſon.
Première, la rue o Poiſſon[117] ;
La rue de la Saunerie[118]

Trouvai, & la Meſgueiſcerie[119],
L’Eſcole[120] & rue Saint-Germain
A Couroiers[121] bien vint à main,
Tantoſt la rue à Lavendières[122]
Où il a maintes lavendières

La rue à Moingnes de Jenvau[123]
Porte a à mont & porte à vau ;
En prèz rue Jehan-Lointier[124] ;
Là ne fu-je pas trop lointier
De la rue Bertin-Porée[125],
Sanz faire nule eſchaufourée,

Ving en la rue Jehan-l’Éveillier[126] ;
Là demeure Perriaus-Goullier.
La rue Guillaume Porée[127] près
Siet, & Maleparole[128] em près,
Où demeure Jehan Aſſelin,
Parmi le Perrin Gaſſelin[129],

Et parmi la Hérengerie[130],
M’en ving en la Tableterie[131],
En la rue à Petis-Soulers
De Baſenne[132] tout fu ſouillés
Deſrer ce ne mie fortune.

Par la rue Sainte-Oportune[133]
Alai en la Charonnerie[134]
Et puis en la Feronnerie[135] ;
Tantoſt trouvai la Mancherie[136],
Et puis la Cordoüanerie[137] ;
Prèz demeure Henri Bourgaie.

La rue Baudouin Prengaie[138]
Qui de boire n’et pas lanier.
Par la rue Raoul l’Avenier[139]
Alai o ſiége à Defcarcheeurs[140] ;
D’iluec m’en alai tantoſt ciex
Un tavernier en la viez place
A Pourciaus[141] ; bien trouvai ma trace
Guillot qui point d’eur bon n’as,
Parmi la rue à Bourdonnas[142]

Ving en la rue Thibaut-à-Dez.[143]
Un hons trouvai en ribaudez :
En la rue de Béthiſi[144]
Entré, ne fu pas éthiſi :
Aſſez toſt trouvai Tirechape[145] ;
N’ai garde que rue m’eſchape
Que je ne ſache bien nommer,
Par non ſanz nule meſnommer,

Sanz paſſer guichet ne poſtis.
En la rue o Quains de Pontis[146]
Fis un chapia de violete ;
La rue o Serf[147] & Gloriete[148],
Et la rue de l’Arbre-Sel[149]
Qui deſcent ſus un biau ruiſſel,
Trouvai, & puis Col-de-Bacon[150],
Où l’en a trafarcié maint con.

Et puis le Foſſé-Saint-Germain[151],
Trou Bernart[152] trouvai main à main,
Part ne compaigne n’atendi ;
Mon chemin a val s’eſtendi,
Par le Saint-Eſperit, de rue
Sus la rivière[153] en la Grant-rue[154]

Seigneur de la porte du Louvre ;
Dames y a gentes & bonnes,
De leur denrées trop ſont riche,
Droitement parmi Oſteriche[155]
Ving en la rue Saint-Honouré[156] ;
Là trouvai-ge meſtre Huré,
Les lui ſéant dames polies.
Parmi la rue des Poulies[157]
Ving en la rue Daveron[158] ;

Il y demeure un gentis-hon.
Par la rue Jehan-Tiſon[159]
N’avoie talent de proier,
Mès par la crois de Tiroüer[160]
Ving en la rue de Neele[161] ;

N’avoie tabour ne viele :
En la rue Raoul Menuicet[162]
Trouvai un homme qui mucet
Une femme en terre & en ſiet.
La rue des Eſtuves[163] en près ſiet.
En près eſt la rue du Four[164] :
Lors entrai en un Carefour[165],

Trouvai la rue des Eſcus[166] ;
Un homs a granz ongles locus
Demanda : Guillot, que fes-tu ?
Droitement de Chaſtiau Feſtu[167]
M’en ving à la rue à Prouvoires[168],
Où il a maintes pennes vaires ;
Mon cuer ſi a bien ferme veue.
Par la rue de la Croiz-Neuve[169]

Ving en la rue Raoul-Roiffole[170],
N’avoie ne plais ne ſole.
La rue de Monmatre[171] trouvé ;
Il eſt bien ſeu & prové
Ma voie fu délivre & preſte.
Tout droit par la ruele e Preſtre[172]
Ving à la pointe Saint-Huitaſſe[173].

Droit & avant ſui ma trace
Juſques en la Tonnelerie[174],
Ne ſui pas cil qui trueve lie.
Mais par devant la Halle-au-Blé[175]
Où l’en a mainte foiz lobé,
M’en ving en la Poiſonnerie

Des Halles[176] & en la Formagerie[177].
Tantoſt trouvai la Ganterie[178],
A l’encontre eſt la Lingerie[179] ;
La rue o Fevre[180] ſiet bien près,

Et la Coſſonnerie[181] après.
Et por moi mieux garder des halles,
Par deſouz les avans des halles[182]
Ving en la rue à Preſcheeurs[183],
La bui avec frères meneurs
Dont je n’ai pas chière marie.
Puis alai en la Chanverie[184],

Aſez près trouvai Maudeſtour[185],
Et le carrefour de la Tour[186]
Où l’en giète mainte ſentence
En la maiſon à dan Sequence.
Le Puis[187] le carrefour départ :

Jehan Pincheclou d’autre part
Demoura tout droit à l’encontre.
Or dirai ſanz faire lonc conte :
La Petite-Truanderie[188]
Et rues des Halles[189] s’alie ;
La rue au Cingne[190], ce me ſamble,

Encontre Maudeſtour aſſamble
Droit à la Grant-Truanderie[191]
Et Merderiau[192] nobli-je mie,
Ne la petite ruelete
Jehan Bingue[193], par Saint-Cler, ſurète.
Mon chemin ne fu pas trop rogue.
En la rue Nicolas Arode[194]

Alai, & puis en Mauconſeil[195] ;
Une dame vi ſus un ſeil
Qui moult ſe portoit noblement ;
Je la ſaluai ſimplement,
Et elle moi, par ſaint Loys !
Par la ſaint rue Saint-Denis[196],
Ving en la rue As Ouës[197] droit,
Pris mon chemin & mon adroit

Droit en la rue Saint-Martin[198],
Où j’oï chanter en latin
De Noſtre-Dame un fi dous chans.
Par la rue des Petis-Chans[199]
Alai droitement en Biaubourc[200],
Ne chaſſoie chièvre ne bouc :
Puis truis la rue à Jongleeurs[201]
Con ne me tiengne à jengleeurs.
De la rue Gieffroi l’Angevin[202]

En la rue des Eſtuves[203] vin,
Et en la rue Lingarière[204],
Là où l’en a mainte plaſtrière
D’archal miſe en œuvr pour voir
Pluſeurs gens pour leur vie avoir ;
Et puis la rue Sendebours
La Tréfilliére[205] à l’un des bous,
Et Quiquenpoit[206] que j’ai moult chier ;

La rue Auberi-le-Bouchier[207],
Et puis la Conreerie[208] auſſi,
La rue Amauri-de-Rouſſi[209],
En contre Trouſſe-Vache[210] chiet.
Que Diex gart qu’il ne nous meſchiet.
Et la rue du Vin-le-Roy[211]

Dieu grâce ou n’a point de deſroy,
En la Viez-Monnoie[212] par ſens
M’en ving auſſi con par à ſens.
Au deſus d’iluec un petit
Trouvai le Grant[213] & le Petit
Marivaux[214], ſi comme il me ſamble

Li uns à l’autre bien s’aſamble ;
Au deſous ſiet la Hiaumerie[215],
Et aſes près la Lormerie[216],
Et parmi la Baſennerie[217],
Ving en la rue Jehan-le-Conte[218]

La Savonnerie[219] en mon conte
Ai miſe : par la Pierre-o-Let[220]
Ving en la rue Jehan-Pain-Molet[221]
Puis truis la rue des Arſis[222] ;
Sus un ſiege un petit m’aſſis
Pour ce que le repos fu bon ;

Puis truis les deux rues Saint-Bon[223] [224]
Lors ving en la Buffeterie[225],
Tantoſt trouvai la Lamperie[226],
Et puis la rue de la Porte
Saint-Meſri[227] : mon chemin s’aporte
Droit en la rue à Bouvetins[228]

Par la rue à Chavetiers[229] tins
Ma voie en rue de l’Eſtable
Du Cloiftre[230], qui eſt honeſtable
De Saint-Meſri, en Baillehoe,[231]
Où je trouvai plenté de boé,
Et une rue de renon,
Rue Neuve-Saint-Meſri[232] a non.
Tantoſt trouvai la Cour Robert
De Paris[233] ; mes par ſaint Lambert !

Rue Pierre-o-Lart[234] ſiet près,
Et puis la Bouclerie[235] après :
Ne la rue n’oublige pas
Symon-le-Franc[236]. Mon petit pas
Alai vers la porte du Temple[237]
Penſis ma main de lez ma temple.
En la rue des Blans-Mantiaus[238]

Entrai, où je vis mainte piaus
Metre en conroi, & blanche & noire ;
Puis truis la rue Perrenele
De Saint-Pol[239], la rue du Plaſtre[240],
Où maintes dames leur emplaſtre
A maint compaignon ont fait batre
Ce me ſamble pour eulz eſbatre.
En près eſt la rue du Puis[241].
La rue à Singes[242] après pris ;

Contre val La Bretonnerie[243],
M’en ving plain de mirencolie ;
Trouvai la rue des Jardins[244],
Où les Juys maintrent jadis ;

O carrefour du Temple[245] vins,
Où je bui plain henap de vin
Pour ce que moult grant ſoif avoie.
Adonc me remis à la voie,
La rue de l’Abbéïe-du-Bec
Helouin[246] trouvai par abec ;
M’en alai en la Verrerie[247],
Tout contre val la Poterie[248].

Ving o carefour Guillori[249],
Li un dit ho, l’autre hari,
Ne perdi pas mon eſſien.
La ruelete Gencien[250]
Alai, ou maint un biau varlet,
Et puis la rue Andri-Mallet[251],
Trouvai la rue du Martrai[252] ;

En une ruele[253] tournai
Qui de Saint-Jehan voie a porte
En contre la rue à Deux-Portes[254] ;

De la Viez-Tieſſeranderie[255]
Alai droit en l’Eſculerie[256],
Et en la rue de Chartron[257],
Où mainte dame en chartre ont
Tenu maint vit, par ſaint Norier.
En la rue du Franc-Monrier[258]

Alai, & Vuiez-Cimetière
Saint-Jehan[259] meiſne en cetière.
Trouvai toſt la rue du Bours
Tibout[260], & droit à l’un des bous

La rue Anquetil-le-Faucheur[261] ;
La maint un compains tencheeur.
En la rue du Temple[262] alai
Iſnelement ſanz nul délai :
En la rue au Roy-de Sézille[263]
Entrai ; tantoſt trouvai Sedile,

En la rue Renaut-le-Fèvre[264]
Maint, ou el vent & pois & fèves.
En la rue de Pute-y-Muce[265],
M’en entrai en la maiſon Luce
Qui maint en rue de Tyron[266],
Des dames ymes vous diron.
La rue de l’Efcouffle[267] eſt près,

Et la rue des Roſiers[268] près :
Et la Grant-rue-de-la-Porte
Baudeer[269], ſI con ſe comporte,
M’en alai en rue Percié[270] ;

Une femme vi deſtrecié
Pour ſoi pignier qui me donna
De bon vin. Ma voie adonna
En la rue des Poulies-Saint-Pou[271],
Et au-deſus d’iluec un pou
Trouvai la rue à Fauconniers[272]
Ou l’en trueve bien por deniers,
Femmes por ſon cors ſoulacier.
Parmi la rue du Figuier[273],
Et parmi la rue à Nonnains
D’Iere[274], vi chevaucher deus nains

Qui moult eſtaient eſjoï ;
Puis truis la rue de Joy[275],
Et la rue Forgier-l’Anier[276].
Je ving en la Mortelerie[277],
Où a mainte tainturerie.
La rue Ermeline-Boiliaue[278]

La rue Garnier-deſus-l’Yaue[279]
Trouvai, à ce mon cuer s’atyre ;
Puis la rue du Cimetire
Saint-Gervais[280], & puis l’Ourmetiau[281],
Sanz paſſer foſſe ne ruiſſiau,

Ne ſanz paſſer planche ne pont,
La rue à Moines-de-Lonc-Pont[282]
Trouvai, & rue Saint-Jehan
De Grève[283] où demeure Jouan,
Un homs qui n’a pas veue ſaine.
Près de la ruele de Saine[284],

En la rue Sus la Rivière[285],
Trouvai une fauſſe eſt rivière ;
Si m’en reving tout droit en Grève[286],
Le chemin de riens ne me grève ;
Tantoſt trouvai la Tanerie[287],
Et puis après la Vanerie[288],

La rue de la Coifferie[289],
Et puis après la Tacherie[290],
Et la rue aus Commandereſſes[291],
Où il a maintes tenchereſſes
Qui ont maint homme pris o brai.
Par le carefour de Mibrai,[292]

En la rue Saint-Jacque[293] & ou Porce[294]
M’en ving, n’avoie ſac ne poce ;
Puis alai en la Boucherie, [295],
La rue de l’Eſcorcherie[296]
Tournai, parmi la Triperie[297]

M’en ving en la Poulaillerie[298],
Car c’eſt la derrenière rue
Et ſi ſiet droit ſus la Grant-Rue[299].
Guillot ſi fait à tous ſavoir,
Que par deça Grant-Pont pour voir
N’a que deus cent rues mains fis ;
Et en la Cité trente fis,
Outre Petit-Pont quatre vingt,
Ce ſont dis mains de ſeize vingt,
Dedenz les murs non pas dehors.
Les autres rues ai mis hors
De fa rime, puifqu’ils n’ont chief.
Ci vont faire de ſon Dit chief
Guillot, qui a fait maint biaus dis,

Dit qu’il n’a que trois cent & dis
Rues à Paris vraiement.
Le dous ſeigneur du firmament
Et ſa très douce chiere mère
Nous deffende de mort amere.


Erplicit le dit des
Rues de Paris
  1. De la rue du Petit-Pont à la rue de la petite Bouclerie.

    Appelée primitivement de Laas, du nom du territoire où elle avait été tracée, cette rue prit son nom
    actuel d’une enseigne.

    Au dix-septième siècle, on la nommait rue des Rôtisseurs, par suite du grand nombre de rôtisseurs
    qui s’y étaient installés. La rôtisserie passait, suivant le Père Bonaventure-Catalagirone, l’un des négociateurs de la paix de Vervins, pour la seule merveille de Paris.

  2. De la rue de la Huchete à la rue Saint-Sévring.

    Cette rue prit son nom d’une maison dite sac-à-lie, nom qui se corrompit de diverses manières ; depuis le dix-septième siècle, c’est la rue Zacharie.

  3. De la rue de la Huchete à la rue Saint-Sevring.

    Cette rue a pris successivement les noms de Vieille Bouclerie, Vieille Boucherie, et de l’Abreuvoir Mâcon. Elle a été absorbée par le percement de la place Saint-Michel (1863,).

  4. De Sa rue Saint-Andri à la petite Bouclerie.

    Cette rue se nommait aussi rue Mâcon, du nom de l’hôtel des comtes de Mâcon, qui donnait sur cette voie publique. Elle a été absorbée par suite du prolongement de la rue Saint-Séverin et du percement du boulevard Saint-André (1863).

  5. De la petite Bouclerie à la Saine.

    Cette rue, appelée primitivement Arondale en Laas, tirait probablement son nom d’une enseigne, l’Hirondelle se nommant autrefois Arondale. Plus tard, au seizième siècle, les plans de Tapisserie (1540), de Truschet (1552) et de du Cerceau (1555) la nomment de la Rondelle ; mais il faut bien se garder de conclure de là, qu’elle ait été habitée par des faiseurs de rondelles ou de rondaches (espèce d’armes).

  6. De la Saine à la rue Saint-Andri.

    Plus tard, au seizième siècle, on voit cette rue désignée sur le plan de tapisserie sous le nom de rue Barré, mais ce ne peut être que le résultat d’une erreur. Au dix-septième siècle on la nomma un moment rue Pavée d’Andouilles.

    En 1864, elle a pris le nom de rue Séguier.

  7. De la Saine à la rue Saint-Andri.

    Cette voie doit son nom au collège des abbés de Saint-Denis qui y était situé. Actuellement c’est la rue des Grands-Augustins.

  8. De la rue Saint-Andri à l’enceinte.

    Cette rue semble être une partie de la rue Saint-Andri, actuellement Saint-André-des-Arts. Elle avait été percée sur des terrains donnés par Hugues, abbé de Saint Germain-des-Prés.

  9. De la rue Saint-Andri à la rue du Champ-Petit.

    Cette rue s’appelait aussi rue Gaugain. Le nom de rue de l’Éperon qu’elle porte actuellement lui vient d’une enseigne.

  10. De la petite Bouclerie à la rue Cauvain.

    Appelée-d’abord Saint-Andéol de Laas, elle devint bientôt rue Saint-Andri de Laas, puis, Saint-André des-Arts.

  11. De la rue de la Harpe à la rue Saint-Andri.

    Appelée aussi Popée, cette voie subsista sous le même nom jusqu’en 1862, époque où elle disparut pour le prolongement de la rue Saint-Séverin.

  12. De la rue Saint-Andri à la rue à Poitevins.

    Cette voie publique s’appela quelque temps rue du Chevet-Saint-André, parce qu’elle passait derrière l’église de ce nom. Au seizième siècle, elle a été réunie à la rue Hautefeuille.

  13. De la rue Hautefeuille à la rue de la Platrière.

    Cette rue, appelée antérieurement Guy-le-Queux, fut scindée en deux au quinzième siècle, et la partie en retour d’équerre sur la rue de la Platrière, devint successivement rue du Pet, rue du Petit-Pet et rue du Gros-Pet.

  14. De la rue de la Harpe à la rue Hautefeuille.

    Son nom lui vient des sinuosités qu’elle décrivait autrefois. C’est actuellement la rue Serpente.

  15. De la rue Hautefeuille à la rue Cauvain.

    Cette voie prit plus tard le nom de Haute-Rue, dite du Battouer, puis celui de rue du Battoir. Ces noms lui venaient d’une enseigne.

  16. De la rue Poupée à la rue des Cordeles.

    Son nom lui vient sans doute des arbres qui la bordaient.

  17. De la rue de la Serpent à la rue du Puon.

    Cette rue fut scindée en deux pour former la rue Mignon et la rue du Jardinet. La rue Mignon s’appelait autrefois rue de la Semelle ; son nom actuel lui vient du collège Mignon qui s’y trouvait. La rue du Jardinet s’appelait rue de l’Escureuil. Le nom du Jardinet lui fut donné en l’honneur du jardin du collège de Vendôme qui bordait la rue.

  18. De la rue du Champ-Petit à la rue des Cordeles.

    Cette rue est la rue du Paon, dénomination tirée d’une enseigne. En 1851, elle a pris le nom de rue Larrey.

  19. De la rue de la Harpe à l’enceinte.

    Ce nom lui venait du couvent des Cordeliers.

    Elle porta les noms de Saint-Côme et Damien, en raison de l’église de ce nom, située au coin de la rue de la Harpe ; puis plus tard, le nom de rue Saint-Germain. De 1672 à 1790 elle porta le nom de rue des Cordeliers ; en 1790 elle prit le nom de rue de l’École de Médecine, qu’elle porte encore aujourd’hui. En 1793 elle s’est appelée un moment rue Marat, en souvenir du célèbre conventionnel qui y fut assassiné.

  20. De la rue Saint-Mathelin à la rue o Corbel.

    Guillot a voulu désigner ici non-seulement l’ancien palais des Thermes, mais encore la rue construite sur ses dépendances ; cette voie publique n’est autre que la rue des Maçons, devenue en 1868 rue Champollion.

  21. De la rue des Cordeles à l’enceinte.

    Cette rue s’appela aussi Saint-Côme, parce que l’église de ce nom était située au coin de la rue des Cordeles. Le nom qu’elle porte dans ce poème lui vient de ce que le collège d’Harcourt y était situé. En 1650, elle fut réunie à la rue de la Harpe.

  22. De la rue de la Harpe à la rue Hautefeuille.

    Cette rue doit son nom à un bourgeois nommé Pierre-Sarrazin, qui possédait au treizième siècle plusieurs maisons en cet endroit.

    Elle fut appelée au treizième siècle rue Jean-Sarrazin ; depuis elle a repris son nom primitif.

  23. De la grant Bouclerie à la rue des Cordeles.

    Son nom lui vient d’une enseigne, située à l’angle de la rue Mâcon, représentant David jouant de la harpe.

  24. De la Grant-rue à la petite Bouclerie.

    Son nom vient de l’église Saint-Sévérin.

  25. De la Saine à l’enceinte.

    Cette voie a été successivement nommée Grant-rue du Petit-Pont, Grant-rue Saint-Jacques des Prêcheurs, Grant rue Saint-Étienne des Grés, Grant rue près Saint-Benoist le Bestournet, Grant rue près du Chevet de l’Église Saint-Severin, Grant rue outre petit-Pont, Grant rue vers Saint-Mathelin, etc.

    Ces noms n’étaient appliqués que sur une section de la rue, jusqu’au moment où le nom de Grande rue Saint-Jacques, et enfin celui de rue Saint-Jacques lui furent donnés en raison de la chapelle Saint-Jacques, érigée en 1218 par les Dominicains frères Prêcheurs.

  26. De la Grant-rue à la rue de la Harpe.

    Cette rue prit en 1387 la dénomination de rue de la Parcheminerie, qu’elle a gardée depuis.

  27. De la rue Saint-Sevring à la rue As Escrivains.

    Au quinzième siècle, cette voie devint la ruelle de l’Archiprêtre, parce que le curé de Saint-Severin y demeurait ; plus tard ce fut la ruelle aux Prêtres, et enfin la rue des Prêtres-Saint-Severin. Elle a été réunie à la rue Boutebrie.

  28. De la rue As Escrivains à la rue o Fain.

    En 1573, cette rue devint la rue des Enlumineurs, car les enlumineurs jurés de l’Université y avaient fixé leur demeure ; le nom de Boutebrie que cette voie porte actuellement est une altération du nom primitif.

  29. De la Grant-rue à la rue de la Harpe.

    Au quatorzième siècle, cette rue se nomma de la Fennerie et rue aux Moines de Cernay. Elle reprit plus tard le nom de rue du Foin ; elle disparut entièrement lors du percement du boulevard Saint-Germain.

  30. De la Grant-rue à la rue de la Harpe.

    Au commencement du treizième siècle, c’était la rue du Palais des Thermes. Elle prit le nom de Saint-Mathelin, ancien nom de Mathurins, puis elle devint la rue des Mathurins.

    Depuis 1863, elle se nomme rue du Sommerard.

  31. De la rue Saint-Mathelin au Cloistre Saint-Benoist.

    C’était autrefois la rue André Machel, du nom d’un propriétaire. Sa direction lui a fait donner le nom de Encloître Saint-Benoist, puis de rue du Cloître Saint-Benoist. Ce n’est plus qu’un tronçon de rue entre la rue du Sommerard et la rue des Écoles.

  32. De la rue Saint-Mathelin à la rue à l’Abbé de Cligny.

    Le nom de Hoirs de Sabonnes vient de ce que saint Louis avait permis d’établir deux hoirs ou portes pour fermer le quartier.

    Depuis c’est la rue de Sorbonne.

  33. De la rue as hoirs de Sabonnes au passage des Jacopins.

    Ce nom lui vient du collège fondé en 1269 par Yves de Vergy, abbé de Cluny.

    Elle a porté le nom de Cluny jusqu’en 1864, époque à laquelle elle a pris celui de Victor Cousin.

  34. De la rue as hoirs de Sabonnes au passage des Jacopins.

    Cette rue occupait probablement l’emplacement que nous lui indiquons. Le nom de Seigneur d’Igny venait sans doute de ce que ce seigneur habitait dans la rue.

  35. De la rue au Seigneur d’Igny à la rue aus hoirs de Harecourt,

    Cette voie était probablement située sur l’emplacement de la place de la Sorbonne. Le nom de Corbel ou Corbeau venait sans doute d’une enseigne.

  36. De la Grant-rue à la rue a Cordiers.

    C’était d’abord la rue Thomas, puis la rue Guillaume d’Argenteuil.

    À la fin du treizième siècle elle prend le nom de Vicus Poretarum, d’où Guillot a tiré sans doute le nom de Porel, et que le copiste aura écrit par erreur Ponel. Actuellement cette rue forme deux sections : rue Gerson et rue Restaut.

  37. De la Grant-rue à la rue à l’Abbé de Cligny.

    Ce nom lui vient sans doute des industriels qui l’habitaient.

  38. De la Grant-rue à la rue de la Harpe.

    Cette rue, sur laquelle se trouvait le couvent des Jacobins, fut appelée pour ce motif rue ou passage des Jacopins. Plus tard ce fut la rue des Grés; depuis 1865, elle a été réunie à la suivante pour former la rue Cujas.

  39. De l’Etre à la Grant-rue.

    Au commencement du treizième siècle, c’était la rue par où l’on va de l’église Sainte-Geneviève à celle Saint-Estienne; elle devint ensuite la rue des Grés, en raison de l’église Saint-Étienne-des-Grés qui donnait dans la rue. Le nom de Saint-Étienne-des-Grés que portait l’église, venait, paraît-il, de ce qu’il fallait monter des degrés pour y arriver.

  40. De la rue de l’Ospital à la rue de l’Oseroie.

    C’était autrefois Vicus qui dicitur frigidum mantellum. Les noms de Fresmantel et de Fromentelle (ce dernier subsiste encore), ne sont que des corruptions du premier.

  41. De la rue Fresmantel à la Grant-rue.

    Le nom d’Oseroie lui vient sans doute de ce qu’il y avait beaucoup d’osiers plantés en ce lieu. Plus tard elle devint la rue Breneuse, puis la rue des Poirées.

    Le nom de rue du Cimetière Saint-Benoit lui a été donné au seizième siècle en raison du voisinage du cimetière.

  42. De la rue Fresmantel à la Grant-rue.

    Le nom de l’Ospital lui vient de ce que les hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem qui s’y étaient établis à la fin du douzième siècle.

    Elle prit ensuite les noms de Saint-Jean-de-Jérusalem et de Saint-Jean-de-Latran. Elle a disparu pour le dégagement du Collège de France.

  43. De la rue Saint-Ylaire à la rue au Duc de Bourgoingne.

    Le copiste aura probablement fait erreur, le nom véritable devait être de la Charreterie, parce qu’il y avait beaucoup de charretiers dans cette rue. On la voit nommée plus tard rue des Charrières et des Charrettes ; actuellement c’est la rue Chartière.

  44. De la rue au Duc de Bourgoigne à la rue Saint-Estienne.

    Sur l’emplacement de cette rue était une chapelle dédiée à Saint-Symphorien, chapelle qui remontait à une haute antiquité, et qui disparut au dix-septième siècle.

    La rue Saint-Symphorien devint plus tard la rue des Cholets, du nom du collège des Cholets qui s’y trouvait. Ce collège avait été fondé par Jean Cholet, légat du pape, à la fin du douzième siècle

    Le collège Sainte-Barbe a fait disparaître cette voie publique en 1845.

  45. De la rue au Duc de Bourgoingne à la rue Saint-Syphorien.

    Cette rue est probablement la rue des Chieurs, qui devint plus tard la rue des Chiens. Au quinzième siècle, c’était la rue Maître-Jéharre. Elle redevint ensuite rue des Chiens, et quitta de nouveau ce nom en 1806 pour prendre celui de Jean Hubert, nom du fondateur du collège Sainte-Barbe.

    Elle a disparu avec la précédente.

  46. De la rue de Savoie à la rue Saint-Syphorien.

    Les ducs de Bourgogne possédaient un hôtel dans cette rue, d’où lui est venu son nom. Le nom de rue de Reims qu’elle porte actuellement, lui vient de ce que la principale entrée du collège de Reims se trouvait sur cette voie publique.

  47. De la rue Sainte-Geneviève la Grant à la rue de Savoie.

    Cette rue est devenue la rue Laplace.

  48. De la rue Saint-Ylaire à la rue Saint-Estienne.

    Guillot donne ce nom à tort, car on trouve partout cette rue désignée sous le nom de rue des Sept-Voies. Ce dernier nom vient de ce que sept routes se croisent dans un champ de vignes qui se trouvait en cet endroit.

  49. De la rue de Savoie à la rue de la Chaveterie.

    Cette rue devint plus tard la rue du Puits-Certain, en raison d’un puits public construit par Robert Certain, curé de Saint-Hilaire.

    Les plans de Gomboust (1649) et de Bullet (1676), la nomment rue Fromentel, dont elle forme le prolongement.

    En 1700 elle reprit sa première dénomination, qu’elle doit à l’église Saint-Hilaire,

  50. De la rue Sainte-Geneviève-la-Grant à l’Être.

    Cette rue, devenue plus tard rue du Clos-Bruneau, tirait sans doute son nom de ce qu’elle était habitée par des Juifs. Elle a disparu presque entièrement lors du percement de la rue des Écoles.

  51. De la rue de Savoie à la rue du Moine.

    La rue du Four doit être confondue avec la rue d’Écosse, qui forme avec elle un retour d’équerre, car cette dernière n’est pas nommée dans ce poème. Le nom de Petit-Four lui venait du four banal appartenant à l’église Saint-Hilaire, qu’on voyait dans cette rue.

  52. De la rue du Noier à la rue Saint-YIaire (49),

    Cette rue devint plus tard rue Jean de Beauvais, nom qu’elle tirait d’un libraire, suivant les uns, et du collège de Dormans-Beauvais, suivant d’autres commentateurs.

  53. De la rue du Noier à la rue Saint-Ylaire.

    Le poète désigne ici une rue qui avait été percée dans le Clos Bruneau ou du territoire pierreux compris entre les rues Saint-Jean-de-Beauvais, des Noyers, des Carmes et Saint-Hilaire. Le mot bruneau signifie pierreux.

    Plus tard elle devint la rue des Carmes, nom dont l’origine remonte au quatorzième siècle, époque durant laquelle des religieux Carmes vinrent s’établir sur cette voie publique.

  54. De la rue Sainte-Geneviève-la-Grant à la Grant-rue.

    Cette rue a remplacé une allée de noyers qui séparait les clos Bruneau et Garlande. Au quatorzième siècle, elle devint la rue Saint-Yves, du nom de la chapelle Saint-Yves, qui se trouvait au coin de la rue Saint-Jacques. Elle a repris son nom primitif qu’elle gardera jusqu’au jour où le boulevard Saint-Germain l’aura absorbée tout entière.

  55. De la rue As Englais à la Grant-rue.

    Il y avait autrefois une plâtrière en cet endroit, car la rue était habitée presqu’entièreraent par des plâtriers. En 1300, elle se nommait déjà rue Plâtrière, et au seizième siècle elle devint la rue du Plâtre. En 1864, elle a pris le nom de rue Domat.

  56. De la rue Gallande à la rue du Noier.

    Cette rue était sans doute habitée par des écoliers anglais fréquentant l’Université de Paris. De là lui est venu le nom qu’elle porte encore aujourd’hui.

  57. De la Place Maubert à la rue du Noier.

    La dénomination de cette rue lui vient de ce que les blanchisseuses ou lavandières l’habitaient, pour être plus à proximité de la Seine.

  58. De la rue du Noier à l’Être.

    Cette voie qui s’est appelée aussi rue Sainte-Geneviève-du-Mont, était ainsi nommée parce qu’elle conduisait à l’abbaye de Sainte-Geneviève.

    Elle a été appelée un moment rue des Boucheries. En 1793 elle porta le nom de la rue de la Montagne ; actuellement elle se nomme rue de la Montagne Sainte-Geneviève.

  59. De la rue de la Porte-Saint-Marcel à l’Être,

    Cette ruelle, désignée aussi sous le nom de rue du Montier (monastère) et de ruelle Sainte-Geneviève, se nommait jusqu’en ces derniers temps, rue des Prêtres-Saint-Étienne-du-Mont, parce que les prêtres de Saint-Étienne-du-Mont y demeuraient. Actuellement, c’est la rue Saint-Étienne-du-Mont.

  60. De la rue Sainte-Geneviève-la-Grant à la rue Saint-Estienne.

    Cette place prit plus tard le nom de Carré-Sainte-Geneviève, parce que l’ancienne église Sainte-Geneviève, qui occupait l’emplacement actuel du lycée Henri IV, avait son entrée sur cette place.

  61. De la ruelette Sainte-Geneviève à l’enceinte.

    Cette rue se nommait au treizième siècle Vicus Bordellarum, d’où on a fait rue Bordel, Bordet, Bordelle, etc. Sauval prétend que cette dénomination a pour origine un individu du nom de Petrus de Bordellis qui y habitait ; cette hypothèse nous paraît inadmissible, car le nom de Vicus Bordellarum est plus ancien que le personnage en question.

    Le nom de la rue de la Porte Saint-Marcel, que Guillot donne à cette rue, lui vient de ce qu’elle conduisait à la porte de ce nom. Depuis 1809, elle se nomme rue Descartes.

  62. De la rue des Murs à l’enceinte.

    Cette rue doit son nom à un logis appelé Grande maison Clopin. Elle fut appelée un moment rue du Champ-Gaillard, en raison de ce qu’elle était habitée par des femmes débauchées.

    Depuis elle a repris son nom primitif.

  63. De la rue Sainte-Geneviève-la-Grant à la rue des Murs.

    Cette rue, qui s’est appelée aussi Traversière. s’appelait en dernier lieu Traversine. Elle a disparu lors de l’agrandissement des bâtiments de l’École Polytechnique.

  64. De la rue Saint-Vitor à la rue Clopin.

    Le nom de rue des Murs venait de ce que cette voie publique longeait l’enceinte. Au seizième siècle, on l’appelait rue d’Arras, rue du Puits, et rue du Champ-Gaillard. Elle a gardé le nom de rue d’Arras.

  65. De la rue Sainte-Geneviève-la-Grant à l’enceinte.

    Cette rue doit son nom à l’abbaye Saint-Victor, fondée à la fin du onzième siècle. Le percement de la rue Monge en a absorbé une partie en 1866.

  66. De la rue Saint-Vitor à la rue Traversainne

    Le nom de cette rue vient d’un nommé Pierre de Verseille, qui l’habitait. Plus tard elle devint par corruption rue de Versailles.

    En 1864 elle a été appelée rue Fresnel. Dix-huit mois plus tard, elle disparaissait sous la pioche des démolisseurs.

  67. De la rue Saint-Vitor à la rue Traversainne.

    Ce nom vient de ce qu’un puits public avait été construit dans cette rue. Elle a eu le même sort que la précédente.

  68. De la rue Saint-Vitor à la rue Traversainne.

    Au seizième siècle, cette rue devint la rue du Paon-Saint-Victor, nom qu’elle a gardé jusqu’à sa disparition (1866.)

  69. De la rue Saint-Vitor à la rue Traversainne.

    Cette rue était appelée rue Pavée ; Guillot a sans doute ajouté le mot goire pour la rime, à moins que ce mot ne fût un synonyme d’andouille, car la rue s’est quelquefois appelée rue Pavée d’Andouilles. Au dix-septième siècle, elle a pris le nom de rue du Murier. Elle a disparu comme les précédentes en 1866.

  70. De la rue Saint-Vitor à la rue Traversainne,

    Cette rue doit son nom à l’église Saint-Nicolas du Chardonnet, vis à vis de laquelle elle est située. Le nom de l’église vient de ce qu’il y avait autrefois beaucoup de chardons en cet endroit.

  71. De la Saine à la rue Saint-Vitor.

    Le nom de cette rue vient de ce que la rivière de Bièvre avait autrefois, à son extrémité, son embouchure dans la Seine.

  72. De la Saine à la place Maubert.

    Cette rue s’appela, vers le dix-septième siècle, rue Saint-Michel, parce que le Collège de Chanac ou de Saint-Michel y avait sa principale entrée. Elle a repris son nom primitif jusqu’en 1844, époque à laquelle elle a été nommée rue Maître-Albert, en mémoire du professeur allemand qui vivait au treizième siècle.

  73. De la rue Gallande à la rue Saint-Vitor.

    C’était d’abord la place Aubert, du nom d’Aubert, abbé de Sainte-Geneviève, qui avait permis d’y établir des étaux de boucherie. Le nom de Maubert n’est qu’une altération du nom primitif.

  74. De la place Maubert à la rue d’Aras,

    Ce nom vient sans doute de ce qu’il n’y avait que trois maisons dans cette rue.

  75. De la place Maubert à la Grant-rue.

    Cette rue fut percée sur le clos Mauvoisin, dépendant de la seigneurie de Garlande, d’où on a fait, par corruption, Gallande et enfin Galande.

  76. De la Saine à la rue Gallande.

    Cette rue devint plus tard rue des Rats ; la partie la plus près de la Seine s’est appelée rue des Petits Degrés.

    Depuis 1829. elle se nomme en son entier rue de l’Hôtel Colbert, en mémoire de l’hôtel que Colbert possédait en cette rue.

  77. De la rue de la Bucherie à la rue Gallande.

    Cette rue a pris successivement les noms de rue des Escoliers, rue des Escoles, rue au Feurre. Ce dernier nom venait de ce que les écoliers, durant leurs leçons, s’asseyaient sur la paille, appelée Feurre en vieux langage.

    De la rue du Feurre, on a fait par altération rue du Fouarre, nom qui subsiste encore aujourd’hui.

  78. De la rue de la Bucherie à la rue Gallande.

    Cette rue doit son nom au prieuré Saint-Julien-le-Pauvre, situé au n° 11 de cette rue.

  79. De la place Maubert à la Grant-rue.

    Le nom de Bucherie vient du port aux bûches, situé près de là.

  80. De la Saine à la rue de la Bucherie.

    Cette rue, appelée aussi place au Poisson, était située derrière le Petit-Châtelet.

    Jaillot la nomme, en 1770, rue du Carneau,

    Les bâtiments des annexes de l’Hôtel-Dieu occupent aujourd’hui son emplacement.

  81. De la rue Marcé-Palu à l’Hôtel-Dieu.

    Cette rue a été absorbée par les constructions de l’Hôtel-Dieu.

  82. De la rue Marcé-Palu à Notre-Dame.

    Cette rue, qui s’appelait primitivement rue Neuve, a pris au treizième siècle le nom de Neuve-Notre-Dame, qu’elle porte encore.

  83. De la rue Neuve-Notre-Dame à la grant-rue Saint-Christofle.

    Tel est l’emplacement que nous attribuons à cette rue, bien qu’elle ne se trouve nommée sur aucun plan. Le mot Coulon voulait dire Pigeon.

  84. De la rue Neuve-Notre-Dame à la rue Saint-Christofle,

    Cette rue, désignée plus tard sous le nom de rue de Venise, n’existe plus aujourd’hui.

  85. De la rue Neuve-Notre-Dame à la grant-rue Saint-Christofle.

    C’est la place du Parvis actuelle.

  86. Du Parvis-Notre-Dame à la Seine.

    La rue a tiré son nom du Cloitre-Notre-Dame, sur lequel elle a été construite.

  87. Du Parvis-Notre-Dame à la rue Marcé-Palu.

    C’était autrefois la rue Regreterie. Le nom de grant rue Saint-Christofle lui vient de ce que l’église Saint-Christofle se trouvait entre cette rue et la petite rue Saint-Christofle. Elle n’existe plus aujourd’hui.

  88. De la rue du Marmouset au Parvis-Notre-Dame.

    Elle s’est appelée aussi rue de la Couronne. Son dernier nom a été rue Saint-Pierre-aux-Bœufs.

    C’est aujourd’hui la rue d’Arcole.

  89. De la rue Saint-Père-à-Beus à l’église Sainte-Marine.

    Cette rue a été fermée à une de ses extrémités ; elle a disparu entièrement lors des grands travaux entrepris dans ce quartier (1865).

  90. De la rue Saint-Père-à-Beus à la rue de la Pomme.

    Ce nom lui vient d’un nommé Cocatris qui habitait la rue. Elle a été absorbée par les constructions du nouvel Hôtel-Dieu.

  91. De la rue du Marmouset à la rue Cocatris.

    Anciennement rue des Deux-Hermites, elle n’existe plus aujourd’hui. Son dernier nom lui venait d’une enseigne.

  92. De la rue du Marmouset à la rue de la Pomme.

    C’est la rue de Perpignan ; on la voit appelée aussi rue Charauri ; sa dénomination actuelle lui vient du collège de Perpignan.

  93. De la grant-rue Saint-Christofle à la rue as Oubloiers.

    C’était probablement la rue des Trois-Canettes, qui a été appelée plus tard rue de la Pomme-Rouge. Elle n’existe plus aujourd’hui.

  94. De la rue du Marmouset à la grant-rue Saint-Christofle.

    Autrefois, on la nommait rue du Chevet de la Magdeleine, parce qu’elle passait derrière l’église de ce nom. Le nom qu’elle portait à l’époque de Guillot lui venait des pâtissiers ou marchands d’oublies qui l’habitaient. La dénomination de la Licorne, quelle a gardée depuis 1397 jusqu’à sa disparition, lui venait d’une enseigne.

  95. De la grant-rue Saint-Christofle au Petit-Pont.

    Ce nom lui vient d’un marché situé sur cet emplacement qui était fort humide. C’est actuellement une section de la rue de la Cité.

  96. De la rue du Marmouset à la grant-rue Saint Christofle

    Elle était habitée autrefois par des juifs, d’où elle a tiré le nom qu’elle a porté jusqu’à la création de la rue de la Cité.

  97. De la rue à Fèvre ( ?) à la rue de la Juierie.

    Cette rue n’est indiquée sous ce nom sur aucun plan.

  98. De la rue de la Draperie à la rue Kalendre.

    Cette voie publique était habitée par des marchands drapiers du nom de Febvres, d’où on a fait par corruption rue à Fèves. Elle a porté cette dernière dénomination jusqu’à sa disparition.

  99. De la rue Marcé-Palu à la rue de la Grant-Bariszerie.

    Anciennement nommée rue qui va du Petit-Pont à la place Saint-Michel, cette rue tira la dénomination de Kalendre d’une machine à lustrer le drap. Le nom de rue de la Draperie que nous verrons plus loin, tend à prouver cette origine. Cette rue n’existe plus aujourd’hui ; sur son emplacement s’élève une caserne

  100. De la rue Kalendre à la rue de la Chaveterie.

    Cette voie était sans doute une partie de la rue Saint-Éloi. maintenant disparue.

  101. De la rue Marcé-Palu à la rue de la Grant-Bariszerie.

    Cette rue, devenue rue du Marché-Neuf, tenait sans doute son nom d’un marché aux herbes qui s’y trouvait (herberie).

  102. De la Saine (bras du nord} à la rue de la Grant-Orberie.

    C’était autrefois la rue Saint-Barthélémy et la rue de la Barillerie, séparées par la rue de la Kalendre ; la deuxième partie fut appelée plus tard rue du Pont-Saint-Michel ; elles ont été toutes deux absorbées par le percement du boulevard du Palais.

  103. De la rue de la Lanterne à la rue de la Chaveterie.

    Cette rue devait son nom aux drapiers qui l’habitaient.

  104. De la rue de la Draperie à la rue de la Ganterie.

    Elle devait son nom de Chaveterie ou Savaterie aux savetiers qui l’habitaient. Au dix-huitième siècle, elle prit le nom de rue Saint-Éloi, emprunté, sans doute, au monastère de Saint-Éloi qui y était situé..

  105. De la rue Gerverse-Lorens à la rue de la Draperie.

    Ce nom lui vient de l’église Sainte-Croix, détruite pendant la Révolution.

  106. De la rue de la Lanterne à la rue de la Draperie.

    Ce nom vient sans doute d’un particulier qui habitait la rue.

  107. De la Saine (bras du nord) à la rue de la Draperie.

    Cette rue, appelée antérieurement rue du Pont-Notre-Dame, rue de la Juiverie, prit le nom de rue de la Lanterne à l’époque où vivait Guillot. C’est actuellement une section de la rue de la Cité.

  108. De la rue de la Coulombe à la rue de la Lanterne.

    Cette dénomination vient d’une maison, dite des Marmousets, qui se trouvait en cette rue. Elle a été absorbée par les constructions du nouvel Hôtel-Dieu.

  109. De la Saine (bras du nord) à la rue du Marmouset.

    Ce nom lui vient sans doute d’une enseigne.

  110. De la Saine à la rue du Marmouset.

    C’était anciennement le Port-Notre-Dame ou le Port-Saint-Landri, et la rue du Fumer, Le nom de rue Saint-Landri lui vient de l’église de St.-Landri.

  111. De la Saine à la rue du Marmouset.

    Ce nom lui vient de ce qu’elle passait derrière l’église de Saint-Landri. Elle forme actuellement une section de la rue d’Arcole.

  112. De la Saine à la ruelle.

    Cette rue est probablement la rue du Milieu des Ursins, qui n’existe plus aujourd’hui.

  113. De la rue Saint-Landri à la rue de Glateingni.

    C’est probablement la rue Haute des Ursins, absorbée, comme la précédente, par les constructions du nouvel Hôtel-Dieu.

  114. De la Saine (bras du nord) à la rue du Marmouset.

    Ce nom lui vient d’une maison habitée par un sieur de Glatigny.

    Plus tard elle prit les noms de rue du Val d’Amour, de rue du Chevet de Saint-Dénis de la Chartre et de rue d’Enfer. Elle a repris plus tard la dénomination de rue de Glatigny, qu’elle a conservée jusqu’à sa disparition.

  115. De la rue de Glateingni à la rue de la Lanterne.

    Cette voie publique, antérieurement appelée rue Neuve-Saint-Denis, prit le nom que lui donne Guillot parce que l’église Saint-Denis-de-la-Chartre y était située. Le nom de rue du Haut-Moulin, qu’elle a porté jusqu’en 1865, époque de sa disparition, lui venait des moulins situés sur le bord de la Seine.

  116. De la rue de la Lanterne à la grant Bariszerie.

    Philippe-Auguste avait cédé des propriétés sises dans cette rue à des pelletiers, qui exerçaient leur industrie le long de la rivière. De là le nom de cette rue, absorbée plus tard par le quai Desaix.

  117. Du Grand-Chastelet à la rue de la Saunerie.

    Cette rue doit son nom au Marché aux Poissons. Elle s’appela un moment rue de la Petite-Saunerie, de la Larderie et de la Poulaillerie. Elle a repris son nom primitif qu’elle a gardé jusqu’à sa disparition (1855).

  118. De la Mesgueiscerie à la rue Saint-Germain.

    Ce nom venait du Grenier à Sel, qui se trouvait près de cette rue. On la voit désignée à tort sur plusieurs plans sous le nom de rue de la Sonnerie. Elle a disparu pour la construction du théâtre du Châtelet.

  119. Du Grant-Pont à l’Escole,

    Ce n’était pas encore un quai à l’époque de Guillot ; plus tard, cette voie prit, après la construction du quai (1369), les noms de Vallée de Misère, de quai de la Mégisserie et de quai de la Ferraille. Ces noms ne s’appliquaient qu’à des sections partielles.

  120. De la Mesgueiscerie au Louvre.

    En 1300, cette voie se nommait rue de l’Escole-Saint-Germain. Le quai fut complètement formé sous François Ier, et restauré vers 1720, En 1868, il a pris le nom de quai du Louvre.

  121. De la rue Saint-Denis à la rue de l’Arbre-Sel.

    Le nom de a Couroiers donné par le poète à cette rue, vient de ce qu’il y avait de nombreux corroyeurs.

    C’est, depuis le quinzième siècle, la rue Saint-Germain l’Auxerrois.

  122. De la rue Saint-Germain à Couroiers à la rue de la Cordouanerie.

    L’origine du nom de cette voie publique vient des lavandières qui l’habitaient.

  123. De la rue Saint-Germain à Couroiers à la rue Jehan-Lointier.

    Les moines de Joienval habitaient cette rue. De là lui est venu son nom.

    Au quatorzième siècle, elle se nommait rue des Deux-Portes, car elle était fermée à ses deux extrémités. En 1636, c’était la rue de la Chapelle-aux-Orfèvres, en l’honneur de la chapelle que les orfèvres du voisinage y avaient fait bâtir. Dans ces derniers temps, c’était la rue des Orfèvres. Elle n’existe plus aujourd’hui.

  124. De la rue a Lavendières à la rue Bertin-Porée.

    Elle doit son nom à un propriétaire. Elle devint, plus tard, rue Philippe-Lointier, et, enfin, rue Jean-Lantier.

  125. De la rue Saint-Germain à Couroiers à la rue Guillaume-Porée.

    Ce nom vient d’un bourgeois qui habitait la rue. C’est actuellement la rue Bertin-Poirée.

  126. De la rue Bertin-Porée à la rue Thibaut-à-Dez.

    Elle se nomma, plus tard, rue Jean-l’Esgullier ; en 1492, c’était la rue au Gaulier, dite rue du Renard. Elle prît ensuite le nom de rue des Trois-Visages, parce qu’on voyait trois têtes sculptées sur une maison. Devenue, plus tard, un simple cul-de-sac, elle a fini par disparaître,

  127. De la rue a Lavendières à la rue Thibaut-à-Dez,

    Cette voie devint, au seizième siècle, la rue Guillaume-Porée, dite des Deux-Boules. Ce nom de Deux-Boules venait d’une enseigne.

  128. De la rue a Lavendières à la rue à Bourdonnas.

    Elle tire sans doute son nom des hommes de bas étage qui l’habitaient. Appelée successivement rue Mauconseil, rue Male-Parole et rue des Mauvaises-Paroles, elle a disparu pour le percement de la rue de Rivoli.

  129. De la rue Saint-Denis à la rue a Lavendières.

    Une section de cette rue devint plus tard la rue du Chevalier-du-Guet, parce que le commandant ou chevalier du guet y demeurait.

  130. De la rue Perrin-Gasselin à la rue de la Tableterie.

    Cette voie publique, appelée depuis rue de la Vieille-Harengerie, tirait probablement son nom d’un marché de harengs qui s’y tenait. Jaillot fait observer toutefois qu’il y avait en cet endroit le Fief Harant, qui aurait pu donner son nom à la rue. La rue de Rivoli l’a fait entièrement disparaître.

  131. De la rue Saint-Denis à la rue de la Hérengerie.

    Ce nom vient des tablettiers qui s’étaient établis dans cette rue. Elle s’est appelée aussi rue Sainte-Opportune. Elle a été absorbée par la nouvelle rue des Halles.

  132. De la rue Saint-Denis à Sainte-Opportune.

    Cette rue, antérieurement appelée rue Alain-de-Dampierre, tirait le nom que lui donne Guillot du commerce de souliers de basane qui s’y faisait. Depuis, elle a pris le nom de rue de l’Aiguillerie, parce qu’elle était habitée par des marchands d’aiguilles.

  133. De la rue Saint-Denis à Sainte-Opportune.

    Cette rue est probablement la rue Courtalon, nom d’un particulier.

    L’église Sainte Opportune se trouvait entre cette rue et la précédente.

  134. De la rue Saint-Denis à la rue a Descarcheeurs.

    Elle fut réunie plus tard à la rue de la Feronnerie.

  135. De la rue a Descarcheeurs à la rue à Bourdonnas.

    Cette voie tirait son nom des marchands de fers ou ferrons qui l’habitaient.

  136. De la rue a Descarcheeurs à la rue à Bourdonnas.

    Plus tard, elle devint la rue de la Limace, puis rue aux Chats, rue aux Pourceaux, etc. Elle a repris aujourd’hui le nom de rue de la Limace,

  137. De la rue de la Herengerie à la rue a Descarcheeurs.

    Les cordonniers ayant quitté cette rue, elle prit, au dix-septième siècle, le nom de rue des Fourreurs, qu’elle porte encore.

  138. De la rue a Lavendières à la rue a Descarcheeurs.

    Elle devint la rue Rollin-Prend-Gage, du nom d’un usurier qui l’habitait. Elle a été fermée du côté de la rue des Déchargeurs et ne forme plus qu’une impasse.

  139. De la rue a Lavendières à la rue a Descarcheeurs.

    Cette rue devint plus tard la rue du Plat-d’Étain, du nom d’un hôtel.

  140. De la rue Maleparole à la rue de la Feronnerie.

    La rue o siège a Descarcheeurs devint plus tard la rue des Déchargeurs.

  141. Située dans la rue a Descarcheeurs.
  142. De la rue Guillaume-Porée à la rue de Chastiau-Festu.
    Elle s’appelait antérieurement rue Adam-Bourdon et Guillaume-Bourdon, d’où on a fait depuis rue des Bourdonnais.
  143. De la rue Saint-Germain à Couroiers à la rue Guillaume-Porée.

    Cette rue, dont le nom s’est écrit aussi Thibaut-Audet, vient-il d’un particulier de ce nom ou d’un individu qui tenait une maison de jeu ? La question, discutée par Sauval, n’est pas encore résolue. Cette voie publique a été réunie depuis à la rue des Bourdonnais.

  144. De la rue Thibaut-à-Dez à la rue O Serf.

    Appelée aussi rue de la Charpenterie, elle a été absorbée par le percement de la rue de Rivoli.

  145. De la rue de Béthisi à la rue Chastiau-Festu.

    Le nom de cette rue venait de ce que les Juifs qui l’habitaient tiraient par leur chape les passants, pour les engager à acheter leur marchandise. Elle a été supprimée pour le percement de la rue du Pont-Neuf.

  146. De la rue o Serf à la rue de l’Arbre-Sel.

    Cette rue, dont le nom signifie probablement rue au Comte-de-Ponthieu, a été réunie plus tard à la rue de Béthisy.

  147. De la rue Saint-Germain à Couroiers à la rue de Béthisi.

    Le nom de la Monnaie lui fut donné, au siècle suivant parce que l’Hôtel des Monnaies s’y trouvait.

  148. De la rue o Serf à la rue de l’Arbre-Sel.

    Ce nom lui a été donné par abréviation du nom primitif de Dame-Gloriette. Plus tard elle devint rue Baillet, parce que Jean Baillet, trésorier de Charles V, y avait une habitation.

  149. De la rue de l’Escole à la rue Crois-de-Tirouer,

    Ce nom est sans doute une corruption du mot Arbrissel. Actuellement, c’est la rue de l’Arbre-Sec.

  150. De la rue de l’Arbre-Sel au Fossé-Saint-Germain.

    Cette rue a formé l’Impasse-Courbaton et l’Impasse-Sourdis. Le premier nom n’est probablement qu’une corruption de Col-de-Bacon ou Col-de-Porc. Cette impasse s’est appelée aussi impasse Coup-de-Baston. L’Impasse Sourdis a tiré son nom de l’hôtel Sourdis.

  151. De la rue de l’Arbre-Sel à la rue des Poulies.

    Bâtie sur des fossés construits par les Normands lors du siège de Paris, on la trouve confondue au quinzième siècle, avec les rues au Comte-de-Ponthieu et de Béthizy, dont elle formait le prolongement. Elle a pris en 1868 la dénomination de rue Perrault.

  152. De la rue du Fossé-Saint-Germain à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois.

    Cette rue, dont le nom est une corruption de Tronc-Bernard, fut appelée, plus tard, rue du Demi-Saint, parce que l’accès en était interdit aux voitures par une statue de saint à demi-mutilée. Elle n’existe plus.

  153. Située rue de l’Arbre-Sel.

    C’est peut-être le Cloître Saint-Germain-l’Auxerrois, qui n’est pas nommé dans le poème.

  154. De la rue Sus-la-Rivière à la rue Osteriche.

    Elle conduisait sans doute au Louvre.

  155. De la rue Sus-la-Rivière à la rue Saint-Honouré.

    Cette rue devint plus tard la rue du Louvre et la rue de l’Oratoire. Elle n’existe plus aujourd’hui qu’entre les rues de Rivoli et Saint-Honoré.

  156. De la rue des Poulies à l’enceinte.

    Elle doit son nom au Cloître-Saint-Honoré. Les rues désignées par Guillot sous le nom de Chastiau-Festu et de Crois-du-Tirouer lui ont été réunies depuis.

  157. Du Fossé-Saint-Germain à la rue Saint-Honouré.

    Ce nom vient, paraît-il, d’un jeu dit des Poulies, jeu à la mode au commencement du moyen âge. Selon Jaillot, le nom viendrait d’Edmond de Poulie, qui avait un hôtel dans cette rue.

  158. De la rue de l’Arbre-Sel à la rue des Poulies.

    Elle tirait son nom d’un hôte appartenant aux moines du Prieuré de Daveron, près Poissy. Au quinzième siècle, elle prit le nom de rue Bailleul, du nom, d’un clerc des comptes qui l’habitait.

  159. Du Fossé-Saint-Germain à la rue Daveron.

    Le nom de cette rue vient d’un membre de la famille Tison, qui y avait un hôtel.

  160. De la rue de l’Arbre-Sel à la rue des Poulies.

    La Croix du Trahoir, qui a donné son nom à cette rue, se trouvait au coin de la rue de l’Arbre-Sec. C’est devant cette croix que se faisaient les exécutions capitales. Cette voie publique est réunie depuis longtemps à la rue Saint-Honoré.

  161. De la rue Crois-de-Tirouer à l’enceinte.

    Elle longeait l’hôtel que Jean de Nesle avait fait construire près de là. Plus tard, l’hôtel étant devenu la propriété de Jean de Luxembourg, roi de Bohême, elle s’appela rue de Bohême.

    L’hôtel étant passé, sous Charles VI, entre les mains du duc d’Orléans, elle prit le nom de rue d’Orléans, qu’elle porte encore aujourd’hui. Au seizième siècle, l’hôtel devint la propriété de ces religieuses, et la rue fut appelée rue des Filles-Pénitentes.

  162. De la rue des Estuves à la rue de Neele.

    Cette rue est probablement la section de la rue des Deux-Écus qui s’appela plus tard rue Traversainne. Les deux vers qui suivent tendent à faire croire qu’il y avait un cimetière en cet endroit.

  163. De la rue Crois-de-Tirouer à l’enceinte.

    Elle doit son nom aux étuves ou bains qui s’y trouvaient. Depuis 1517, elle n’existe plus qu’entre la rue Crois-de-Tirouer ou Saint-Honoré et la rue des Deux-Écus. Elle a gardé jusqu’en 1865 le nom de rue des Vieilles-Étuves ; à cette époque, elle a pris le nom de rue Sauval.

  164. De la rue de Chastiau-Festu au Carrefour.

    Cette rue devait son nom au four banal que l’évêque de Paris y possédait.

  165. Carrefour situé devant Saint-Eustache.

    Quelques commentateurs ont pensé que le poète a voulu parler d’un autre carrefour, parce que, disent-ils, la rue des Écus y aboutissait. Le vers suivant ne prouve nullement cette allégation.

  166. De la rue a Prouvoires à la rue des Estuves.

    Au quinzième siècle, cette rue se nommait rue Traversaine et rue de la Hache.

  167. De la rue a Descarcheeurs à la rue de l’Arbre-Sel.

    Ce nom provenait d’une maison nommée le Chastiau-Festu. Cette voie publique, dont une section a été appelée plus tard rue de la Chausseterie, fait maintenant partie de la rue Saint-Honoré.

  168. De la rue de Chastiau-Festu à la rue de la Crois-Neuve.

    Ce nom, corruption de Provoires, et dont on a fait Prouvaires, signifiait prêtres en vieux langage. Les prêtres de Saint-Eustache demeuraient en ce lieu.

  169. De la rue Monmatre à la rue Raoul-Roissole.

    Elle n’est indiquée sur aucun plan ; elle devait être située derrière l’église Saint-Eustache.

  170. De la rue de la Crois-Neuve à la rue Monmatre.

    Ce nom vient d’un particulier. Plus tard, la rue prit le nom de rue du Séjour, parce que Charles V y avait une habitation appelée le Séjour du Roi. Le nom s’est altéré depuis ; et de rue du Séjour, on a fait rue du Jour.

  171. De la pointe Saint-Huitasse à l’enceinte.

    Ce nom venait de ce que la rue aboutissait à un chemin conduisant à Montmartre. Elle était très courte alors ; la porte Montmartre se trouvait un peu au-dessus de la rue Raoul-Roissole.

  172. De la rue Monmatre à la rue du Four.

    Cette voie publique, appelée aussi ruelle au Curé, devint, plus tard, rue de la Barillerie, rue devant Saint-Eustache, et, enfin, au seizième siècle, rue Traînée. Actuellement elle fait partie de la place de la pointe Saint-Eustache.

  173. Devant l’église Saint-Huitasse.

    Le nom de pointe donné à cette place vient de ce que l’extrémité du clocher a une forme pointue.

  174. De la rue de Chastiau-Festu à la pointe Saint-Huitasse.

    Ce nom vient de ce que des marchands de futailles étaient venus s’établir dans cette rue. Au seizième siècle elle devint la rue des Toilières, parce qu’elle était habitée par des marchands de toile. Elle s’appela aussi rue des Grands-Piliers-des-Halles. Elle a repris le nom de rue de la Tonnellerie et l’a gardé jusqu’en 1866, époque à laquelle elle a été absorbée par la rue du Pont-Neuf.

  175. Devant la pointe Sainî-Huitasse.

    La Halle au Blé demeura en cet endroit jusqu’en 1755, époque à laquelle elle fut transférée sur l’emplacement de l’hôtel de Soissons.

  176. De la rue de la Lingerie à la rue de la Tonnelerie.

    Cette rue semble devoir être une des nombreuses voies publiques unissant les rues de la Lingerie et de la Tonnellerie, et où se tenaient des commerces divers.

  177. De la rue de la Lingerie à la ruelle e Prestre.

    Cette rue, supprimée depuis longtemps, devait son nom au commerce de fromages qui s’y tenait.

  178. De la rue de la Lingerie à la rue de la Tonnelerie.

    Elle n’est indiquée sur aucun plan. Il semble résulter de l’ensemble des vers qui suivent qu’elle devait être située entre les deux rues où nous la plaçons. Les gantiers étaient établis d’un côté de la rue de la Lingerie ; peut-être quelques-uns habitaient-ils dans la voie publique qui nous occupe.

  179. De la rue de Chastiau-Festu à la rue O Fèvre.

    Saint-Louis avait permis aux lingères de s’établir le long de cette rue ; d’où son nom lui est resté.

  180. De la rue Saint-Denis à la rue de la Lingerie.

    Elle tirait probablement son nom de Feure ou Feurre, de ce qu’on y vendait du foin et de la paille. Jaillot prétend que ce nom venait du mot latin faber, artisan, et que cette voie publique aurait tiré son nom d’un artiste ; mais cette opinion nous paraît moins vraisemblable que la précédente. Cette rue, qui s’appelait récemment et par corruption, rue aux Fers, a été absorbée par le percement de la rue Berger.

  181. De la rue Saint-Denis aux Avans-des-Halles.

    Ce nom est une corruption de via cochoneria, rue où l’on vend des cochons.

  182. De la rue de la Cossonnerie à la rue de la Poissonnerie.

    Cette rue, dont le vrai nom était des Piliers-des-Halles, devait sa dénomination aux maisons garnies de boutiques de fripiers dites Piliers-des-Halies ; les dernières d’entr’elles disparurent lors de la démolition de la rue de la Tonnellerie (1866). La rue dont nous nous occupons ici, qui devint plus tard la rue aux Potiers-d’Étain, a été entièrement démolie lors de la construction des nouveaux bâtiments des Halles.

  183. De la rue Saint-Denis aux Avans des Halles.

    Le nom de cette rue vient vraisemblablement d’une figurine en bois sculpté qui se trouvait au coin de la rue Saint-Denis, et représentait un apôtre prêchant.

  184. De la rue Saint-Denis à la rue Maudestour.

    Sauval prétend qu’il faudrait écrire Champ Verrerie et que cette rue était habitée par des verriers. Cependant, comme des titres très anciens la nomment vicus de cannaberia, il paraît vraisemblable qu’elle ait tiré son nom du chanvre qui s’y vendait.

  185. De la rue a Prescheeurs à la rue du Cingne.

    Elle doit son nom à Claude Foucault, seigneur de
    Mondétour.

  186. De la Petite-Truanderie à la Grant-Truanderie.

    Il ne reste aucun souvenir de la tour. Quant au sieur Séquence, il existait réellement ; c’était le chefcier de Saint-Merri, Les sentences dont il est ici question semblent être les plaintes contre les tributs injustes qu’on faisait payer pour les marchandises entrant à Paris. (Jaillot.)

  187. Situé carrefour de la Tour.

    Ce puits était le Puits-d’Amour. Une jeune fille, nommée Hellebic, s’y était jetée par suite du désespoir que lui causait l’infidélité de son amant. Trois cents ans plus tard, un jeune homme, exaspéré par la froideur de sa maîtresse, s’y précipita, mais il ne se fit aucun mal. Ce témoignage d’amour toucha le cœur de la cruelle, qui lui donna sa main. En reconnaissance, l’heureux amant fit reconstruire le puits, où il fit graver ces vers :

    L’amour m’a refait,
    En 1525, tout à fait.

    Ce lieu devint alors un lieu de pélerinage où les amants juraient de s’aimer toute la vie.

  188. De la rue Maudestour à la Grant-Truanderie.

    Le nom de Truanderie vient probablement des truands ou mendiants qu’on trouvait dans cette rue. Suivant Jaillot, il viendrait de truage, qui signifie impôt. En effet, il y avait, rue de la Grande Truanderie, un bureau où on percevait les droits d’entrée des marchandises entrant dans Paris. Cette rue s’est appelée aussi rue du Puits-d’Amour et rue de l’Ariane.

  189. De la rue Maudestour à la rue de la Formagerie.

    Il s’agit probablement de la partie des Piliers des Halles comprise entre ces deux rues.

  190. De la rue Saint-Denis à la rue Maudestour.

    La rue du Cygne devait son nom à une maison, dite du Cygne, qui s’y trouvait.

  191. De la rue Saint-Denis à la rue Nicolas-Arode.

    Même étymologie que la rue de la Petite-Truanderîe.

  192. De la Grant-Truanderie à la rue Mauconseil.

    Elle devint successivement la rue Merderai, Merderel et Merderet, puis, enfin, Verdelet et Verderet. L’emplacement de cette rue s’est trouvé modifié lors du percement de la rue de Turbigo (1866.)

  193. De la rue des Halles à la Grant-Truanderie.

    Jean Bigue, échevin de Paris en 1280, a probablement donné son nom à cette rue. Au dix-septième siècle, elle prit le nom de Jean-Gilles, par corruption du nom primitif, puis celui de la Réale, du nom d’un particulier qui l’habitait. Ce dernier nom lui est resté.

  194. De la rue de la Formagerie à l’enceinte.

    Cette voie était probablement la partie de la rue Montorgueil désignée sous le nom de rue du Comte d’Artois, en l’honneur de Robert II, comte d’Artois, qui y avait son hôtel. La famille Arrode était une riche famille du temps de Saint-Louis.

  195. De le rue Saint-Denis à la rue Nicolas Arode.

    Cette dénomination vient, suivant Sauval, d’un seigneur de Mauconseil. Ne viendrait-elle pas plutôt de ce que la rue était mal habitée, comme la rue des Mauvaises-Paroles ? (voir note 12). Sous la Révolution, cette rue était appelée rue Bonconseil.

  196. De la rue o Poisson à la rue Mauconseil.

    Elle a tiré son nom de la ville de Saint-Denis, à laquelle elle conduit. Elle portait anciennement sur la section aboutissant au Châtelet les noms de Sellerie de Paris et de Grant-Rue-des-Saints-Innocents, Elle s’est appelée dans toute son étendue la Grant-Chaussée-de-Monsieur-Saint-Denis.

  197. De la rue Saint-Martin à la rue Saint-Denis.

    Le nom de Oües ou oies vient de ce qu’on y rôtissait des oies qui, paraît-il, étaient excellentes. Le nom de rue aux Ours que cette rue, prolongée jusqu’à la rue Montorgueil, porte actuellement, est une corruption du nom primitif.

  198. De la rue de la Verrerie à la rue as Oues.

    Cette rue devait son nom à l’abbaye Saint-Martin, à laquelle elle conduisait.

  199. De la rue Biaubourc à la rue Saint-Martin.

    Le nom de cette voie publique vient sans doute des champs qu’elle traversait.

  200. De la rue Symon-le-Franc à l’enceinte.

    Elle tirait son nom du village de Beau-Bourg, enclavé dans Paris par l’enceinte de Philippe-Auguste. Elle s’est appelée aussi rue de la Poterne.

  201. De la rue Biaubourc à la rue Saint-Martin.

    Devenue au quinzième siècle rue des Ménétriers, cette rue a été démolie pour le percement de la rue de Rambuteau (1840).

  202. De la rue du Temple à la rue Biaubourc.

    Le nom de Gieffroi l’Angevin vient sans doute d’un individu qui habitait la rue.

  203. De la rue Biaubourc à la rue Saint-Martin.

    Cette rue a tiré son origine de ce qu’il y avait des bains de femmes au coin de la rue Beaubourg.

  204. De la rue Biaubourc à la rue Saint-Martin.

    Appelée aussi rue de la Plastrière, elle devint, au quatorzième siècle, la rue de la Corroyerie.

  205. De la rue Saint-Martin à la rue Quiquenpoit.

    Le vrai nom était Erembourg ou Herembourg-la-Trefillière. Au quatorzième siècle, elle prit le nom de Bertaut-qui-Dort, parce qu’un individu de ce nom y possédait une maison. Au seizième siècle, une enseigne de l’écu de Venise lui fit donner le nom de rue de Venise, qu’elle porte encore.

  206. De la rue Auberi-le-Bouchier à la rue as Oûes.

    Cette rue, que l’on nomme actuellement Quincampoix, tirait son nom d’un seigneur de Quiquenpoit qui en avait fait construire la première maison.

  207. De la rue Saint-Martin à la rue Saint-Denis.

    Les titres les plus anciens lui donnent ce nom qu’elle porte encore aujourd’hui.

  208. De la rue de la Buffeterie à la rue Auberi-le-Bouchier.

    La rue de la Courroierie était ainsi nommée en raison des corroyeurs qui l’habitaient. Elle devint plus tard la rue des Cinq-Diamants, nom qu’elle devait à une enseigne. En 1851, elle a été réunie à la précédente.

  209. De la rue Saint-Martin à la rue de la Conreerie.

    Devenue plus tard rue Hoignard, puis rue Ogniard, elle a été réunie à la rue de la Reynie en 1851.

  210. De la rue de la Conreerie à la rue Saint-Denis.

    Ce nom venait d’une famille Troussevache, qui habitait probablement cette voie publique. En 1822, elle prit le nom de rue de la Reynie, en mémoire de M. de la Reynie, lieutenant-général de police (1624-1709), à qui Paris doit des règlements importants.

  211. De la rue de la Buffeterie à la rue Troussevache.

    Elle devait son nom à des caves que le roi y possédait. Elle devint la rue Guillaume-Josse, puis la rue des Trois-Maures. Cette dernière dénomination lui venait d’une enseigne. Le percement du boulevard Sébastopol a entraîné la suppression de cette voie publique.

  212. De la rue de la Hiaumerie à la rue de la Buffeterie.

    On trouve, dans des actes du douzième siècle, que l’on battait monnaie dans cette rue. De là l’origine de son nom qu’elle garda jusqu’en 1851, époque à laquelle elle fut réunie à la rue de la Joaillerie. En 1636, on la nommait aussi rue Passementière. Comme la précédente, elle a disparu pour le percement du boulevard Sébastopol.

  213. De la rue de la Lormerie à la rue de la Buffeterie.

    Elle tirait son nom du fief Marivas, sur lequel elle avait été construite. Elle a pris, en 1853, le nom de Nicolas Flamel, qui l’habitait.

  214. De la Grant-rue Marivaux à la rue de la Viez-Monnoie.

    Même étymologie que la précédente. Elle a pris, en 1853, le nom de rue Pernelle, en mémoire de Pernelle, femme de Nicolas Flamel.

  215. De la rue de la Viez-Monnoie à la rue Saint-Denis.

    Cette rue devait son nom aux heaumes ou casques que l’on y fabriquait. Elle s’est appelée, pour la même raison, rue des Armuriers. Réunie, en 1851, à la rue des Écrivains, elle a disparu lors du percement de la rue de Rivoli (1853).

  216. De la rue de la Hiaumerie à la rue de la Basennerie.

    Il s’agit ici probablement de l’impasse du Chat-Blanc, dont le nom est une corruption de Gilles-Chablanc, boucher qui habitait la rue en 1315. Peut-être les Lormiers, venus de la Cité, s’y étaient-ils établis avant cette époque. L’impasse du Chat-Blanc n’existe plus aujourd’hui.

  217. De la rue Jehan-le-Conte à la rue de la Savonnerie.

    Elle a été appelée aussi cour Pierre-la-Pie. Le nom de Davignon qu’elle porta jusqu’à sa disparition (1853), lui venait d’un particulier,

  218. De la rue Saint-Denis à la rue de la Hiaumerie.

    Cette rue s’appelait aussi rue Philippe-le-Comte. On la confondait souvent avec la précédente. Au quatorzième siècle, elle devint rue Jean-Fraillon, et au dix-septième siècle, rue de la Galère. Avant sa disparition (1853), elle se nommait rue Trognon.

  219. De la rue Saint-Jacque à la rue de la Hiaumerie.

    Il y avait sans doute, dans cette voie publique, un lavoir qui lui a donné son nom. Elle n’existe plus aujourd’hui.

  220. De la rue des Arsis à la rue de la Viez-Monnoie.

    Le nom de rue des Écrivains, que cette rue prit plus tard, lui venait de ce que des écrivains y étaient venus s’y établir. Elle a disparu lors du percement de la rue de Rivoli.

  221. De la Viez-Tiesseranderie à la rue des Arsis.

    Autrefois rue du Croc, elle prit le nom de rue Jean-Pain-Mollet, du nom d’un individu qui l’habitait. Elle a disparu comme les précédentes.

  222. De la Saine à la rue de la Verrerie.

    Tous les commentateurs ont cherché, mais en vain, à donner une étymologie vraisemblable à cette rue, qui a été réunie, en 1851, à la rue Saint-Martin.

  223. De la rue Jehan-Pain-Molet à la rue de la Verrerie.

    La première de ces rues tirait son nom de la Chapelle Saint-Bon, qui y était situés.

  224. De la rue Saint-Bon à la rue des Arsis.

    La deuxième de ces rues était appelée ruelle Saint-Bon. Une enseigne lui fit donner au quinzième siècle le nom de rue de la Lanterne. Elle a été réunie, en 1853, à la rue Pernelle.

  225. De la rue des Arsis à la rue Saint-Denis,

    Devenue rue de la Pourpointerie, elle prit plus tard le nom de rue des Lombards, en mémoire des usuriers qui l’habitaient.

  226. De la rue Saint-Denis à la rue Viez-Monnoie.

    Cette rue paraît être une rue Sainte-Catherine, parallèle à la rue des Lombards, et à laquelle l’église Sainte-Catherine avait donné son nom.

  227. De la rue Baillehoe à la rue Saint-Martin.

    C’est actuellement la rue du Cloître-Saint-Merri.

  228. De la rue de la Verrerie à la rue Baillehoe,

    Elle a été réunie depuis longtemps à la précédente.

  229. De la rue la Verrerie à la rue Neuve-St.-Mesri.

    C’était probablement une rue parallèle à la rue du Renard.

  230. Dans la rue Baillehoe.

    On la nomma, plus tard, rue Taille-Pain, parce qu’une distribution de pains se faisait en cet endroit aux chanoines du couvent Saint-Merri.

  231. De la rue a Bouvetins à la rue Neuve-St.-Mesri.

    Cette rue devint, plus tard, la rue Brisemiche, nom qui avait la même étymologie que celui de la rue précédente.

  232. De la rue de l’Abbéïe du Bec-Helouin à la rue Saint-Martin.

    Elle devait son nom à l’église Saint-Merry.

  233. De la rue de la Verrerie à la rue Nve-St.-Mesri.

    Cette rue devint, plus tard, la rue du Renard, nom qu’elle tenait d’une enseigne.

  234. De la rue Neuve-Saint-Mesri à la rue de la Bouclerie.

    Cette rue a été formée par la réunion des rues Espaulart et Pierre-Oilard ; le nom que lui donne Guillot est une corruption du dernier.

  235. De la rue Neuve-Saint-Mesri à le rue Symon-le-Franc,

    Devenue rue de la Baudroierie, elle prit, plus tard, la dénomination de rue du Poirier, qu’elle porte encore.

  236. De la rue de l’abbéïe du Bec-Helouin à la rue Biaubourc.

    Sa dénomination lui venait d’un particulier.

  237. Cette porte était située au bout de la rue du Chaume. Guillot semble désigner ici non-seulement la porte, mais aussi la rue qui y conduit.
  238. De la rue vers la Porte du Temple à la rue de l’Abbéïe-du-Bec-Helouin.

    Cette rue était désignée aussi sous le nom de rue de la Parcheminerie.

  239. Dans la rue des Blans-Mantiaus.

    Plus tard, cette rue devint la rue Piquet, du nom d’un individu qui y possédait une maison. Elle est devenue depuis, par altération, le passage Pecquay.

  240. De la rue vers la Porte du Temple à la rue de l’Abbéïe-du-Bec-Helouin.

    Appelée antérieurement Jehan-Saint-Pol, elle a pris, au treizième siècle, le nom que lui donne Guillot et qu’elle porte encore.

  241. De la rue de la Bretonnerie à la rue des Blans-Mantiaus.

    Elle doit son nom à un puits public qui y était établi depuis 1267. Elle s’est appelée, au seizième siècle, rue de la Fortune.

  242. De la rue de la Bretonnerie à la rue des Blans-Mantiaus.

    Anciennement rue Pierre-d’Estampes, cette rue tirait le nom de rue des Singes, d’une propriété dite la maison aux singes. En 1868, elle a été réunie à la rue des Guillemites.

  243. De la rue (Vieille) du Temple à la rue de l’Abbéïe-du-Bec-Helouin.

    Anciennement rue de Lagny, dite de la Bretonnerie. Ce nom de la Bretonnerie lui venait de ce qu’elle avait été construite sur le champ aux Bretons. Les chanoines de Sainte-Croix étant venus s’y établir, cette voie publique prit la dénomination de rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, qu’elle porte encore.

  244. De la rue de la Verrerie à la rue de la Bretonnerie.

    Cette rue, ainsi que Guillot nous le dit lui-même, était habitée par des Juifs. C’est sur l’emplacement du temple des Billettes que se trouvait la maison du juif Jonathas qui, suivant la légende, se fit remettre une hostie consacrée et voulut la couper en morceaux. Mais, étonné de voir le sang sortir de l’hostie, il la jeta, furieux, dans l’eau bouillante ; celle ci, à son tour, se teignit de sang. En mémoire de cet événement, la rue fut appelée rue où Dieu fut bouilli, et, enfin, rue des Billettes, parce que les religieux qui s’établirent dans le temple portaient de petits scapulaires appelés billettes.

  245. Ce carrefour devait se trouver sur un point quelconque de la rue du Temple.
  246. De la rue de la Verrerie à l’enceinte.

    Elle devait son nom à l’abbaye de N.-D.-du-Bec-Hellouin, qui avait sa barre de justice dans cette rue. Appelée plus tard Barre-du-Bec, elle a été réunie en 1852 à la rue du Temple.

  247. De la rue du Bours-Tibout à la rue St.-Martin.

    Elle tirait son nom d’un verrier qui y possédait une maison. La partie comprise entre les rues du Temple et Saint-Martin s’est appelée, au quatorzième siècle, rue Saint-Mesri.

  248. De la rue de la Viez-Tiesseranderie à la rue de la Verrerie.

    Elle tirait son nom du genre d’industrie qu’on y exerçait.

  249. Situé entre les deux rues précédentes et les rues Jehan-Pain-Molet et aux Commanderesses.

    La rue de la Coutellerie s’étant appelée de la Vieille-Oreille, le carrefour prit le nom de Guigne-Oreille, dont on a fait Guillori et Guilleri, par suite de diverses altérations. Il a été absorbé par la rue de Rivoli.

  250. De la rue de la Viez-Tiesseranderie à la rue de la Verrerie.

    Elle devait son nom à Pierre Gentien, qui habitait une maison de la rue Viez-Tiesseranderie, située en face de la ruelle. Le nom de rue des Coquilles, qu’elle a porté jusqu’en 1852, lui venait de ce que l’une des maisons qui la bordaient était ornée de coquilles. Elle a été réunie à la rue du Temple.

  251. De la rue de la Viez-Tiesseranderie à la rue de la Verrerie,

    Le nom de rue du Coq, qu’elle a pris en 1416, lui venait d’une enseigne.

  252. De la ruelle Saint-Jehan à la Grève.

    Cette rue, conduisant à la place de Grève, aurait tiré son nom du martyre qu’y subissaient les criminels, dont on aurait fait martroi (martyrium). Appelée, plus tard, rue Saint-Jean-en-Grève, cette rue reprit son nom primitif, et le garda jusqu’en 1837, époque à laquelle elle fut supprimée pour l’agrandissement de l’Hôtel-de-Ville.

  253. De la rue du Martrai à la rue de la Viez-Tiesseranderie.

    Elle été appelée plus tard rue du Pet-au-Diable, soit par dérision pour les Juifs, qui y avaient une synagogue, soit parce qu’elle a été habitée par un nommé Petau, que l’on surnommait le Diable. En 1810, elle fut appelée rue du Sanhédrin, parce que le sanhédrin des Juifs s’était tenu à l’Hôtel-de-Ville, dans une salle qui avait son entrée sur cette voie publique. En 1815, elle prit le nom de rue du Tourniquet-Saint-Jean, parce qu’un tourniquet en défendait l’entrée aux voitures à ses deux extrémités. En 1838, elle a été réunie à la rue Lobau.

  254. De la rue de la Viez-Tiesseranderie à la rue de la Verrerie.

    Son nom lui venait des portes qui la fermaient à ses deux extrémités. Elle s’est appelée un moment rue Galiau. Elle a été élargie lors du percement de la rue de Rivoli (1853).

  255. De la rue de Chartron à la rue de la Poterie.

    Cette rue, nommée plus tard de la Tixeranderie, devait son nom aux tisserands qui l’habitaient. Elle a été supprimée pour le percement de la rue de Rivoli.

  256. Située rue de la Viez-Tiesseranderie,

    Elle devint successivement rue de la Violette, rue des Juifs, ruelle Barentin, puis, enfin, impasse Saint-Faron, du nom des abbés de Saint-Faron, qui y avaient leur hôtel. Cette rue, devenue un véritable cul-de-sac, n’existe plus aujourd’hui.

  257. De la rue de la Viez-Tiesseranderie à la rue de la Verrerie.

    Cette rue, habitée par des filles publiques, ainsi que l’indiquent les vers suivants, devint plus tard la rue des Mauvais-Garçons, nom qu’elle tenait des bandits qui désolèrent Paris pendant la captivité de François Ier.

  258. De la rue de la Verrerie à la rue de la Bretonnerie.

    Devenue plus tard rue du Morier, et ruelle descendant à la Verrerie, elle devint au seizième siècle la rue de Moussy, du nom de Jean de Moussy, échevin de Paris en 1630. Elle est maintenant fermée par une grille à chaque extrémité.

  259. Située rue de la Verrerie et rue du Bours-Tibout.

    Un cimetière se trouvait autrefois en cet endroit, d’où le nom de Place du Vieux-Cimetière (1280-1310). En 1313, un marché s’y établit sous le nom de Marché Saint-Jean. En 1393, on y fit un nouveau cimetière qui subsista jusqu’à la Révolution. La place devint alors la place des Droits de l’Homme. Sous la Restauration, elle reprit le nom de place du Marché-Saint-Jean, qu’elle garda jusqu’en 1870. Elle a été réunie alors à la rue Bourtibourg.

  260. Du Vuiez-Cimetière-Saint-Jehan à la rue de la Bretonnerie.

    Le Bourg-Tibould, enclavé dans Paris par l’enceinte de Philippe-Auguste, et qui a donné son nom à la rue, se composait de plusieurs maisons appartenant à un nommé Tibould. La rue, par corruption, est devenue rue Bourtibourg.

  261. De la rue (Vieille) du Temple à la rue du Bours-Tibout.

    Appelée aussi rue Augustin-le-Faucheur, rue Otin-la-Fauche, etc., etc., elle prit, au milieu du dix-septième siècle, la dénomination de rue de la Croix-Blanche, qu’elle tirait d’une enseigne. Elle a été supprimée pour l’élargissement de la rue de Bercy, devenue, à son tour, rue du roi de Sicile.

  262. De la Grant-Rue-de-la-Porte-Baudeer à l’enceinte.

    Cette voie est la rue Vieille-du-Temple actuelle, qui s’est appelée aussi rue Culture-du-Temple, rue de l’Égoût, rue Barbette, parce qu’elle aboutissait à la porte Barbette. Le nom de Vieille-du-Temple a prévalu.

  263. De la Grant-Rue-de-la-Porte-Baudeer à la rue du Temple.

    Cette rue tire son nom de Charles, comte d’Anjou, frère de Saint-Louis et roi de Sicile, qui y avait son hôtel. Cet hôtel, appelé Palais de Sicile, devint plus tard la prison de la Force, et subsista jusqu’en 1851.

  264. De la rue de la Viez-Tiesseranderie au Vuiez-Cimetière Saint-Jehan.

    Antérieurement, c’était la ruelle par où l’on va au Cimetière-Saint-Jehan. Le nom que lui donne Guillot, et qu’elle a conservé jusqu’à sa disparition, lui venait d’un nommé Renault le Fevre, ou le fabricant, qui l’habitait.

  265. De la Grant-Rue-de-Ia-Porte-Baudeer à la rue du Roy-de Sézille.

    Cette rue paraît être la rue Cloche Perce, altération de rue Cloche-Percée, nom qui provenait d’une enseigne.

  266. De la Grant-Rue-de-la-Porte-Baudeer à la rue du Roi-de-Sézille.

    Elle doit son nom à l’abbé de Tiron, qui y possédait une maison.

  267. De la rue du Roy-de-Sézille à la rue des Rosiers.

    Anciennement de l’Escoſle, elle devint successivement la rue de l’Escoufle, des Ecoufles, et, enfin, des Ecouffes. Ce dernier nom lui est resté. En vieux français, le mot escofles veut dire milan ; peut-être une enseigne a-t-elle fait donner à la rue qui nous occupe le nom de cet oiseau.

  268. De la rue du Roy-de-Sézille à la rue (Vieille) du Temple.

    Cette rue formait autrefois un retour d’équerre ; mais la partie aboutissant à la rue Saint-Antoine, devint sous Louis XII la rue des Juifs, en raison des Juifs qui vinrent l’habiter.

  269. De la rue de la Viez-Tiesseranderie à l’enceinte.

    Cette rue devait son nom à la porte Baudeer ou Baudet, à laquelle elle conduisait. Elle prit plus tard le nom de la rue de l’Aigle, puis au quinzième siècle, celui de rue Saint-Antoine, parce qu’elle conduisait à l’abbaye de ce nom. Actuellement, la partie voisine de l’Hôtel-de-Ville se nomme rue François-Miron, du nom de François Miron, prévôt des marchands, qui mourut en 1609.

  270. De la rue de Joy à la Grant-Rue-de-la-Porte-Baudeer.

    C’est aujourd’hui la rue Percée.

  271. De la rue du Joy à l’enceinte.

    Cette rue devint plus tard la rue des Prêtres-Saint-Paul, du nom des prêtres qui l’habitaient. Depuis 1844, c’est la rue Charlemagne.

  272. De la rue du Figuier à la rue des Poulies-Saint-Pou.

    Ce nom provient sans doute de ce qu’on y dressait des faucons pour la chasse.

  273. De la rue a Fauconniers à la rue des Poulies-Saint-Pou.

    Elle tenait sans doute ce nom d’une enseigne.

  274. De la Saine à le rue de Joy.

    Les religieuses d’Yères y achetèrent une maison où elles s’établirent ; la voie publique porta depuis leur nom. Actuellement, on écrit rue des Nonnains-d’Hyères.

  275. De la rue Percié à la Grant-Rue-de-la-Porte-Baudeer.

    L’abbé de Jouy possédait un hôtel dans cette rue, qui conserve encore son nom.

  276. De la Saine à la Grant-Rue-de-la-Porte-Baudeer.

    C’est la rue Geoffroy-l’Asnier actuelle.

  277. De la rue du Figuier à la Grève.

    Antérieurement appelée de la Foulerie, par suite des nombreux foulons ou teinturiers qui y étaient établis, elle tira le nom de Mortellerie des Morteliers ou maçons qui y ont eu longtemps le bureau de leur corporation. On a donné d’autres étymologies à ce nom, mais celle que nous donnons, et qui est due à Jaillot, paraît la plus vraisemblable. En 1836, la rue a pris le nom de rue de l’Hôtel-de-Ville.

  278. De la rue Forgier l’Anier à la rue Saint-Jehan de Grève.

    Au quinzième siècle, elle fut fermée du côté de cette dernière rue ; les femmes de mauvaise vie qui l’habitaient lui firent donner le nom de cul-de-sac Putigneux.

  279. De la rue Forgier l’Anier à la rue Saint-Jehan de Grève.

    Cette rue doit son nom à un nommé Garnier, qui avait donné aux Templiers quelques maisons. Devenue rue André sur l’eau, elle reprit son nom primitif, que l’on écrit actuellement rue Garnier sur l’eau.

  280. De la ruelle Saint-Jehan à la Grant rue de la Porte-Baudeer.

    Elle prit le nom que lui donne Guitlot, parce qu’elle était voisine d’un cimetière. On l’a appelée rue du Pourtour-Saint-Gervais, parce qu’elle longeait les côtés et la face de cette église. En 1865, elle fut réunie à une partie de la rue Saint-Antoine pour former la rue François-Miron.

  281. Situé devant l’église Saint-Gervais.

    Il devait son nom à l’orme qui obstruait l’entrée de Saint-Gervais. C’était l’usage de planter un arbre devant l’église, pour que les fidèles pussent se réunir après la messe et s’entretenir de leurs affaires privées.

  282. De la Saine à la rue du Cimetire-Saint-Gervais.

    Ce nom venait des religieux qui avaient établi un hospice en cet endroit. Elle devint plus tard la rue de Longpont. En 1838, on la nomma rue Jacques de Brosse, en mémoire de l’architecte qui avait construit le portail de Saint-Gervais.

  283. De la Saine à la Grant-rue de la Porte Baudeer.

    Cette rue nous semble, par sa position, devoir être la rue des Barres, bien que ce nom soit plus ancien. Il venait de ce que la rue se trouvait près des moulins situés sur la rivière, en un lieu appelé les Barres ; son vrai nom était en effet, rue des Moulins-des-Barres. Plus tard, elle devint la rue qui va de la Seine à la Porte Baudet. Au seizième siècle, la partie donnant sur la rivière fut nommée rue Malivaux. Depuis le dix-septième siècle, elle se nomme en son entier rue des Barres.

  284. De la Saine à la ruelle Saint-Jehan.

    Devenue plus tard rue du Port-au-Blé, rue du Prunier, et rue Pernelle, elle a été réunie en 1838 à la rue Lobau. La partie comprise entre la rue de la Mortellerie et l’église Saint-Gervais s’est nommée longtemps rue de la Levrette ; elle tirait ce nom d’une enseigne.

  285. Le long de la Saine.

    Cette rue est devenue le quai de La Grève.

  286. Située entre la rue sus la rivière et la rue de la Viez Tiesseranderie.

    Le voisinage de la rivière a fait donner à cette place le nom de place de Grève ; il s’y tenait un marché. Les exécutions commencèrent à avoir lieu sur la Grève en 1310. Elle est devenue la place de l’Hôtel-de-Ville.

  287. De la Grève au carrefour Mibrai.

    Elle doit son nom aux tanneurs qui l’habitaient. Elle s’est appelée rue de la Planche aux teinturiers, puis rue de l’Escorcherie, parce qu’elle était habitée par des bouchers. La dénomination de rue de la Tannerie a prévalu. Elle a disparu pour le percement de l’avenue Victoria.

  288. De la Grève à la rue des Arsis.

    Elle a été supprimée comme la précédente.

  289. De la Saine à la rue de la Vanerie.

    Cette rue s’est appelée de l’Archer, du Navet, des Trois Bouteilles, Tirvit et des Teinturiers.

  290. De la rue de la Vanerie à la rue Jehan Pain-Molet.

    Elle était appelée antérieurement la rue de la Juiverie Saint-Bon, parce qu’il y avait une synagogue que Philippe-le-Bel donna à un de ses valets, et parce qu’elle était située près de la chapelle Saint-Bon. Le nom de Tacherie qu’elle prît vers 1300 subsiste encore de nos jours.

  291. Du carrefour Guillori à la rue de la Vanerie.

    Antérieurement rue Vieille-Oreille, rue Guigne-Oreille, elle a pris le nom de rue de la Coutellerie, en raison des couteliers qui vinrent s’y établir.

  292. De la Saine à la rue des Arsis.

    En 1313, ce carrefour fut converti en rue, et prit le nom de ruelle des Planches de Mibray, La Planche de Mibray forme actuellement une section de la rue Saint-Martin.

  293. De la rue des Arsis à la rue Saint-Denis.

    Elle fut réunie plus tard à la rue de la Vannerie, mais elle en fut séparée de nouveau pour former la rue Saint-Jacques-la-Boucherie, nom qu’elle devait à la grande boucherie qui y était située, et à l’église Saint-Jacques. Elle a été supprimée pour l’établissement du square de la Tour-Saint-Jacques.

  294. De la rue Saint-Jacque à la rue de la Pierre-o-let.

    Devenue rue du Crucifix, cette voie publique n’existe plus aujourd’hui.

  295. Cette rue doit être une partie de la rue Saint-Jacque (293)modifier : correspond au numéro de note générée par wikisource.
  296. Du carrefour Mibrai à la rue Saint-Jacque.

    Cette rue, qui formait retour d’équerre, devait son nom au voisinage de la Grande-Boucherie. Elle s’appela plus tard rue de la Tuerie et fut fermée au commencement de ce siècle.

  297. De la Saine au Chastelet.

    Voisine de la Grande-Boucherie, elle devint plus tard rue des Bouticles, de l’Araigne (l’araigne était un crochet avec lequel on pendait la viande). et enfin, rue du Pied-de-Bœuf. L’achèvement de la place du Châtelet l’a fait disparaître.

  298. De ta rue de l’Escorcherie à la rue de la Triperie.

    Cette rue devait avoir à peu près l’emplacement que nous lui donnons ; elle n’est indiquée sur aucun plan.

  299. Guillot désigne sans doute ici la rue Saint-Denis dont il a déjà parlé.