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Le grand dictionnaire historique/éd. de 1759/Albenas (Jean Poldo)

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Moréri-icône.png ALBENAS (Jean Poldo) étoit de l’ancienne famille connue dans les titres latins sous le nom d’Albenacii. Il étoit fils de Jacques Albénas, qui se distingua entre ses contemporains par son goût pour la littérature & pour l’antiquité. On lui est redevable de la conservation de plusieurs monumens romains. Etant premier consul de Nismes en 1524, il fit enchasser ces monumens dans le mur extérieur du tambour de la porte de la Couronne, où l’auteur qu’on va citer dit qu’ils se voient encore aujourd’hui. Jean Poldo Albenas, son fils, naquit à Nismes vers l’an 1512. Il étudia le droit à Toulouse, s’y fit recevoir avocat au parlement, & revint exercer ses talens dans sa patrie. On voulut le mettre à la tête de la députation que la ville de Nismes fit à François I, en 1539, pour solliciter l’établissement d’une université ou d’un collége des arts qu’on projettoit dans cette ville. Albénas refusa cet honneur par rnodestie. Il fut un des douze conseillers établis en 1551, & il remplit sa charge avec beaucoup de distinction. Ses occupations ne l’empêcherent pas de cultiver les lettres. Il a donné une traduction de l’ouvrage de Julien, archevêque de Toléde, intitulé Prognosticorum, sive de origine mortis humanæ ; de futuro seculo, & de futuræ vitæ contemplatione, libri tres. Il a traduit en françois l’histoire des Taborites d’Æneas Sylvius. Son plus grand ouvrage est son Discours historial de l’antique & illustre cité de Nismes, qui parut à Lyon en 1557, in-folio, orné de planches gravées en bois, qui représentent les différentes antiquités de cette ville. L’érudition qui regne dans cet ouvrage, quoique mal digéré est une preuve du grand savoir de l’auteur. Il mourut vers l’an 1563, sans avoir été marié. * M. Ménard, hist. de Nismes, tome IV, p. 384 & suiv.