Le secret de Miss Sticker/VII

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Chapitre VII

Le tourbillon de luxure emportait Reine, et dans ce tourbillon, comme des grains de poussière, couraient les espérances et les désirs de toutes celles qu’elle débaucha. Les événements se précipitaient en quelques jours, alors que d’habitude ils ont besoin de mois et d’années pour secouer les individus. En quelques heures, Reine s’était élevée au-dessus du rang d’une simple pensionnaire, pour devenir l’épouse concubine de la terrible miss Sticker. Elle se devait de veiller à ce que rien ne transpirât, et elle se résigna à observer une certaine réserve dans son dévergondage habituel. Tout au plus si durant les récréations, de nouveau l’inséparable d’Alexandra, avec qui elle paraissait causer d’études, elle consentait parfois à s’en séparer pour la laisser aller gamahucher quelque grande, ou pour rejoindre elle‑même à la salle de conférences, soit Ellen, soit Eva. Il n’était un secret pour aucune des vicieuses de l’Institution qu’Alexandra gougnottait Reine, plus que celle‑ci ne la gougnottait, aucune ne cherchait à deviner la cause de la réserve affichée par la Française, et de l’encouragement qu’elle donnait à Alexandra pour la remplacer dans les goûts qu’elle afficha. Miss Grégor, effrayée des menaces de la directrice, se bornait aussi à de simples et rapides tête‑à‑tête avec son ancienne petite passion, et accordait toutes ses préférences à Alexandra.

Alexandra ! Toutes et toutes à Alexandra, tel semblait le mot d’ordre des perverses de la maison et, pendant ce temps, la petite Française, dont les relations secrètes se multipliaient avec jean, se féminisait de façon miraculeuse, dépassait son âge comme formation physique et apparaissait jeune fille, alors qu’elle se classait encore parmi les fillettes ! Jeune fille ! Reine était femme, bien femme ; son conin, très travaillé par la queue un peu plus forte de son amant, répartissait dans sa personne la bonne semence qui crée les beautés et ce ne fut pas sans un grand chagrin que les vacances de fin d’année séparèrent les deux amants !


Ah ! que Reine avait fait du chemin depuis celles de l’année précédente, où elle guettait avec une si vive impatience les occasions d’aborder miss Mary !


Fin